Un monde sans Nelson Mandela

Il faudra donc apprendre à vivre sans Nelson Mandela.

Oh non, ce n’est pas qu’on y pensait tous les jours. Et ces derniers temps, on se disait même que cette existence-là n’avait plus beaucoup de sens, qu’il vaudrait mieux laisser ce grand monsieur s’en aller tranquillement.

Mais dans un monde qui continue de marcher à l’envers, Nelson Mandela faisait partie de ces très rares contemporains dont la présence, à elle seule, suffit à faire perdurer l’espérance.

Je me souviens de ces images de Nelson Mandela marchant, libre, dans les rues du Cap et de l’émotion de mon père les découvrant, en direct, à la télévision. Il m’avait si souvent dit qu’un jour, notre « copain » Mandela sortirait de prison. Je crois que bien des enfants de militant-e-s communistes, nés dans les années 1970 et 1980, se souviennent de ce combat pour la libération de Nelson Mandela, qui a bercé leurs plus jeunes années. Je fus de ceux-là (la photo en témoigne…) et je crois que ça m’a permis de grandir un peu plus droit. Nora avec autocollants MandelaMais prendre Nelson Mandela comme modèle serait prétentieux et quelques mots ne suffiraient pas à résumer un parcours aussi complexe qu’exemplaire Je n’ajouterai pas ma voix au concert de ceux qui, déjà, dressent de « Madiba » un portrait trop lisse, trop incolore.

Nelson Mandela fut un homme en colère, qui eut la grandeur d’âme et le courage de transformer la haine en un moteur puissant d’humanité. Sa leçon est éternelle. Merci, Monsieur Mandela.

« J’ai consacré toute ma vie à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dont tous les membres puissent vivre ensemble en harmonie et avec les mêmes chances. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère voir se réaliser. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.»

Déclaration de Nelson Mandela à ses juges, 20 avril 1964