La victoire au coeur lourd

J’ai vécu hier soir une expérience inédite : la victoire au cœur lourd.

Entre la ville où j’ai grandi et celle où je travaille, toutes deux conquises par la droite, et quelques autres encore emportées par la vague bleue, il y avait donc bien Fontenay la rebelle, avec à sa tête le maire le mieux élu du Val-de-Marne.

Pendant que Jean-François Voguet proclamait les résultats, il me coulait des larmes d’émotions mêlées. Je ressentais, bien sûr, la fierté d’avoir participé à cette belle aventure, déjà décrite dans ces lignes et le soulagement d’avoir gagné, après six mois intenses de campagne.

Mais Fontenay n’est pas un îlot et, comme bien des camarades, je ne pouvais me départir d’une certaine tristesse, d’une inquiétude. Au-delà de ma situation personnelle, je pensais aux Maires communistes battus, à la douzaine de villes tombées aux mains du Front national et au paysage politique dans lequel il nous faudra désormais agir.

 

L’analyse de cette séquence électorale prendra un peu de temps et je ne prétends surtout pas la conduire seule ! Néanmoins, à partir de la situation de Fontenay, je me risque à avancer quelques facteurs d’explication, qui pourront nourrir la réflexion collective.

Il y a tout d’abord la popularité de notre Maire, constatée chaque jour de la campagne. Je sais que certains continuent de lui reprocher une certaine distance. En réalité, sa popularité est d’autant plus solide qu’elle se fonde sur le respect et la confiance qu’inspire un homme intègre et jamais sûr de son fait.

Il y a également cette conception particulière du mandat électif, initiée hier par Louis Bayeurte, poursuivie aujourd’hui par Jean-François Voguet, qui veut que les élu-e-s soient très présents sur le terrain, dans les initiatives municipales ou associatives, dans leurs quartiers respectifs, à la mairie… Nous devons cette disponibilité à nos concitoyens. Mais c’est aussi ce qui nous permet d’être toujours attentifs – et, si possible, réactifs – à ce qui se vit, se dit, s’échange dans la ville. Je crois que cette présence, intense et continue, est mise à notre crédit.

Il faut ajouter que cette présence a d’autant plus de poids que le Maire n’hésite pas à déléguer les responsabilités, dans un cadre collectif de fonctionnement. Ca aide à trouver sa place, à se sentir légitime pour aller dans tel ou tel endroit et, bien sûr, pour prendre des décisions et agir.

 

Pour en venir à des éléments pour une analyse plus globale, il semble acquis que la politique nationale a très fortement pesé dans le vote – et plus que je ne l’avais imaginé. Pour ma part, je pensais le rassemblement possible avec le Parti socialiste, malgré mon opposition à la politique gouvernementale, car je croyais que les choix des électeurs seraient avant tout guidés par des considérations locales. Je reconnais m’être trompée sur ce point. Cela laisse ouvert en entier le chantier de la reconstruction de la gauche.  

Pourquoi, dans ce contexte, les maires communistes ont-ils connu des fortunes si diverses, avec plusieurs pertes lourdes et symboliques en banlieue (Bobigny, Saint-Ouen, Villejuif…) au profit de la droite, que ne compensent pas les victoires à Aubervilliers et Montreuil (déjà à gauche) ?  Sans doute avons-nous bénéficié à Fontenay d’un contexte un peu moins dur qu’ailleurs – contexte qui n’est pas déconnecté, soit dit en passant, des choix politiques qui ont été faits dans cette ville depuis cinquante ans.

En tout cas, dans des villes moins mixtes socialement que la nôtre, plus pauvres également, il semble que les politiques municipales, même frappées du sceau de la solidarité et de la justice sociale, aient plus vite atteint leurs limites. Les réponses, mais aussi les perspectives données,  n’ont pas semblé suffisantes. Là où ce sentiment d’insuffisance aurait pu (aurait dû) aboutir à une démarche de construction et de mobilisation collective avec les équipes municipales en place, les Maires et les équipes sortants, mis en difficulté ou battus, ont été au contraire accusés d’éloignement, de déconnexion…

A Fontenay, sans céder aux promesses faciles (la pression était par exemple forte sur la police municipale), il me semble que nous avons réussi à faire passer le message, évidemment de façon partielle et inachevée, que la réalisation de notre programme ne serait possible qu’avec une mobilisation citoyenne d’ampleur.

C’est à cette mobilisation, alliant luttes sociales et engagement politique, que le Front de gauche doit œuvrer – sans pour autant chercher à l’encadrer, voire à la contenir complètement – s’il veut contribuer à la reconstruction de la gauche, perspective indispensable pour qui rêve encore à des jours « couleur d’orange » !

Municipales : le rassemblement n’est pas en solde !

Il y a six mois, annonçant la naissance de mon fils, je disais que je serais sûrement amenée à reparler de la difficile conciliation entre carrière professionnelle, engagement militant et vie de jeune parent ! Et bien, finalement, mon silence sur ce blog est plus éloquent que bien des discours. Toujours cadre à temps plein, j’ai aussi mis les bouchées doubles sur le plan militant (campagne des élections municipales oblige !)… tout en gardant le plus de temps possible pour mon petit bonhomme. Alors, trouver du temps pour mettre tout cela en mots, c’est presque mission impossible. J’aurais pourtant bien des choses à dire !

Atelier Enfance

Lors de l’atelier « L’enfant dans la ville »

Ces jours-ci, c’est l’élaboration du programme de la liste « Fontenay pour tous » qui m’occupe, puisque je suis chargée de coordonner ce travail. Depuis mi-novembre, nous avons organisé 13 ateliers thématiques qui ont, chacun, réuni entre 20 et 60 personnes avec des « fidèles » mais aussi des têtes nouvelles à chaque fois. Inutile d’en faire des tartines sur la richesse des échanges auxquels cela a donné lieu : j’aurais l’air de débiter des poncifs, quand il suffit de prendre connaissance des synthèses des ateliers pour en juger par soi-même ! Il faut aussi venir faire un tour à l’école Michelet, ce samedi 25 janvier de 13h30 à 18h pour découvrir le fruit de ce travail et, puisqu’il est encore temps, y apporter sa pierre.

Couscous aux Larris - Discours JFV

Au couscous des Larris

Voilà qui vaut mieux que tous les accords d’appareil. Je ne suis pourtant pas naïve : je sais que les accords d’appareil font partie de la vie politique, même si cet aspect-là ne m’a jamais beaucoup attirée. Je sais aussi que ces accords se concluent en fonction des rapports de forces. Comme je l’avais dit il y a plusieurs mois déjà, j’étais bien convaincue que la dynamique populaire et citoyenne que nous mettrions en mouvement déterminerait pour beaucoup la position des uns et des autres.

Or, quand près de 300 personnes se réunissent aux Larris pour partager un couscous à la veille de Noël ou quand 50 autres viennent à l’école Jean Zay pour un temps d’échanges, un vendredi soir, sur l’avenir de leur quartier et de leur ville, je peux dire sans forfanterie, et sans excès d’optimisme, que le vent souffle dans notre dos. De fait, certains ont sans doute senti la bourrasque en sens contraire !

Pourtant, c’est tout sauf le moment de crier victoire. Ce serait imprudent et, surtout, très déplacé. Car, si nous sentons dans cette campagne beaucoup d’attentes et de confiance, aussi, à notre égard comme si la Ville était le dernier « rempart », nous rencontrons aussi beaucoup de gens désabusés, en colère ou trop noyés dans leurs problèmes pour nous prêter attention. Nous craignons une abstention élevée.

Point de rencontre 11 janvier

Un point de rencontre, à Jean Zay

Pour moi, tout rassemblement devra donc se conclure en respectant deux principes :

Premièrement, ce rassemblement devra se conclure sur la base de contenus clairement énoncés et assumés collectivement. Il est hors de question que le travail fourni depuis des semaines soit nié, il n’est pas envisageable non plus que, dès le lendemain de l’élection, certains ne se sentent plus liés par les engagements pris devant la population, comme ce fut le cas en 2008.

Deuxièmement et, bien sûr, cela va de pair, ce rassemblement ne devra pas se faire au détriment de celles et ceux qui se sont engagés avec nous dès le départ, à qui nous avons dit que nous croyions à l’investissement citoyen, à la construction collective, à la décision partagée. Cela supposera de faire de la place sur la liste à des nouvelles têtes, des sans-cartes, des plus jeunes, des différents et même à des « anciens » qui ont jugé la fidélité à nos valeurs communes plus importante que les aventures solitaires.

Chaussures rouges

Un peu de rouge dans la campagne !

Si ces deux principes sont respectés, j’aurai grand plaisir à proposer ma candidature pour un second mandat. Mais c’est une autre histoire et nous aurons l’occasion d’en reparler !

Le PS éliminé de la législative partielle dans le Lot-et-Garonne : la faute de la division à gauche ?!

Au lendemain du premier tour de l’élection législative partielle qui s’est tenue à Villeneuve-sur-Lot (la circonscription de feu Jérôme Cahuzac), je suis estomaquée par les commentaires d’un certain nombre d’analystes et, plus encore, par ceux des responsables socialistes, à commencer par le premier d’entre eux, Harlem Désir, qui attribuent l’élimination du candidat socialiste dès le premier tour à « la division à gauche ».

Ainsi, donc, ce seraient la faute du Front de gauche et d’Europe Ecologie-Les Verts qui, chacun, ont présenté un candidat si « la gauche » n’est pas représentée au 2ème tour, alors même que le candidat socialiste qui, certes, n’était pas le même que l’année dernière (et pour cause !) a perdu plus de 20 points par rapport à l’élection législative de juin 2012.

Faut-il voir dans ces commentaires, de la part du Parti socialiste, une mauvaise foi terrible ou un aveuglement tout aussi terrible ? Il semble en tout cas que la rengaine du vote utile ait vocation à nous être servie sans vergogne et sans limite. Si le Parti socialiste n’est pas présent au 2ème tour, ce n’est pas la faute de ce ministre du Budget qui nous parlait efforts et rigueur et s’en mettait plein les poches depuis des années. Et ce n’est pas la faute non plus, bien sûr, de la politique que le PS mène depuis un an à la tête du pays, entre cadeaux aux grandes entreprises, attaques contre les retraites, hausse continue du chômage.  Non, messieurs-dames, c’est la faute du Front de gauche et d’Europe-Ecologie… j’en reste coite !

Il n’en reste pas moins que les résultats de cette élection partielle sont inquiétants. Pour ce qui concerne le Front de gauche, la progression est insignifiante (un point de plus, avec une participation moins importante). Si la circonscription de Villeneuve-sur-Lot ne représente pas la sociologie du vote français, cela doit quand même nous interroger sur notre capacité à représenter une alternative crédible. Cela questionne également la représentation que les électeurs se font de « la gauche » : tandis que la fracture entre le PS et les autres forces de gauche est de plus en plus nette, la majorité des électeurs ne continuent-ils pas de nous amalgamer dans le même ensemble, cette « gauche » qui continue à former une unité d’histoire et de sens et qui déçoit, désespère… depuis le printemps dernier ?

Cette stagnation du Front de gauche et cet effondrement de la gauche dans son ensemble sont, bien sûr, d’autant plus inquiétants que le Front national en est le grand bénéficiaire. Sur ce point, je n’ai pas beaucoup de commentaires à faire et je m’avoue assez impuissante. Il m’arrive malheureusement trop souvent, en allumant la radio, d’avoir besoin de quelques secondes pour reconnaître un orateur du Front national, qu’il s’agisse de Marine Le Pen ou de Florian Philippot, tant des pans entiers de leurs discours pourraient être tenus par les nôtres. Il nous faut encore beaucoup travailler pour dénoncer cette imposture et la rendre visible.

Pour ne pas finir cet article sur une note trop « brune », j’évoquerai ce sondage dont on a très peu parlé ou, en tout cas, qui n’a été commenté que partiellement. Aux élections européennes de 2014, l’UMP recueillerait 19% des intentions de vote, talonnée par le Front national à 18%. Quant au Parti socialiste, il s’effondrerait à 15%, à jeu égal avec le Front de gauche, lui aussi crédité de 15%. Un sondage reste un sondage et il y a très loin de la coupe aux lèvres… mais là voilà quand même la réponse que je veux adresser à la rengaine du vote utile.

Gagner le combat de la crédibilité et de l’utilité, je ne doute pas que cette question aura animé les Assises pour une refondation sociale et démocratique qui se sont tenues ce dimanche, à Montreuil, et qui réunissaient un spectre très large d’organisations vraiment de gauche.

L’acte III de la décentralisation ne règlera rien au problème des inégalités sociales et territoriales en Ile-de-France !

Lundi soir, nous avions à l’ordre du jour du Bureau municipal, une discussion sur l’intercommunalité, à partir des dispositions contenues dans le projet d’acte III de la décentralisation (désormais découpés en trois projets de loi, présentés mercredi dernier en Conseil des ministres).

Certains de mes collègues, s’empressant de défendre le projet du Gouvernement, ont eu vite fait de faire passer les opposants à ce projet, dont je suis, pour des « conservateurs » qui refuseraient la solidarité entre communes franciliennes, voire pour des élus arc-boutés sur leurs bastions.

A propos des « bastions », et afin d’évacuer tout de suite cette question, je crois en effet que la proposition qui consiste à créer une métropole de Paris qui serait présidée par le Maire de Paris et gouvernée par les présidents des structures intercommunales, sans que les Maires aient voix au chapitre (ils seront réunis une fois par an dans une assemblée consultative !), est bien un moyen, pour le pouvoir socialiste, de casser les derniers pôles de résistance qui existent dans la petite couronne parisienne ou, pour le dire autrement, de déposséder de leur pouvoir les villes que le Parti socialiste n’a pas réussi à prendre par le suffrage universel (et qu’il ne risque pas de gagner en 2014, vu la politique menée au niveau national…).

Acte III Décentralisation 1Mais le fond du sujet n’est pas dans ce qui peut apparaître comme des querelles politiciennes, bien éloignées des préoccupations et des besoins des habitants. La vraie question, c’est de savoir si cet acte III de la décentralisation et, en particulier, les dispositions spécifiques à la région Ile-de-France vont apporter des améliorations à la situation que nous connaissons aujourd’hui.

Or, en Ile-de-France et, en particulier, en cœur de métropole, quel est l’enjeu pour vivre mieux ? Il s’agit de réduire les inégalités de richesses entre communes et entre territoires, notamment entre l’est et l’ouest de la région, afin de mieux répartir les logements accessibles, les équipements publics, les emplois, le réseau de transport…

Lundi soir, certains de mes collègues du Bureau municipal ont donc affirmé que la réduction des inégalités et une plus grande solidarité entre collectivités franciliennes, c’était bien là l’objet de l’acte III de la décentralisation. Je me suis employée à démontrer en quoi cette argumentation relève de l’incantation.

Quoi qu’on pense du meilleur niveau pour administrer une métropole (la ville de 50 000 habitants, l’intercommunalité de 300 000 habitants, le département de 1,5 millions d’habitants…), on ne peut tout d’abord pas concevoir qu’un projet de décentralisation, qui prétend réduire les inégalités sociales et territoriales et améliorer l’efficacité de l’action publique, ne traite pas de la question des finances et de la fiscalité !

Pourtant, dans les trois projets de loi qui constituent le projet d’acte III, il n’y a pas un mot, ou presque, sur ce sujet des ressources. La péréquation horizontale, c’est-à-dire les redistributions entre collectivités (les riches donnent aux pauvres), semble être le seul horizon. Or, si la péréquation horizontale est nécessaire, elle ne peut être suffisante. D’une part, parce que les critères de calcul sont sujets à caution : quand on sait qu’à l’heure actuelle, des villes comme Vincennes, Nogent-sur-Marne, Saint-Mandé n’alimentent pas le Fonds de solidarité de la région Ile-de-France, il y a de quoi se demander comment on définit la richesse d’une collectivité (le problème étant, en fait, que les charges qu’elle assume – ou pas, par exemple pour construire du logement social, sont prises en compte de façon marginale) !

D’autre part, les sommes redistribuées par le biais de la péréquation sont loin d’être au niveau des inégalités de ressources entre collectivités constatées en Ile-de-France. Ainsi, les promoteurs du projet d’acte III se gargarisent de la création d’un fonds de solidarité entre les départements d’Ile-de-France. Mais ce Fonds sera doté, chaque année de 60 millions ! Il suffit de rapporter cette somme au milliard de dette cumulée que l’État aura bientôt à l’égard du département de Seine-Saint-Denis, pour prendre conscience… que le compte n’y est pas !

En outre, le projet d’acte III n’aborde absolument pas la question de la fiscalité locale. Ainsi, le Gouvernement prétend accroître la décentralisation, c’est-à-dire décider de nouveaux transferts, sans remettre cause la logique entérinée par la suppression de la taxe professionnelle, qui vise à faire reposer l’essentiel des ressources fiscales des collectivités sur la fiscalité des ménages (pour les villes) et à supprimer l’autonomie fiscale des autres niveaux de collectivités (départements, régions). Obsédé par la question de la compétitivité, le Gouvernement ne pose pas la question de la contribution des entreprises au financement des services publics dont elle bénéficie sur le territoire sur lequel elles s’installent. Si la suppression de la taxe professionnelle avait permis de créer des emplois ou, au moins, d’arrêter d’en supprimer, on comprendrait  cette réticence mais chacun sait qu’il n’en est rien ! Il faut rappeler que la suppression de la taxe professionnelle a permis aux entreprises de faire une économie globale de 8 milliards d’euros… soit autant de ressources (ou presque) que l’État doit compenser aux collectivités territoriales, aggravant ainsi son déficit !

Acte III Décentralisation 2Pour en revenir aux enjeux propres à la métropole francilienne, il faudrait donc être convaincus que le simple fait de faire passer les compétences les plus essentielles d’une commune (en matière d’aménagement, de logement, de développement économique) à une structure intercommunale de 300 000 habitants (seuil plancher fixé par la loi) et de ces nouvelles structures intercommunales vers la métropole de Paris suffirait à résoudre le problème des inégalités en région Ile-de-France.

Outre l’aberration que représente cette intercommunalité à marche forcée sur le plan démocratique (les communes se verront imposer ces regroupements intercommunaux si elles ne les décident pas elles-mêmes avant le 1er janvier 2016), je suis plus que circonspecte sur les effets de tels regroupements.

Il y a tout d’abord le bilan que l’on peut tirer des intercommunalités existantes. Et je suis bien placée pour en dire quelques mots, travaillant moi-même dans une ville membre d’une jeune communauté d’agglomération, regroupant 9 communes et 400 000 habitants dans l’est parisien. Trois ans après sa création, cette communauté peine à démontrer quelle plus-value elle apporte aux habitants. Il faut dire que le bilan du transfert d’une des premières compétences, la collecte et le traitement des déchets ménagers, n’est pas loin d’être catastrophique, tant sur le plan du service rendu (qui s’est largement dégradé, au grand dam des Maires, qui songent à revenir en arrière concernant ce transfert) que sur le plan financier (le coût de la compétence « Déchets » a augmenté de près de 10 millions d’euros en deux ans, sans compter les marchés que les villes continuent de passer ou les prestations qu’elles effectuent en régie pour assurer la propreté dans leurs rues, alors qu’elles ne sont plus compétentes en la matière !). Et je ne m’étends pas sur les doublons administratifs et l’inflation de l’administration communautaire : en trois ans, 15 postes d’administrateurs territoriaux (ce qui correspond au grade de cadre supérieur de la fonction publique territoriale) ont déjà été créés ! Ce n’est pas moi qui blâmerai la création d’emplois publics mais, à l’heure où l’action publique doit être « plus efficace et moins coûteuse », ça fait désordre…

Ensuite, les défenseurs du projet d’acte III nous vantent, par exemple, le fait que le plan local de l’urbanisme sera désormais intercommunal ou encore que la métropole de Paris aura la charge d’élaborer un Plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement, comme si ce changement d’échelle allait, en un tour de mains, régler le problème de la construction de logements en Ile-de-France, de l’existence de zones de grande richesse côtoyant des territoires de relégation sociale.

Or, ce qui freine la construction de logements accessibles, c’est le fait que le foncier est trop cher en petite couronne et les moyens de réquisition des collectivités (qu’il s’agisse de réquisitionner le foncier ou les bâtiments vides) très limités. C’est le fait, encore, que les bailleurs sociaux n’ont plus les moyens de porter de nouvelles opérations. C’est le fait, enfin, que l’État ne parvient pas à faire respecter la loi obligeant les communes à construire 25% de logements sociaux. De tout cela, les projets de loi présentés ne disent rien ! Sur tout cela, l’acte III de la décentralisation ne règle rien !

A mon avis, le projet d’acte III de la décentralisation, qui conduira en fait à accélérer le désengagement de l’État et à accroître les inégalités entre territoires, est donc à revoir du début à la fin, et je ne suis pas la seule à le penser, dans ma famille politique, bien sûr, mais bien au-delà ! Il ne reste plus qu’à se faire entendre du Gouvernement sur ce sujet, comme sur bien d’autres, ce qui n’est pas mince affaire par les temps qui courent !

La baisse des allocations familiales, une mesure de justice sociale ?

La modulation des prestations familiales en fonction du revenu des ménages, autrement dit la baisse des allocations familiales pour les familles les plus aisées, est-elle vraiment une mesure de justice sociale ?

Au premier regard, oui. Pourquoi une famille qui gagne confortablement sa vie devrait-elle percevoir le même montant de prestations qu’un ménage pauvre ? Un rapide calcul suffit d’ailleurs à démontrer que là où l’allocation semble superflue, elle sera indispensable pour d’autres : ainsi, dans une famille avec 2 enfants dont les parents gagnent 10 000€, les allocations familiales (128.57€) représentent 1,3% de revenu supplémentaire tandis que dans une famille monoparentale avec 2 enfants dont le parent isolé est au SMIC, les allocations familiales apporteront un complément à hauteur de 11.5% de son revenu.

CQFD… mais cette analyse me semble trop facile.

Tout d’abord, cette proposition de moduler les prestations familiales en fonction du revenu méconnaît le principe d’universalité qui est attaché à certaines prestations et dont relèvent les allocations familiales. Au titre de sa politique familiale, l’État français aide toutes les familles à partir du 2e enfant et, ce, quel que soit leur revenu. En admettant que ce principe est légitime (pour ma part, j’y souscris), on peut se demander si les allocations familiales sont le meilleur moyen d’inciter les gens à faire des enfants.  Ne faudrait-il pas plutôt créer et garantir un service public de la petite enfance, défendre l’école maternelle à 2 ans, assurer l’égalité professionnelle des femmes et des hommes… ?

Par ailleurs, cette proposition est bien loin des enjeux auxquels doit répondre la réforme fiscale. Si on se place du point de vue de l’objectif de réduction du déficit (qui est loin d’être le plus cher à mes yeux…), on constate que l’hypothèse la plus « dure » de réduction des allocations familiales proposée dans le rapport Fragonard (qui considère qu’on est riches à partir de 3 885€ par mois pour une famille !) ne rapporterait que 1.55 milliard d’économies par an. Ce n’est pas une peccadille mais c’est quand même moins de 2% du déficit public annuel de la France.

Mais, surtout, sous couvert de justice sociale, cette proposition, dont on a indiqué qu’elle méconnaît le principe de prestation universelle, passe en fait à côté des enjeux réels de la redistribution en France. Si le Gouvernement considère (et il aurait raison de le faire !) que les riches doivent « payer plus », ce n’est pas en diminuant les prestations familiales qu’il atteindra cet objectif mais en engageant une réelle réforme de la fiscalité sur le revenu et sur le capital. 

Dans le cas de la politique familiale, comme de la sécurité sociale en général, ce n’est pas la prestation qui doit assurer la redistribution mais bien les prélèvements – prélèvements qui serviront ensuite à financer les prestations et qui doivent donc être effectués en fonction de la capacité contributive de chacun (c’est même inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Pour l’entretien de la force publique et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.»)

Or, en France, malgré la création, fin 2012, d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu (taux d’imposition de 45% pour les revenus dépassant 150 000€ annuels par part), il ne faut pas oublier que l’impôt sur le revenu est beaucoup moins progressif, donc moins redistributif, aujourd’hui qu’il y a 25 ans. Depuis 1991, le nombre de tranches d’imposition s’est en effet réduit et les tranches les plus élevées ont disparu. 

C’est bien pourquoi, avec le Front de gauche, nous avons proposé, pendant la campagne présidentielle et législative, une réforme de l’impôt sur le revenu (qui inclurait revenus du travail et revenus du capital), avec 14 tranches, allant jusqu’à 100 % d’imposition quand on atteint 20 fois le revenu médian pour une personne. Et on a estimé que cette réforme rapporterait 20 milliards d’euros ! De quoi financer bien des prestations familiales…

A toutes fins utiles, je rappelle aussi qu’au moment du débat sur la loi de finances 2013, les député-e-s du Front de gauche ont plus modestement, et en dernier ressort, proposé de taxer à 50 % la fraction de revenu supérieure à 380 000 euros. Proposition rejetée car jugée irréaliste par le rapporteur socialiste !

Source : www.justicefiscale.fr

Source : www.justicefiscale.fr

Avec cette proposition de baisser les allocations familiales pour les plus riches, le Gouvernement tente donc de se donner, à bon compte, une allure un peu « sociale ». J’aimerais que personne ne soit dupe, sachant que le même Gouvernement a décidé d’une hausse de la TVA, qui est l’impôt le plus injuste qui soit puisqu’il mobilise de façon tout à fait inégale la capacité contributive des familles. En clair, avec la TVA, les pauvres payent plus que les riches : pour un panier de courses à 100€, le « smicard » donnera 1.79% de son revenu en TVA quand le couple gagnant 10 000€ ne s’acquittera d’une taxe n’atteignant que 0,2% de son revenu.

Quand on veut s’attaquer aux privilèges des riches, il ne faut pas rester à la surface des choses… et, surtout, il ne faut pas nous prendre pour des imbéciles !

Spectale de contorsion pour le vote du budget municipal

Le public, nombreux, qui a assisté au Conseil municipal consacré au vote du budget, hier soir, a eu droit à un drôle de spectacle de contorsion.

Conseil municipal Budget 2013

Au début, tout avait commencé « normalement » : l’adjoint aux Finances, socialiste de son état, a présenté le budget, saluant le travail de la direction des finances et celui de tous ses collègues élus, soulignant la bonne gestion de cette ville qui nous permet de maintenir le cap de la solidarité et, ainsi, prendre notre part d’une politique de sortie de crise. Jusque là, on n’avait donc pas grand-chose à retrancher… Il a fallu ensuite attendre très longtemps (avec, notamment, trois interventions de la droite qui, avec 7 élu-e-s, a réussi la jolie performance de créer 3 groupes différents au cours de ce mandat !) pour que le représentant du groupe socialiste prenne la parole.

L’effet de surprise qu’était censé produire son discours avait été un peu éventé… heureusement, car le propos était assez confus et il fallait bien tendre l’oreille pour comprendre où l’orateur voulait en venir : certes, il reconnaissait que le budget présenté correspondait bien aux orientations politiques fondant l’accord de majorité municipale. Mais les graves dysfonctionnements constatés dans la « gouvernance », notamment sur la vente du terrain de l’A86 (décision adoptée par le groupe socialiste au précédent Conseil municipal et rapportant 10 millions de recettes à la ville) ou sur la construction de logements étudiants dans le vieux Fontenay (annoncée dans le Programme local de l’habitat), empêchaient son groupe de prendre part au vote sur le budget, tant il y avait urgence, selon eux, à dénoncer devant les Fontenaysiens ces manquements à la démocratie interne !

Triste démonstration : quand on n’a rien à dire sur le fond, on s’attaque à la forme car que dire aux Fontenaysiens ? Qu’il faudrait dans notre ville, comme au niveau national, augmenter les impôts (hausse de la TVA au niveau national contre gel des taux des impôts locaux depuis 3 ans), faire des cadeaux aux entreprises (20 milliards de crédits d’impôt quand nous continuons, à Fontenay, à faire payer les banques), rogner sur l’investissement public (reports ou annulations d’investissements de l’État pour plus d’un milliard d’euros annoncés fin 2012 alors que nous investissons 6.5 millions pour rénover la piscine et 1.4 million pour lancer les travaux de requalification de la Redoute…), ponctionner le pouvoir d’achat des ménages (SMIC bloqué à 1120€ nets, maintien du gel du point d’indice quand nous portons, à Fontenay, le SMIC pour un temps plein à 1450€ nets) ? Forcément, ce n’est pas très vendeur !

De son côté, le groupe communiste et citoyen, par la voix de Jean-Philippe Gautrais, a d’ailleurs souligné avec force que l’austérité ne conduisait qu’à l’impasse. Nous avons bien sûr défendu ce budget qui place notre ville, autant que faire se peut, comme un « bouclier social » face à la crise en faisant le choix de la solidarité, du développement social et écologique et de l’investissement public. Nous ne pouvions que dénoncer les intérêts tactiques ou politiciens qui devaient conduire certains à ne pas prendre part au vote sur ce budget. (voir des extraits de l’intervention ci-dessous).

On passa ensuite au vote. Le budget fut adopté avec les voix des élus communistes et citoyens, Parti de gauche, Europe Ecologie-Les Verts, Fontenay Ecologie et PRG et de 3 élus socialistes. Pour la première fois, donc, une partie des élus socialistes n’a pas adopté le budget, fait d’importance puisque le vote du budget est l’un des principaux marqueurs de la solidarité de gestion qui fonde une équipe municipale. Mais le fait le plus notable, à mon sens, c’est que le groupe socialiste, pour la première fois également, s’est divise. J’y vois le signe que certains n’ont pas voulu abdiquer leurs convictions pour servir les ambitions personnelles de leur « chef ». Et quand on sait comme le PS fait marcher à la baguette ses ouailles, on mesure qu’il faut un certain panache pour prendre une telle décision !

Le Maire, comme il se doit, a conclu les débats. Celles et ceux qui le connaissent l’ont senti touché par les attaques qui ont été portées contre sa pratique de Maire, lui qui s’est attaché, depuis qu’il est le premier magistrat de notre ville, à cultiver le dialogue, à soigner le rassemblement, à faire de la place à chaque élu, quelle que soit sa couleur politique.

Je dois dire que son discours, empreint à la fois d’intelligence, d’humilité et d’ambition pour la ville, n’a fait que renforcer l’estime que je lui porte et la fierté que j’ai de faire partie de son équipe. Une intervention dont nul n’aura oublié de prendre note pour l’avenir puisque Jean-François Voguet l’a conclue ainsi : « Je suis fier de l’action que nous menons ensemble. Je m’y consacre et m’y consacrerai dans les années à venir. »

Après les contorsions, certains vont devoir se mettre à la rame…

Extraits de l’intervention de Jean-Philippe Gautrais, au nom du groupe des élu-e-s communistes et citoyen-ne-s (à retrouver ici)

Nous abordons l’examen du budget 2013 dans un contexte politique, économique et social difficile : le mois dernier, à l’occasion du choix de nos orientations budgétaires, ma collègue Nathalie Coupeaux rappelait que la situation est dure pour les Fontenaysiens, qui n’échappent pas au quotidien qui se dégrade, à un avenir qui angoisse et à la difficulté de croire à des jours meilleurs qui viendraient après la cure de rigueur à laquelle nous sommes soumis. [...]

Avec le Front de gauche, nous avons dit et redit que nous ne croyons pas à l’austérité pour sortir de la crise. Il y a un mois, dans cette ville, nous avons d’ailleurs confirmé un choix tout à fait différent, en faisant de la solidarité un marqueur de nos orientations budgétaires, pour continuer à faire de notre ville « un bouclier social » face à la crise. [...]

Et, dans ce contexte difficile, nous faisons pourtant plus que maintenir la voilure. Nous nous efforçons d’aller au bout de nos priorités, au bout de nos engagements. Sur les 140 engagements que nous avions pris devant la population en 2008, 131 (soit 93%) se sont aujourd’hui concrétisés. [...]

Si nous avons pu, tout au long de ce mandat, continuer à innover, réaliser de nouveaux projets, tenir nos engagements, chacun doit mesurer à quel point nous le devons aux agents qui font vivre le service public. J’ai conscience, le groupe communiste et citoyen a conscience, que nous les soumettons à une pression quelquefois difficile à vivre. Mais nous savons aussi que leur conviction de participer à la mise en œuvre de politiques utiles pour les habitants est une source de motivation précieuse au quotidien. [...]

L’investissement public que nous réalisons est légitime pour continuer à faire de Fontenay une ville agréable, une ville à vivre pour tous mais aussi pour soutenir l’emploi, la relance dont notre pays a besoin.

Ainsi, avec ce budget, nous prenons nos responsabilités et mettons en œuvre, à notre échelle, une politique de sortie de crise. Le groupe communiste et citoyen soutient bien sûr ce budget parce qu’il marque l’attachement de notre majorité à construire des politiques au service des habitants, parce qu’il met les logiques de développement social et écologique au dessus des logiques financières, parce qu’il exprime avec force et ambition une vision de la ville de demain pour toutes et tous, solidaire, dynamique et démocratique.

Ce budget donne en effet à voir une ville bien gérée, relativement prospère dans une période de crise, sans que cette situation saine soit nullement due à la chance ou au hasard mais bien à des choix politiques assumés, renouvelés, d’année en année. [...]

Au nom de mon groupe, je tiens, à cet instant, à rappeler, avec beaucoup de force, la chance que nous avons en tant qu’adjoints, en tant que conseillers délégués, d’avoir un Maire qui sait déléguer les responsabilités, faire confiance à son équipe, laisser à ses collègues élus des vraies marges de liberté, de décision… dans leurs délégations respectives.

C’est ce qui vaut à ce budget d’être tout sauf « monochrome ». Il donne à voir la diversité de nos sensibilités, de nos engagements, ceux qui nous ont valu d’être très largement portés, ensemble, à la tête de cette ville.

Aucun élu, aucun groupe politique, autour de cette table, ne peut se réclamer seul de ce travail. Personne ne peut honnêtement s’en désolidariser. Ce budget est le fruit de longues années de gestion commune des forces de gauche, autour d’un projet pour Fontenay et les Fontenaysiens, que nous entendons bien poursuivre, enrichir, en continuant de nous ouvrir à ce qui fait la richesse de cette ville, à celles et ceux qui la font vivre.

C’est pourquoi, Monsieur le Maire, le groupe communiste et citoyen adoptera avec beaucoup de conviction et de fierté ce budget qui s’attache à remplir le contrat que nous avons passé avec les Fontenaysiens et qui reste notre cap, jusqu’au bout !

Droit de vote des résidents étrangers : qu’est-ce qu’on attend pour l’égalité ?

Il y a quelques jours, quatre projets de loi de révision de la Constitution ont été présentés en Conseil des ministres. Cette révision constitutionnelle viserait à élargir la responsabilité civile du chef de l’État (mais la question de son statut pénal est laissée de côté !), à réformer le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), à inscrire le dialogue social dans la Constitution, à interdire pour un ministre d’exercer un mandat exécutif local et enfin à en terminer avec le statut de membres de droit du Conseil constitutionnel des anciens présidents de la République.

Quel est le grand absent parmi ces projets ? Le droit de vote aux élections locales pour les résidents étrangers (hors Union européenne). Motif : la majorité des 3/5e n’est pas acquise au Parlement. Cela s’appelle abandonner une bataille avant même de l’avoir menée… et c’est d’autant plus honteux que cette mesure faisait déjà partie des promesses du président François… Mitterrand !

Consultation DDV des étrangersLe Front de gauche continue de se mobiliser pour obtenir le respect de cet engagement dès 2014. Ce week-end, à Fontenay, nous étions ainsi à la Fête de la Cité et des dizaines de personnes ont participé à la consultation citoyenne que nous avons lancée depuis le début de l’année. Dans le Val-de-Marne, le collectif « Droit de vote 2014″, qui regroupe différentes organisations politiques, syndicats et associations, organise, ce jeudi 28 mars à 18h30, à la Maison des syndicats de Créteil, une initiative-débat pour exiger que la révision constitutionnelle intègre le droit de vote des résidents étrangers. 

Ci-dessous le communiqué du collectif Droit de vote 2014 :

Le droit de vote des étrangers aux élections locales dès 2014 :
c’est important pour le « vivre ensemble » et la démocratie, c’est bon pour la République !

Le droit de vote et d’éligibilité des étrangers aux élections municipales ne figure pas dans les projets de loi constitutionnelle présentés au Conseil des ministres du 13 mars. Le collectif « Droit de vote 2014 » veut croire qu’il ne s’agit pas d’un abandon mais d’un simple délai de réflexion que se donnent le président de la République et le gouvernement.

Puisqu’il s’agit d’une modification constitutionnelle, la barre est haute à franchir. Avoir les trois cinquièmes des voix au Parlement réuni en congrès suppose que tous les efforts soient faits pour y parvenir. Le collectif « Droit de vote 2014 » considère que le temps du débat de conviction n’est pas révolu et qu’il convient de mettre les parlementaires devant leurs responsabilités : elles et ils ont le choix entre continuer à exclure de la citoyenneté une partie des résidents de nos communes, ou envoyer un message de reconnaissance et de dignité, message qui doit concrétiser cet enjeu de cohésion sociale et d’élargissement de la démocratie.

En 2013, je signe, en 2014, ils votentLe collectif « Droit de vote 2014 », qui regroupe plus de cent vingt organisations (associations, syndicats, partis politiques), va accentuer sa mobilisation auprès de la population et des parlementaires :

-          il appelle tous les collectifs locaux à continuer la mobilisation, en particulier le week-end du 6-7 avril, et à faire signer massivement la pétition –www.droitdevote2014.org – qui réunit déjà plus de quarante mille signatures ;

-          il demande instamment au président de la République et au Premier ministre d’engager, dans les prochaines semaines, la procédure de révision constitutionnelle permettant aux étrangers non communautaires de voter et d’être élus aux municipales de 2014.

Ne pas engager cette procédure serait non seulement ne pas honorer le programme politique sur lequel le candidat s’est engagé, mais aussi une faute politique qui marquerait négativement le quinquennat.

Cette Europe n’est pas la mienne !

Celles et ceux qui ont mené campagne, en 2005, contre le projet de traité constitutionnel européen (TCE) se souviennent encore des attaques dont nous faisions l’objet, accusés d’être les fossoyeurs de l’idéal européen, de freiner la construction d’une Europe de la cohésion et de la solidarité.

Suppression PEADLes mêmes qui nous accusaient hier, que nous disent-ils aujourd’hui alors que le Conseil européen vient de décider que l’aide aux plus démunis passerait de 500 à 300 millions d’euros par an, sur la période 2014-2020 ? Rappelons que le Programme européen d’aide aux plus démunis permet, chaque année, de nourrir plus de 18 millions d’Européens. Il représente 23% des ressources en nourriture d’une association comme les Restos du cœur !

Silence dans les rangs… Il y a bien Laurent Fabius, dans le camp du « non » en 2005, ministre des Affaires étrangères aujourd’hui, qui s’est empressé (avant même que les négociations aient eu lieu !) d’annoncer que la France compenserait à l’euro près la réduction de l’enveloppe dédiée à l’aide alimentaire, cédant ainsi aux gouvernements les plus conservateurs, Allemagne et Royaume-Uni en tête, qui arguent que l’aide aux plus démunis n’entre pas dans les compétences communautaires. Quel constat d’échec ! Quel aveu d’impuissance !

Où est-elle l’Europe de la solidarité dont on nous rebattait les oreilles ? Est-il atteint l’objectif que l’Union européenne s’était fixé de sortir 20 millions de personnes de la pauvreté entre 2010 et 2020 ? Bien sûr que non ! puisque des millions de personnes, et chaque année plus nombreuses – comme en témoignent, en France, des associations comme les Restos du cœur, le Secours catholique ou encore le Secours populaire -, en sont réduites à compter sur l’aide alimentaire pour manger à leur faim.

Cette Europe n’est pas la mienne, qui sauve les banques mais laisse crever les peuples. Plutôt que de se coucher devant le diktat de l’austérité, il est temps d’en inventer une autre ! Chiche, Laurent Fabius ?

 

 

Municipales : oui, nous croyons à de larges rassemblements !

Ces derniers jours, les sénateurs PCF-Front de gauche ont, tour à tour, rejeté le projet de loi de finances pour la Sécurité sociale (PLFSS) et se sont abstenus sur le projet de budget (PLF). Dans les deux cas, la conséquence a été la même : les deux projets ont été rejetés.

Il n’en fallait pas plus, évidemment, pour relancer la rengaine des communistes qui s’allient avec la droite. Sur les blogs des socialistes locaux, en particulier, ça s’agite, le parallèle étant fait avec l’appel lancé mardi, par la Fédération départementale du PCF, à de larges rassemblements à gauche pour les prochaines élections municipales. Il ne pourrait y avoir deux poids, deux mesures : on ne pourrait, d’un côté, saper la majorité et, de l’autre, appeler à l’union dans nos villes.

Il est nécessaire de rappeler, tout d’abord, les raisons de ces votes au Sénat pour préciser le sens de l’appel lancé pour les élections municipales. Car, bien sûr, nous assumons la concomitance de ces deux prises de position.

Pour ce qui concerne le PLFSS, je reprendrai les grandes lignes du communiqué du PCF. « Même si le PLFSS comprend certes quelques annonces positives dont la mesure de la prise en charge à 100% des IVG, [dont je m'étais félicitée sur ce blog], la loi Bachelot n’est nullement remise en cause, les ARS continuent les restructurations et les fermetures de services, de blocs opératoires, de maternités, de centres IVG.

Le PLFSS prétend lutter contre le renoncement mais ne propose aucune mesure contre les franchises médicales, la fiscalisation des indemnités journalières, le jour de carence, autant de mesures imposées par la droite. [...]

Au niveau des recettes, la majorité de gauche sénatoriale ne s’est pas retrouvée autour d’amendements votés l’année dernière [notamment la suppression des exonérations de cotisations pour les entreprises ne respectant pas leurs obligations en matière d'égalité salariale, amendement que le PS a refusé avec la droite !] et que le groupe socialiste a refusé de voter cette année préférant mêler ses voix à la droite.

La « solidarité majoritaire » au Sénat, c’est de ne pas refuser en 2012 ce que l’on a porté ensemble en 2011.»

Pour le PLF, la logique est peu ou prou la même : il y a un an, toute la gauche adoptait au Sénat des mesures faisant payer le capital et les plus aisés des contribuables. Alors, qui a oublié sa conscience de gauche, les communistes qui voteraient « comme la droite » ou les socialistes qui, une fois arrivés au pouvoir, n’ont plus le courage de s’attaquer vraiment aux marchés financiers (qu’il est loin le flamboyant discours du Bourget !) ?

Nous ne sommes pas de doux rêveurs ou, pire, des dangereux irresponsables. L’austérité n’est pas la seule solution (puisqu’elle n’est pas une solution du tout, d’ailleurs, comme le disent de plus en plus « d’experts »). Des mesures anti-austérité sont possibles : plafonner l’avantage fiscal sur les intérêts des prêts des sociétés, supprimer l’amendement « pigeons », rétablir pleinement l’ISF, instaurer une meilleure progressivité de l’impôt sur le revenu, imposer les dividendes et le capital…

Alors, dans ce contexte, nous serions « gonflés » d’appeler à de larges rassemblements pour les élections municipales, voire mus par la seule volonté de garder nos places ? C’est avoir mal lu l’appel lancé par la Fédération du PCF. Nous appelons à se rassembler toutes celles et tous ceux, à gauche, qui pensent que nos villes peuvent et doivent rester des espaces de résistance et de constructions progressistes.

Pour ce qui concerne les communistes, c’est vrai, nous défendons une position que nous avons encore besoin de partager dans le Front de gauche : l’union de la gauche fait partie de notre histoire. Choisir de diriger avec d’autres, issus des différents courants de la gauche, ce n’est pas seulement une stratégie électorale. Malgré les tensions, les différences de vues, nous postulons, dans bien des municipalités que nous dirigeons, qu’on est plus intelligent à plusieurs… C’est d’ailleurs cela qui nous choque dans l’attitude actuelle du Parti socialiste et ce que notre secrétaire national, Pierre Laurent, est allé rappeler au Congrès du PS : les voix qui ont permis la victoire de François Hollande sont diverses. Elles méritent d’être toutes entendues.

Alors, réduire cet appel au rassemblement à une tentative pour « sauver nos places », très peu pour moi ! (comme pour l’immense majorité de mes camarades). Pour passer ses soirées et ses week-ends à participer à des réunions, à des rencontres publiques…, pour jongler difficilement entre une activité professionnelle prenante et un mandat d’élu local, certes gratifiant mais aussi assez ingrat, il vaut mieux être convaincu-e de l’utilité de ce qu’on fait !

Je le dis donc très clairement : oui, j’ai envie que Jean-François Voguet, et la liste qu’il conduira en 2014, soient reconduits à la tête de notre ville parce que je crois que nous menons des actions utiles, en dépit d’un contexte de plus en plus difficile. Je crois que nous pouvons, autour du bilan des actions menées et des propositions qui restent à élaborer, construire un large rassemblement à gauche, qui s’inscrive dans une certaine continuité mais qui fasse aussi toute sa place à une nouvelle génération d’élu-e-s, à de nouvelles formes d’engagement.

Il est temps que la gauche se retrouve !

En se lançant dans une grève de la faim pour réclamer des moyens pour sa commune, Stéphane Gatignon, Maire de Sevran, fait beaucoup parler de lui… et un peu de Sevran et de toutes ces communes de banlieue qui rencontrent les plus grandes difficultés à préparer leur budget, alors qu’elles concentrent les difficultés socio-économiques.

Je suis assez perplexe sur le procédé utilisé : si je laisse de côté le joli coup de communication, je trouve qu’il s’agit d’un triste aveu d’impuissance politique. Si Stéphane Gatignon, qui a fièrement fait campagne sous l’étiquette PS-Europe Ecologie au printemps dernier, n’a pas d’autres solutions que de mettre sa vie en jeu pour obtenir des moyens pour sa ville, n’a-t-il pas des enseignements politiques à en tirer ?

Je pense que les annonces de ces derniers jours, confirmées par la conférence de presse du Président de la République, créent beaucoup de malaise. Du malaise chez les gens, bien sûr, qui attendent de la gauche qu’elle réponde à leurs préoccupations quotidiennes, à commencer par l’emploi et le pouvoir d’achat. Mais aussi du malaise chez beaucoup de responsables, d’élu-e-s à gauche qui ne se reconnaissent pas dans l’orientation libérale que prend le Gouvernement.

Ces derniers jours, les parlementaires communistes et du Front de gauche ont pris à plusieurs reprises leurs responsabilités, en refusant de voter les lois qui leur semblaient injustes, comme sur les tarifs de l’énergie ou le financement de la Sécurité sociale. Certains, au PS, nous accusent de voter avec la droite. Mais je ne crois pas que cet argument rencontre beaucoup d’écho.

Nous empruntons un chemin étroit mais juste. Étroit car nous prenons à chaque instant le risque d’être mal compris : c’est pourquoi il nous faut élargir le Front de gauche, en faire un rassemblement populaire. Juste car  l’austérité échoue partout en Europe. Nous refusons que la gauche s’enferme dans cette voie-là. D’autres solutions existent, comme l’a montré le Parti de gauche, dans son contre-budget. Il faut avoir le courage et la volonté de les mettre en oeuvre !