La victoire au coeur lourd

J’ai vécu hier soir une expérience inédite : la victoire au cœur lourd.

Entre la ville où j’ai grandi et celle où je travaille, toutes deux conquises par la droite, et quelques autres encore emportées par la vague bleue, il y avait donc bien Fontenay la rebelle, avec à sa tête le maire le mieux élu du Val-de-Marne.

Pendant que Jean-François Voguet proclamait les résultats, il me coulait des larmes d’émotions mêlées. Je ressentais, bien sûr, la fierté d’avoir participé à cette belle aventure, déjà décrite dans ces lignes et le soulagement d’avoir gagné, après six mois intenses de campagne.

Mais Fontenay n’est pas un îlot et, comme bien des camarades, je ne pouvais me départir d’une certaine tristesse, d’une inquiétude. Au-delà de ma situation personnelle, je pensais aux Maires communistes battus, à la douzaine de villes tombées aux mains du Front national et au paysage politique dans lequel il nous faudra désormais agir.

 

L’analyse de cette séquence électorale prendra un peu de temps et je ne prétends surtout pas la conduire seule ! Néanmoins, à partir de la situation de Fontenay, je me risque à avancer quelques facteurs d’explication, qui pourront nourrir la réflexion collective.

Il y a tout d’abord la popularité de notre Maire, constatée chaque jour de la campagne. Je sais que certains continuent de lui reprocher une certaine distance. En réalité, sa popularité est d’autant plus solide qu’elle se fonde sur le respect et la confiance qu’inspire un homme intègre et jamais sûr de son fait.

Il y a également cette conception particulière du mandat électif, initiée hier par Louis Bayeurte, poursuivie aujourd’hui par Jean-François Voguet, qui veut que les élu-e-s soient très présents sur le terrain, dans les initiatives municipales ou associatives, dans leurs quartiers respectifs, à la mairie… Nous devons cette disponibilité à nos concitoyens. Mais c’est aussi ce qui nous permet d’être toujours attentifs – et, si possible, réactifs – à ce qui se vit, se dit, s’échange dans la ville. Je crois que cette présence, intense et continue, est mise à notre crédit.

Il faut ajouter que cette présence a d’autant plus de poids que le Maire n’hésite pas à déléguer les responsabilités, dans un cadre collectif de fonctionnement. Ca aide à trouver sa place, à se sentir légitime pour aller dans tel ou tel endroit et, bien sûr, pour prendre des décisions et agir.

 

Pour en venir à des éléments pour une analyse plus globale, il semble acquis que la politique nationale a très fortement pesé dans le vote – et plus que je ne l’avais imaginé. Pour ma part, je pensais le rassemblement possible avec le Parti socialiste, malgré mon opposition à la politique gouvernementale, car je croyais que les choix des électeurs seraient avant tout guidés par des considérations locales. Je reconnais m’être trompée sur ce point. Cela laisse ouvert en entier le chantier de la reconstruction de la gauche.  

Pourquoi, dans ce contexte, les maires communistes ont-ils connu des fortunes si diverses, avec plusieurs pertes lourdes et symboliques en banlieue (Bobigny, Saint-Ouen, Villejuif…) au profit de la droite, que ne compensent pas les victoires à Aubervilliers et Montreuil (déjà à gauche) ?  Sans doute avons-nous bénéficié à Fontenay d’un contexte un peu moins dur qu’ailleurs – contexte qui n’est pas déconnecté, soit dit en passant, des choix politiques qui ont été faits dans cette ville depuis cinquante ans.

En tout cas, dans des villes moins mixtes socialement que la nôtre, plus pauvres également, il semble que les politiques municipales, même frappées du sceau de la solidarité et de la justice sociale, aient plus vite atteint leurs limites. Les réponses, mais aussi les perspectives données,  n’ont pas semblé suffisantes. Là où ce sentiment d’insuffisance aurait pu (aurait dû) aboutir à une démarche de construction et de mobilisation collective avec les équipes municipales en place, les Maires et les équipes sortants, mis en difficulté ou battus, ont été au contraire accusés d’éloignement, de déconnexion…

A Fontenay, sans céder aux promesses faciles (la pression était par exemple forte sur la police municipale), il me semble que nous avons réussi à faire passer le message, évidemment de façon partielle et inachevée, que la réalisation de notre programme ne serait possible qu’avec une mobilisation citoyenne d’ampleur.

C’est à cette mobilisation, alliant luttes sociales et engagement politique, que le Front de gauche doit œuvrer – sans pour autant chercher à l’encadrer, voire à la contenir complètement – s’il veut contribuer à la reconstruction de la gauche, perspective indispensable pour qui rêve encore à des jours « couleur d’orange » !

Quelques réflexions sur notre campagne… avant le verdict des urnes

Il est toujours délicat de se livrer à l’exercice des pronostics quelques jours avant une élection. Entre ce que l’on sent, ce que l’on espère et ce que l’on craint, il y a quelquefois des marges difficiles à apprécier. Il me semble par contre à la fois assez intéressant et honnête de s’essayer à livrer quelques analyses sur la campagne électorale… avant le verdict des urnes. Je me lance, donc !

D’un point de vue interne, quoique large (puisque plusieurs centaines de personnes se sont impliquées de façon active dans la campagne), je trouve que nous avons réellement passé un cap dans l’engagement citoyen. Nous avons bien sûr à Fontenay une longue tradition (plus ancienne que moi !) de mobilisation, en particulier quand il s’agit de défendre les intérêts de « notre » ville.

Les jeunes à la MilongaDans cette campagne, nous avons cependant poussé plus loin le processus : aux côtés des militant-e-s adhérents d’un parti politique, les citoyen-ne-s non « encartés », désireux de s’impliquer dans la dynamique « Fontenay pour tous », n’ont pas été seulement invités à assister à des réunions ou à fournir « la main-d’œuvre » toujours nécessaire pour l’organisation pratique des initiatives.

Ils ont pu directement contribuer à l’élaboration du programme, en assistant aux ateliers mais aussi en participant à leur préparation et à leur animation. Sur le terrain, les militant-e-s communistes ont largement organisé le « porte-à-porte » mais ils ont pu compter sur des renforts venus d’autres organisations et des rangs citoyens. Ainsi, les pratiques et les expériences ont circulé, se sont diffusées.

Je vois plusieurs explications à cette belle dynamique collective.

« Fontenay pour tous » s’est donnée des règles de fonctionnement relativement exemplaires : l’ensemble des composantes a été associé à toutes les phases de discussion et de négociation, qu’il s’agisse du programme (en particulier dans la phase de synthèse), de la constitution de la liste et de la rédaction de l’accord final. Dans les instances de concertation et de décision, jusqu’au collectif électoral, les citoyen-ne-s ont été représentés, ainsi bien sûr que l’ensemble des composantes de « Fontenay pour tous ».

4 mars - Salle deboutJe crois aussi que chacun, individu et composante, se sent lié par la démarche dont nous étions convenus au départ : nous mettre d’accord sur les contenus pour constituer le socle de notre rassemblement. Le socle ayant ainsi été bâti de façon solide, chacun y est arrimé de façon solidaire. Bien sûr, chaque organisation politique garde sa place et saura, à l’avenir, faire valoir ses idées et ses différences. Mais il me semble que nous avons de quoi faire fonctionner la potentielle future majorité municipale de façon intelligente et partagée, d’autant que la liste reflète de belle façon notre diversité.

Dans cette réussite, je crois que la construction « Front de gauche » a joué un rôle : je parle de « construction » car le Front de gauche constitue à mon sens une démarche inachevée (un « work in progress »), qui a d’ailleurs montré des imperfections au niveau local (concernant notre processus interne de désignation des candidat-e-s) et qui tangue quelque peu au niveau national (je n’y reviens pas pour le moment). Mais je crois que cette construction nous a déjà fait progresser vers des modes d’échanges et de décision plus démocratiques.

Alors, tout n’est pas parfait, loin de là… Mais cette construction collective, citoyenne et enthousiaste, nous a donné du cœur à l’ouvrage pour multiplier les temps de rencontre et d’échanges avec la population, à un niveau rarement atteint (ce sont les plus anciens qui le disent !), qu’il s’agisse des rencontres au porte-à-porte (dans les quartiers Bois Cadet, Larris, Jean Zay, Pasteur…, l’ensemble des immeubles a été visité au moins une fois !), des ateliers pour construire le programme, des points de rencontre, des repas solidaires ou des initiatives centrales…

Il fallait bien cela pour avoir encore envie de faire de la politique, au sens le plus noble du terme, dans un climat morose. Il ressort en effet de nos multiples rencontres un fort sentiment d’abattement, là où nous préfèrerions trouver de la colère. Les gens semblent peu enclins à se battre, certains rejettent en bloc les « politiciens » et ne veulent pas voter.

Paradoxalement, et c’est ce qui fait tout l’intérêt d’une campagne pour les élections municipales, le Maire est attendu comme le seul à pouvoir résoudre bien des maux. Cela suscite un certain nombre d’attentes déçues (sur le logement, sur l’emploi, sur la sécurité…), sans pour autant que les discours démagogiques de nos adversaires sur ces sujets aient beaucoup de prise. Nombreux sont aussi les habitant-e-s qui nous ont témoigné de leur attachement à leur Maire et à leur ville.

Distribution Patinoire 15 marsCertains diront peut-être qu’il n’y a là qu’une reconnaissance du ventre ou un attachement dépourvu de toute forme de politisation (le Maire reste l’élu préféré des Français, toutes tendances politiques confondues). Pour ma part, j’y vois tout d’abord un manifeste silencieux en faveur de la démocratie de proximité, aujourd’hui largement remise en cause et attaquée.

Et c’est d’abord cette exigence démocratique et citoyenne que j’ai la volonté de porter, dans le fond et dans la forme, si les électeurs nous font l’honneur, avec Jean-François Voguet et tous les candidat-e-s de la liste « Fontenay pour tous », de nous confirmer à la tête de la ville.

C’est la rentrée !

Mon congé maternité n’est pas encore terminé – et je compte bien en profiter jusqu’au bout – mais, cette fois-ci, il n’y a plus de doute possible, c’est bien la rentrée !

Repas Jean Zay-PicassoSamedi midi, j’ai participé au désormais traditionnel repas organisé par l’amicale de locataires CNL du quartier Jean Zay-Picasso. Près de 100 repas ont été servis, dans une ambiance à la fois conviviale et combative. Bernard Thoreau, le président de l’amicale et vice-président de la CNL locale, a rappelé que les attentes des locataires restaient grandes.

En effet, si le projet de loi dit ALUR (Accès au logement et urbanisme rénové), porté par Cécile Duflot et discuté à partir d’aujourd’hui à l’Assemblée, présente quelques avancées, on est quand même loin du compte par rapport aux enjeux, notamment en ce qui concerne les moyens alloués au logement social. Pour avancer un peu, le Président de la République pourrait commencer par tenir ses promesses de candidat, à savoir le doublement de l’aide à la pierre et une mobilisation plus grande du livret A.

Au lieu de cela, le Gouvernement vient de décider de ponctionner l’épargne des Français à hauteur de 30 milliards d’euros (prélevés sur le produit du livret A) pour les mettre à disposition des banques privées, qui sont censées utiliser cette somme pour aider les PME. Une chose est sûre, c’est autant qui manquera pour construire des logements sociaux !

Repas Jean Zay-Picasso 2J’ai poursuivi la journée de samedi par un tour du Forum des associations sportives. Ce rendez-vous est toujours l’occasion pour moi de m’enquérir auprès des clubs de la progression de la pratique sportive féminine dans notre ville. En cette rentrée, je suis d’ailleurs sollicitée par la section football de l’USF et par le club des Météores (football américain), pour appuyer le développement de leurs sections féminines. J’aurai l’occasion d’y revenir.

Cette semaine est aussi celle de la rentrée sociale et politique. Cet après-midi, je serai par la pensée avec les manifestants pour défendre cette belle conquête de la retraite à 60 ans. Et ce soir, je serai bel et bien présente à l’assemblée citoyenne de rentrée du Front de gauche local.

Après une fin d’été marquée par l’affichage de quelques dissensions entre les deux leaders du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, il me semble important que les militant-e-s reprennent la main. La stratégie pour les élections municipales suscite certes des différences de vue, concernant en particulier la question des alliances. Mais il me semble qu’elles peuvent être dépassées si chacun fait l’effort de partir des contenus (le « quoi » avant le « qui »).

Dans une ville comme la nôtre, la campagne des élections municipales doit être l’occasion de rencontrer des centaines de personnes, pour construire le plus largement possible le programme sur lequel s’engageront les candidat-e-s. Il est temps d’engager ce travail et j’espère que c’est la décision que nous prendrons à l’issue de l’assemblée citoyenne !

Le PS éliminé de la législative partielle dans le Lot-et-Garonne : la faute de la division à gauche ?!

Au lendemain du premier tour de l’élection législative partielle qui s’est tenue à Villeneuve-sur-Lot (la circonscription de feu Jérôme Cahuzac), je suis estomaquée par les commentaires d’un certain nombre d’analystes et, plus encore, par ceux des responsables socialistes, à commencer par le premier d’entre eux, Harlem Désir, qui attribuent l’élimination du candidat socialiste dès le premier tour à « la division à gauche ».

Ainsi, donc, ce seraient la faute du Front de gauche et d’Europe Ecologie-Les Verts qui, chacun, ont présenté un candidat si « la gauche » n’est pas représentée au 2ème tour, alors même que le candidat socialiste qui, certes, n’était pas le même que l’année dernière (et pour cause !) a perdu plus de 20 points par rapport à l’élection législative de juin 2012.

Faut-il voir dans ces commentaires, de la part du Parti socialiste, une mauvaise foi terrible ou un aveuglement tout aussi terrible ? Il semble en tout cas que la rengaine du vote utile ait vocation à nous être servie sans vergogne et sans limite. Si le Parti socialiste n’est pas présent au 2ème tour, ce n’est pas la faute de ce ministre du Budget qui nous parlait efforts et rigueur et s’en mettait plein les poches depuis des années. Et ce n’est pas la faute non plus, bien sûr, de la politique que le PS mène depuis un an à la tête du pays, entre cadeaux aux grandes entreprises, attaques contre les retraites, hausse continue du chômage.  Non, messieurs-dames, c’est la faute du Front de gauche et d’Europe-Ecologie… j’en reste coite !

Il n’en reste pas moins que les résultats de cette élection partielle sont inquiétants. Pour ce qui concerne le Front de gauche, la progression est insignifiante (un point de plus, avec une participation moins importante). Si la circonscription de Villeneuve-sur-Lot ne représente pas la sociologie du vote français, cela doit quand même nous interroger sur notre capacité à représenter une alternative crédible. Cela questionne également la représentation que les électeurs se font de « la gauche » : tandis que la fracture entre le PS et les autres forces de gauche est de plus en plus nette, la majorité des électeurs ne continuent-ils pas de nous amalgamer dans le même ensemble, cette « gauche » qui continue à former une unité d’histoire et de sens et qui déçoit, désespère… depuis le printemps dernier ?

Cette stagnation du Front de gauche et cet effondrement de la gauche dans son ensemble sont, bien sûr, d’autant plus inquiétants que le Front national en est le grand bénéficiaire. Sur ce point, je n’ai pas beaucoup de commentaires à faire et je m’avoue assez impuissante. Il m’arrive malheureusement trop souvent, en allumant la radio, d’avoir besoin de quelques secondes pour reconnaître un orateur du Front national, qu’il s’agisse de Marine Le Pen ou de Florian Philippot, tant des pans entiers de leurs discours pourraient être tenus par les nôtres. Il nous faut encore beaucoup travailler pour dénoncer cette imposture et la rendre visible.

Pour ne pas finir cet article sur une note trop « brune », j’évoquerai ce sondage dont on a très peu parlé ou, en tout cas, qui n’a été commenté que partiellement. Aux élections européennes de 2014, l’UMP recueillerait 19% des intentions de vote, talonnée par le Front national à 18%. Quant au Parti socialiste, il s’effondrerait à 15%, à jeu égal avec le Front de gauche, lui aussi crédité de 15%. Un sondage reste un sondage et il y a très loin de la coupe aux lèvres… mais là voilà quand même la réponse que je veux adresser à la rengaine du vote utile.

Gagner le combat de la crédibilité et de l’utilité, je ne doute pas que cette question aura animé les Assises pour une refondation sociale et démocratique qui se sont tenues ce dimanche, à Montreuil, et qui réunissaient un spectre très large d’organisations vraiment de gauche.

Les engagements pris en 2008… et ceux que nous prendrons en 2013

Lundi soir, au Bureau municipal, nous recevions les membres les plus actifs de l’Observatoire des engagements, cette structure que nous avions souhaité mettre en place, en début de mandat, pour – comme son nom l’indique – observer la mise en oeuvre des 140 engagements que nous avions pris devant la population, en mars 2008.

La présentation de leur travail a donné lieu à des échanges très intéressants, notamment sur le statut de l’observation. Les membres de l’Observatoire s’interrogent en effet beaucoup sur la notion de neutralité, craignant que leurs conclusions puissent être utilisées, manipulées… Mais, dans le même temps, ils se définissent comme des citoyens ayant pris part à la campagne des élections municipales de 2008 et, donc, à la construction du programme municipal. De fait, ils parlent donc bien « de quelque part » et ne sont pas neutres.

Est-ce vraiment un problème ? Dans cette démarche d’observation que nous avions souhaitée, la neutralité peut-elle être un objectif ? Je n’en suis pas certaine car un engagement politique n’est jamais neutre : observer la réalisation de cet engagement, c’est donc prendre parti (sauf à se limiter à une approche purement comptable ou gestionnaire et ce n’est pas ce qu’on attend de l’Observatoire). C’est pourquoi je trouve intéressant que l’Observatoire soit composé de personnes ayant partagé la démarche de construction du programme et qui puissent agir comme des vigies, tout au long du mandat.

Par exemple, si nous n’avons pas pu construire autant de logements que nous l’avions annoncé, est-ce par manque de volonté municipale, du fait de divergences internes, par exemple, sur la densification ou sur la typologie des logements à construire ? Ou est-ce parce que le foncier est trop cher, les moyens des bailleurs sociaux insuffisants, les aides de l’État inadaptées ?  Il me semble que c’est le rôle et l’intérêt d’un Observatoire de poser ces questions et d’y répondre : c’est en effet ce type de questions et de réponses qui est de nature à susciter du débat dans la majorité municipale et oblige les uns et les autres à prendre position.

A l’heure où s’avance la prochaine campagne des élections municipales, je pense que c’est aussi ce type de questions et de réponses qui peut nous aider à avoir une lecture à la fois critique et constructive du bilan municipal pour nous projeter dans l’avenir. Cette lecture doit s’effectuer à plusieurs niveaux : tout d’abord, les engagements que nous avions pris étaient-ils tous bons, légitimes ? étaient-ils à la hauteur des attentes, des défis à relever ? Ensuite, quels engagements avons-nous réussi à mettre en oeuvre ? Pourquoi avons-nous échoué à en réaliser quelques-uns ? Enfin, pour les engagements qui restent à réaliser et donc à reconduire, comment lever les obstacles à leur mise en oeuvre et, bien sûr, quels sont les engagements nouveaux que nous pouvons, devons prendre au regard de la situation actuelle, des attentes des Fontenaysien-ne-s, des valeurs que nous souhaitons porter ?

Cette phase de bilan et de construction des nouvelles propositions est passionnante à mener, à condition d’y intéresser le plus grand nombre possible d’habitant-e-s de la vill. Car c’est bien le contenu de ce que nous voulons porter, avant les tactiques et les alliances, qui doit guider notre réflexion sur les élections municipales et notre entrée dans la campagne électorale. Du « quoi » découlera ensuite le « qui ». C’est en tout cas le sens de ce que j’exprimerai, ce soir, lors de l’assemblée citoyenne du Front de gauche, qui abordera les enjeux liés aux élections municipales.

Au printemps de quoi rêves-tu ?

En ce moment, alors que nos esprits sont assaillis par la triste actualité et que le soleil tarde à venir réchauffer nos corps, il me revient souvent en tête les paroles de la chanson de Jean Ferrat que Jean-Luc Mélenchon avait citées à la fin de son très beau discours de Marseille, l’année dernière : « Au printemps, de quoi rêvais-tu ? ».

Ces paroles résonnent en moi parce qu’elles parlent de la possibilité d’espérer encore « que quelque chose change », à condition « que l’on se batte dans la rue » mais aussi parce qu’elles suffisent à me remémorer le formidable élan d’enthousiasme et d’espérance que nous avions collectivement construit et ressenti, l’année dernière, en menant la campagne du Front de gauche.

Mais ces paroles ne sont pas dénuées non plus d’une certaine mélancolie : pour celui ou celle qui lutte, le renoncement n’est jamais très loin, quelque part en équilibre avec la gratuité et l’entièreté de l’engagement. Par les temps qui courent, en particulier, il faut beaucoup de foi en l’espèce humaine et des convictions bien accrochées, pour continuer de penser que nous pouvons vivre ensemble autrement et mieux.

MARCHE-5MAICe dimanche, j’irai marcher de la Bastille à la Nation « contre la finance et l’austérité, pour une VIème République » et je souhaite que nous soyons nombreux, même si je sais que cette marche ne pourra être que le début (ou le recommencement) du long processus que nous devons engager pour que, nous, citoyen-ne-s, reprenions en mains notre avenir. 

Au printemps de quoi rêvais-tu?
Vieux monde clos comme une orange,
Faites que quelque chose change,
Et l’on croisait des inconnus
Riant aux anges
Au printemps de quoi rêvais-tu?

Au printemps de quoi riais-tu?
Jeune homme bleu de l’innocence,
Tout a couleur de l’espérance,
Que l’on se batte dans la rue
Ou qu’on y danse,
Au printemps de quoi riais-tu?

Au printemps de quoi rêvais-tu?
Poing levé des vieilles batailles,
Et qui sait pour quelles semailles,
Quand la grève épousant la rue
Bat la muraille,
Au printemps de quoi rêvais-tu?

Au printemps de quoi doutais-tu?
Mon amour que rien ne rassure
Il est victoire qui ne dure,
Que le temps d’un Ave, pas plus
Ou d’un parjure,
Au printemps de quoi doutais-tu?

Au printemps de quoi rêves-tu?
D’une autre fin à la romance,
Au bout du temps qui se balance,
Un chant à peine interrompu
D’autres s’élancent,
Au printemps de quoi rêves-tu?

D’un printemps ininterrompu

L’acte III de la décentralisation ne règlera rien au problème des inégalités sociales et territoriales en Ile-de-France !

Lundi soir, nous avions à l’ordre du jour du Bureau municipal, une discussion sur l’intercommunalité, à partir des dispositions contenues dans le projet d’acte III de la décentralisation (désormais découpés en trois projets de loi, présentés mercredi dernier en Conseil des ministres).

Certains de mes collègues, s’empressant de défendre le projet du Gouvernement, ont eu vite fait de faire passer les opposants à ce projet, dont je suis, pour des « conservateurs » qui refuseraient la solidarité entre communes franciliennes, voire pour des élus arc-boutés sur leurs bastions.

A propos des « bastions », et afin d’évacuer tout de suite cette question, je crois en effet que la proposition qui consiste à créer une métropole de Paris qui serait présidée par le Maire de Paris et gouvernée par les présidents des structures intercommunales, sans que les Maires aient voix au chapitre (ils seront réunis une fois par an dans une assemblée consultative !), est bien un moyen, pour le pouvoir socialiste, de casser les derniers pôles de résistance qui existent dans la petite couronne parisienne ou, pour le dire autrement, de déposséder de leur pouvoir les villes que le Parti socialiste n’a pas réussi à prendre par le suffrage universel (et qu’il ne risque pas de gagner en 2014, vu la politique menée au niveau national…).

Acte III Décentralisation 1Mais le fond du sujet n’est pas dans ce qui peut apparaître comme des querelles politiciennes, bien éloignées des préoccupations et des besoins des habitants. La vraie question, c’est de savoir si cet acte III de la décentralisation et, en particulier, les dispositions spécifiques à la région Ile-de-France vont apporter des améliorations à la situation que nous connaissons aujourd’hui.

Or, en Ile-de-France et, en particulier, en cœur de métropole, quel est l’enjeu pour vivre mieux ? Il s’agit de réduire les inégalités de richesses entre communes et entre territoires, notamment entre l’est et l’ouest de la région, afin de mieux répartir les logements accessibles, les équipements publics, les emplois, le réseau de transport…

Lundi soir, certains de mes collègues du Bureau municipal ont donc affirmé que la réduction des inégalités et une plus grande solidarité entre collectivités franciliennes, c’était bien là l’objet de l’acte III de la décentralisation. Je me suis employée à démontrer en quoi cette argumentation relève de l’incantation.

Quoi qu’on pense du meilleur niveau pour administrer une métropole (la ville de 50 000 habitants, l’intercommunalité de 300 000 habitants, le département de 1,5 millions d’habitants…), on ne peut tout d’abord pas concevoir qu’un projet de décentralisation, qui prétend réduire les inégalités sociales et territoriales et améliorer l’efficacité de l’action publique, ne traite pas de la question des finances et de la fiscalité !

Pourtant, dans les trois projets de loi qui constituent le projet d’acte III, il n’y a pas un mot, ou presque, sur ce sujet des ressources. La péréquation horizontale, c’est-à-dire les redistributions entre collectivités (les riches donnent aux pauvres), semble être le seul horizon. Or, si la péréquation horizontale est nécessaire, elle ne peut être suffisante. D’une part, parce que les critères de calcul sont sujets à caution : quand on sait qu’à l’heure actuelle, des villes comme Vincennes, Nogent-sur-Marne, Saint-Mandé n’alimentent pas le Fonds de solidarité de la région Ile-de-France, il y a de quoi se demander comment on définit la richesse d’une collectivité (le problème étant, en fait, que les charges qu’elle assume – ou pas, par exemple pour construire du logement social, sont prises en compte de façon marginale) !

D’autre part, les sommes redistribuées par le biais de la péréquation sont loin d’être au niveau des inégalités de ressources entre collectivités constatées en Ile-de-France. Ainsi, les promoteurs du projet d’acte III se gargarisent de la création d’un fonds de solidarité entre les départements d’Ile-de-France. Mais ce Fonds sera doté, chaque année de 60 millions ! Il suffit de rapporter cette somme au milliard de dette cumulée que l’État aura bientôt à l’égard du département de Seine-Saint-Denis, pour prendre conscience… que le compte n’y est pas !

En outre, le projet d’acte III n’aborde absolument pas la question de la fiscalité locale. Ainsi, le Gouvernement prétend accroître la décentralisation, c’est-à-dire décider de nouveaux transferts, sans remettre cause la logique entérinée par la suppression de la taxe professionnelle, qui vise à faire reposer l’essentiel des ressources fiscales des collectivités sur la fiscalité des ménages (pour les villes) et à supprimer l’autonomie fiscale des autres niveaux de collectivités (départements, régions). Obsédé par la question de la compétitivité, le Gouvernement ne pose pas la question de la contribution des entreprises au financement des services publics dont elle bénéficie sur le territoire sur lequel elles s’installent. Si la suppression de la taxe professionnelle avait permis de créer des emplois ou, au moins, d’arrêter d’en supprimer, on comprendrait  cette réticence mais chacun sait qu’il n’en est rien ! Il faut rappeler que la suppression de la taxe professionnelle a permis aux entreprises de faire une économie globale de 8 milliards d’euros… soit autant de ressources (ou presque) que l’État doit compenser aux collectivités territoriales, aggravant ainsi son déficit !

Acte III Décentralisation 2Pour en revenir aux enjeux propres à la métropole francilienne, il faudrait donc être convaincus que le simple fait de faire passer les compétences les plus essentielles d’une commune (en matière d’aménagement, de logement, de développement économique) à une structure intercommunale de 300 000 habitants (seuil plancher fixé par la loi) et de ces nouvelles structures intercommunales vers la métropole de Paris suffirait à résoudre le problème des inégalités en région Ile-de-France.

Outre l’aberration que représente cette intercommunalité à marche forcée sur le plan démocratique (les communes se verront imposer ces regroupements intercommunaux si elles ne les décident pas elles-mêmes avant le 1er janvier 2016), je suis plus que circonspecte sur les effets de tels regroupements.

Il y a tout d’abord le bilan que l’on peut tirer des intercommunalités existantes. Et je suis bien placée pour en dire quelques mots, travaillant moi-même dans une ville membre d’une jeune communauté d’agglomération, regroupant 9 communes et 400 000 habitants dans l’est parisien. Trois ans après sa création, cette communauté peine à démontrer quelle plus-value elle apporte aux habitants. Il faut dire que le bilan du transfert d’une des premières compétences, la collecte et le traitement des déchets ménagers, n’est pas loin d’être catastrophique, tant sur le plan du service rendu (qui s’est largement dégradé, au grand dam des Maires, qui songent à revenir en arrière concernant ce transfert) que sur le plan financier (le coût de la compétence « Déchets » a augmenté de près de 10 millions d’euros en deux ans, sans compter les marchés que les villes continuent de passer ou les prestations qu’elles effectuent en régie pour assurer la propreté dans leurs rues, alors qu’elles ne sont plus compétentes en la matière !). Et je ne m’étends pas sur les doublons administratifs et l’inflation de l’administration communautaire : en trois ans, 15 postes d’administrateurs territoriaux (ce qui correspond au grade de cadre supérieur de la fonction publique territoriale) ont déjà été créés ! Ce n’est pas moi qui blâmerai la création d’emplois publics mais, à l’heure où l’action publique doit être « plus efficace et moins coûteuse », ça fait désordre…

Ensuite, les défenseurs du projet d’acte III nous vantent, par exemple, le fait que le plan local de l’urbanisme sera désormais intercommunal ou encore que la métropole de Paris aura la charge d’élaborer un Plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement, comme si ce changement d’échelle allait, en un tour de mains, régler le problème de la construction de logements en Ile-de-France, de l’existence de zones de grande richesse côtoyant des territoires de relégation sociale.

Or, ce qui freine la construction de logements accessibles, c’est le fait que le foncier est trop cher en petite couronne et les moyens de réquisition des collectivités (qu’il s’agisse de réquisitionner le foncier ou les bâtiments vides) très limités. C’est le fait, encore, que les bailleurs sociaux n’ont plus les moyens de porter de nouvelles opérations. C’est le fait, enfin, que l’État ne parvient pas à faire respecter la loi obligeant les communes à construire 25% de logements sociaux. De tout cela, les projets de loi présentés ne disent rien ! Sur tout cela, l’acte III de la décentralisation ne règle rien !

A mon avis, le projet d’acte III de la décentralisation, qui conduira en fait à accélérer le désengagement de l’État et à accroître les inégalités entre territoires, est donc à revoir du début à la fin, et je ne suis pas la seule à le penser, dans ma famille politique, bien sûr, mais bien au-delà ! Il ne reste plus qu’à se faire entendre du Gouvernement sur ce sujet, comme sur bien d’autres, ce qui n’est pas mince affaire par les temps qui courent !

La baisse des allocations familiales, une mesure de justice sociale ?

La modulation des prestations familiales en fonction du revenu des ménages, autrement dit la baisse des allocations familiales pour les familles les plus aisées, est-elle vraiment une mesure de justice sociale ?

Au premier regard, oui. Pourquoi une famille qui gagne confortablement sa vie devrait-elle percevoir le même montant de prestations qu’un ménage pauvre ? Un rapide calcul suffit d’ailleurs à démontrer que là où l’allocation semble superflue, elle sera indispensable pour d’autres : ainsi, dans une famille avec 2 enfants dont les parents gagnent 10 000€, les allocations familiales (128.57€) représentent 1,3% de revenu supplémentaire tandis que dans une famille monoparentale avec 2 enfants dont le parent isolé est au SMIC, les allocations familiales apporteront un complément à hauteur de 11.5% de son revenu.

CQFD… mais cette analyse me semble trop facile.

Tout d’abord, cette proposition de moduler les prestations familiales en fonction du revenu méconnaît le principe d’universalité qui est attaché à certaines prestations et dont relèvent les allocations familiales. Au titre de sa politique familiale, l’État français aide toutes les familles à partir du 2e enfant et, ce, quel que soit leur revenu. En admettant que ce principe est légitime (pour ma part, j’y souscris), on peut se demander si les allocations familiales sont le meilleur moyen d’inciter les gens à faire des enfants.  Ne faudrait-il pas plutôt créer et garantir un service public de la petite enfance, défendre l’école maternelle à 2 ans, assurer l’égalité professionnelle des femmes et des hommes… ?

Par ailleurs, cette proposition est bien loin des enjeux auxquels doit répondre la réforme fiscale. Si on se place du point de vue de l’objectif de réduction du déficit (qui est loin d’être le plus cher à mes yeux…), on constate que l’hypothèse la plus « dure » de réduction des allocations familiales proposée dans le rapport Fragonard (qui considère qu’on est riches à partir de 3 885€ par mois pour une famille !) ne rapporterait que 1.55 milliard d’économies par an. Ce n’est pas une peccadille mais c’est quand même moins de 2% du déficit public annuel de la France.

Mais, surtout, sous couvert de justice sociale, cette proposition, dont on a indiqué qu’elle méconnaît le principe de prestation universelle, passe en fait à côté des enjeux réels de la redistribution en France. Si le Gouvernement considère (et il aurait raison de le faire !) que les riches doivent « payer plus », ce n’est pas en diminuant les prestations familiales qu’il atteindra cet objectif mais en engageant une réelle réforme de la fiscalité sur le revenu et sur le capital. 

Dans le cas de la politique familiale, comme de la sécurité sociale en général, ce n’est pas la prestation qui doit assurer la redistribution mais bien les prélèvements – prélèvements qui serviront ensuite à financer les prestations et qui doivent donc être effectués en fonction de la capacité contributive de chacun (c’est même inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Pour l’entretien de la force publique et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.»)

Or, en France, malgré la création, fin 2012, d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu (taux d’imposition de 45% pour les revenus dépassant 150 000€ annuels par part), il ne faut pas oublier que l’impôt sur le revenu est beaucoup moins progressif, donc moins redistributif, aujourd’hui qu’il y a 25 ans. Depuis 1991, le nombre de tranches d’imposition s’est en effet réduit et les tranches les plus élevées ont disparu. 

C’est bien pourquoi, avec le Front de gauche, nous avons proposé, pendant la campagne présidentielle et législative, une réforme de l’impôt sur le revenu (qui inclurait revenus du travail et revenus du capital), avec 14 tranches, allant jusqu’à 100 % d’imposition quand on atteint 20 fois le revenu médian pour une personne. Et on a estimé que cette réforme rapporterait 20 milliards d’euros ! De quoi financer bien des prestations familiales…

A toutes fins utiles, je rappelle aussi qu’au moment du débat sur la loi de finances 2013, les député-e-s du Front de gauche ont plus modestement, et en dernier ressort, proposé de taxer à 50 % la fraction de revenu supérieure à 380 000 euros. Proposition rejetée car jugée irréaliste par le rapporteur socialiste !

Source : www.justicefiscale.fr

Source : www.justicefiscale.fr

Avec cette proposition de baisser les allocations familiales pour les plus riches, le Gouvernement tente donc de se donner, à bon compte, une allure un peu « sociale ». J’aimerais que personne ne soit dupe, sachant que le même Gouvernement a décidé d’une hausse de la TVA, qui est l’impôt le plus injuste qui soit puisqu’il mobilise de façon tout à fait inégale la capacité contributive des familles. En clair, avec la TVA, les pauvres payent plus que les riches : pour un panier de courses à 100€, le « smicard » donnera 1.79% de son revenu en TVA quand le couple gagnant 10 000€ ne s’acquittera d’une taxe n’atteignant que 0,2% de son revenu.

Quand on veut s’attaquer aux privilèges des riches, il ne faut pas rester à la surface des choses… et, surtout, il ne faut pas nous prendre pour des imbéciles !

Spectale de contorsion pour le vote du budget municipal

Le public, nombreux, qui a assisté au Conseil municipal consacré au vote du budget, hier soir, a eu droit à un drôle de spectacle de contorsion.

Conseil municipal Budget 2013

Au début, tout avait commencé « normalement » : l’adjoint aux Finances, socialiste de son état, a présenté le budget, saluant le travail de la direction des finances et celui de tous ses collègues élus, soulignant la bonne gestion de cette ville qui nous permet de maintenir le cap de la solidarité et, ainsi, prendre notre part d’une politique de sortie de crise. Jusque là, on n’avait donc pas grand-chose à retrancher… Il a fallu ensuite attendre très longtemps (avec, notamment, trois interventions de la droite qui, avec 7 élu-e-s, a réussi la jolie performance de créer 3 groupes différents au cours de ce mandat !) pour que le représentant du groupe socialiste prenne la parole.

L’effet de surprise qu’était censé produire son discours avait été un peu éventé… heureusement, car le propos était assez confus et il fallait bien tendre l’oreille pour comprendre où l’orateur voulait en venir : certes, il reconnaissait que le budget présenté correspondait bien aux orientations politiques fondant l’accord de majorité municipale. Mais les graves dysfonctionnements constatés dans la « gouvernance », notamment sur la vente du terrain de l’A86 (décision adoptée par le groupe socialiste au précédent Conseil municipal et rapportant 10 millions de recettes à la ville) ou sur la construction de logements étudiants dans le vieux Fontenay (annoncée dans le Programme local de l’habitat), empêchaient son groupe de prendre part au vote sur le budget, tant il y avait urgence, selon eux, à dénoncer devant les Fontenaysiens ces manquements à la démocratie interne !

Triste démonstration : quand on n’a rien à dire sur le fond, on s’attaque à la forme car que dire aux Fontenaysiens ? Qu’il faudrait dans notre ville, comme au niveau national, augmenter les impôts (hausse de la TVA au niveau national contre gel des taux des impôts locaux depuis 3 ans), faire des cadeaux aux entreprises (20 milliards de crédits d’impôt quand nous continuons, à Fontenay, à faire payer les banques), rogner sur l’investissement public (reports ou annulations d’investissements de l’État pour plus d’un milliard d’euros annoncés fin 2012 alors que nous investissons 6.5 millions pour rénover la piscine et 1.4 million pour lancer les travaux de requalification de la Redoute…), ponctionner le pouvoir d’achat des ménages (SMIC bloqué à 1120€ nets, maintien du gel du point d’indice quand nous portons, à Fontenay, le SMIC pour un temps plein à 1450€ nets) ? Forcément, ce n’est pas très vendeur !

De son côté, le groupe communiste et citoyen, par la voix de Jean-Philippe Gautrais, a d’ailleurs souligné avec force que l’austérité ne conduisait qu’à l’impasse. Nous avons bien sûr défendu ce budget qui place notre ville, autant que faire se peut, comme un « bouclier social » face à la crise en faisant le choix de la solidarité, du développement social et écologique et de l’investissement public. Nous ne pouvions que dénoncer les intérêts tactiques ou politiciens qui devaient conduire certains à ne pas prendre part au vote sur ce budget. (voir des extraits de l’intervention ci-dessous).

On passa ensuite au vote. Le budget fut adopté avec les voix des élus communistes et citoyens, Parti de gauche, Europe Ecologie-Les Verts, Fontenay Ecologie et PRG et de 3 élus socialistes. Pour la première fois, donc, une partie des élus socialistes n’a pas adopté le budget, fait d’importance puisque le vote du budget est l’un des principaux marqueurs de la solidarité de gestion qui fonde une équipe municipale. Mais le fait le plus notable, à mon sens, c’est que le groupe socialiste, pour la première fois également, s’est divise. J’y vois le signe que certains n’ont pas voulu abdiquer leurs convictions pour servir les ambitions personnelles de leur « chef ». Et quand on sait comme le PS fait marcher à la baguette ses ouailles, on mesure qu’il faut un certain panache pour prendre une telle décision !

Le Maire, comme il se doit, a conclu les débats. Celles et ceux qui le connaissent l’ont senti touché par les attaques qui ont été portées contre sa pratique de Maire, lui qui s’est attaché, depuis qu’il est le premier magistrat de notre ville, à cultiver le dialogue, à soigner le rassemblement, à faire de la place à chaque élu, quelle que soit sa couleur politique.

Je dois dire que son discours, empreint à la fois d’intelligence, d’humilité et d’ambition pour la ville, n’a fait que renforcer l’estime que je lui porte et la fierté que j’ai de faire partie de son équipe. Une intervention dont nul n’aura oublié de prendre note pour l’avenir puisque Jean-François Voguet l’a conclue ainsi : « Je suis fier de l’action que nous menons ensemble. Je m’y consacre et m’y consacrerai dans les années à venir. »

Après les contorsions, certains vont devoir se mettre à la rame…

Extraits de l’intervention de Jean-Philippe Gautrais, au nom du groupe des élu-e-s communistes et citoyen-ne-s (à retrouver ici)

Nous abordons l’examen du budget 2013 dans un contexte politique, économique et social difficile : le mois dernier, à l’occasion du choix de nos orientations budgétaires, ma collègue Nathalie Coupeaux rappelait que la situation est dure pour les Fontenaysiens, qui n’échappent pas au quotidien qui se dégrade, à un avenir qui angoisse et à la difficulté de croire à des jours meilleurs qui viendraient après la cure de rigueur à laquelle nous sommes soumis. [...]

Avec le Front de gauche, nous avons dit et redit que nous ne croyons pas à l’austérité pour sortir de la crise. Il y a un mois, dans cette ville, nous avons d’ailleurs confirmé un choix tout à fait différent, en faisant de la solidarité un marqueur de nos orientations budgétaires, pour continuer à faire de notre ville « un bouclier social » face à la crise. [...]

Et, dans ce contexte difficile, nous faisons pourtant plus que maintenir la voilure. Nous nous efforçons d’aller au bout de nos priorités, au bout de nos engagements. Sur les 140 engagements que nous avions pris devant la population en 2008, 131 (soit 93%) se sont aujourd’hui concrétisés. [...]

Si nous avons pu, tout au long de ce mandat, continuer à innover, réaliser de nouveaux projets, tenir nos engagements, chacun doit mesurer à quel point nous le devons aux agents qui font vivre le service public. J’ai conscience, le groupe communiste et citoyen a conscience, que nous les soumettons à une pression quelquefois difficile à vivre. Mais nous savons aussi que leur conviction de participer à la mise en œuvre de politiques utiles pour les habitants est une source de motivation précieuse au quotidien. [...]

L’investissement public que nous réalisons est légitime pour continuer à faire de Fontenay une ville agréable, une ville à vivre pour tous mais aussi pour soutenir l’emploi, la relance dont notre pays a besoin.

Ainsi, avec ce budget, nous prenons nos responsabilités et mettons en œuvre, à notre échelle, une politique de sortie de crise. Le groupe communiste et citoyen soutient bien sûr ce budget parce qu’il marque l’attachement de notre majorité à construire des politiques au service des habitants, parce qu’il met les logiques de développement social et écologique au dessus des logiques financières, parce qu’il exprime avec force et ambition une vision de la ville de demain pour toutes et tous, solidaire, dynamique et démocratique.

Ce budget donne en effet à voir une ville bien gérée, relativement prospère dans une période de crise, sans que cette situation saine soit nullement due à la chance ou au hasard mais bien à des choix politiques assumés, renouvelés, d’année en année. [...]

Au nom de mon groupe, je tiens, à cet instant, à rappeler, avec beaucoup de force, la chance que nous avons en tant qu’adjoints, en tant que conseillers délégués, d’avoir un Maire qui sait déléguer les responsabilités, faire confiance à son équipe, laisser à ses collègues élus des vraies marges de liberté, de décision… dans leurs délégations respectives.

C’est ce qui vaut à ce budget d’être tout sauf « monochrome ». Il donne à voir la diversité de nos sensibilités, de nos engagements, ceux qui nous ont valu d’être très largement portés, ensemble, à la tête de cette ville.

Aucun élu, aucun groupe politique, autour de cette table, ne peut se réclamer seul de ce travail. Personne ne peut honnêtement s’en désolidariser. Ce budget est le fruit de longues années de gestion commune des forces de gauche, autour d’un projet pour Fontenay et les Fontenaysiens, que nous entendons bien poursuivre, enrichir, en continuant de nous ouvrir à ce qui fait la richesse de cette ville, à celles et ceux qui la font vivre.

C’est pourquoi, Monsieur le Maire, le groupe communiste et citoyen adoptera avec beaucoup de conviction et de fierté ce budget qui s’attache à remplir le contrat que nous avons passé avec les Fontenaysiens et qui reste notre cap, jusqu’au bout !

Droit de vote des résidents étrangers : qu’est-ce qu’on attend pour l’égalité ?

Il y a quelques jours, quatre projets de loi de révision de la Constitution ont été présentés en Conseil des ministres. Cette révision constitutionnelle viserait à élargir la responsabilité civile du chef de l’État (mais la question de son statut pénal est laissée de côté !), à réformer le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), à inscrire le dialogue social dans la Constitution, à interdire pour un ministre d’exercer un mandat exécutif local et enfin à en terminer avec le statut de membres de droit du Conseil constitutionnel des anciens présidents de la République.

Quel est le grand absent parmi ces projets ? Le droit de vote aux élections locales pour les résidents étrangers (hors Union européenne). Motif : la majorité des 3/5e n’est pas acquise au Parlement. Cela s’appelle abandonner une bataille avant même de l’avoir menée… et c’est d’autant plus honteux que cette mesure faisait déjà partie des promesses du président François… Mitterrand !

Consultation DDV des étrangersLe Front de gauche continue de se mobiliser pour obtenir le respect de cet engagement dès 2014. Ce week-end, à Fontenay, nous étions ainsi à la Fête de la Cité et des dizaines de personnes ont participé à la consultation citoyenne que nous avons lancée depuis le début de l’année. Dans le Val-de-Marne, le collectif « Droit de vote 2014″, qui regroupe différentes organisations politiques, syndicats et associations, organise, ce jeudi 28 mars à 18h30, à la Maison des syndicats de Créteil, une initiative-débat pour exiger que la révision constitutionnelle intègre le droit de vote des résidents étrangers. 

Ci-dessous le communiqué du collectif Droit de vote 2014 :

Le droit de vote des étrangers aux élections locales dès 2014 :
c’est important pour le « vivre ensemble » et la démocratie, c’est bon pour la République !

Le droit de vote et d’éligibilité des étrangers aux élections municipales ne figure pas dans les projets de loi constitutionnelle présentés au Conseil des ministres du 13 mars. Le collectif « Droit de vote 2014 » veut croire qu’il ne s’agit pas d’un abandon mais d’un simple délai de réflexion que se donnent le président de la République et le gouvernement.

Puisqu’il s’agit d’une modification constitutionnelle, la barre est haute à franchir. Avoir les trois cinquièmes des voix au Parlement réuni en congrès suppose que tous les efforts soient faits pour y parvenir. Le collectif « Droit de vote 2014 » considère que le temps du débat de conviction n’est pas révolu et qu’il convient de mettre les parlementaires devant leurs responsabilités : elles et ils ont le choix entre continuer à exclure de la citoyenneté une partie des résidents de nos communes, ou envoyer un message de reconnaissance et de dignité, message qui doit concrétiser cet enjeu de cohésion sociale et d’élargissement de la démocratie.

En 2013, je signe, en 2014, ils votentLe collectif « Droit de vote 2014 », qui regroupe plus de cent vingt organisations (associations, syndicats, partis politiques), va accentuer sa mobilisation auprès de la population et des parlementaires :

-          il appelle tous les collectifs locaux à continuer la mobilisation, en particulier le week-end du 6-7 avril, et à faire signer massivement la pétition –www.droitdevote2014.org – qui réunit déjà plus de quarante mille signatures ;

-          il demande instamment au président de la République et au Premier ministre d’engager, dans les prochaines semaines, la procédure de révision constitutionnelle permettant aux étrangers non communautaires de voter et d’être élus aux municipales de 2014.

Ne pas engager cette procédure serait non seulement ne pas honorer le programme politique sur lequel le candidat s’est engagé, mais aussi une faute politique qui marquerait négativement le quinquennat.