Oui à la laïcité, non aux discriminations !

Je m’associe pleinement à l’appel que plusieurs collectifs, défendant notamment les droits des femmes portant le voile, ainsi que des universitaires et des personnalités engagées à gauche ont publié, en cette date symbolique du 18 juin : « Appel du 18 juin 2014 : oui à la laïcité, non aux discriminations ».

L’appel, que vous trouverez ci-dessous, demande l’abrogation de la circulaire Chatel, qui interdit aux mères d’élèves de participer aux sorties scolaires, lorsqu’elles portent le voile. Dans ces lignes, je m’étais moi-même déjà insurgée contre cette humiliation faite à certaines femmes (pratiquée dans au moins une école de Fontenay) et avais rappelé mon opposition à la loi du 15 mars 2014, sur le port de signes religieux à l’école.

Cette position ferme n’enlève rien à mes interrogations sur le voile. Mais je m’interdis de porter un jugement sur celles qui font le choix de le porter et, surtout, je reste convaincue que la République ne peut être fidèle à elle-même quand elle fait le choix de l’exclusion, de la discrimination, de l’humiliation. Quant au repli communautaire, si souvent brocardé comme une menace et utilisé en réalité pour stigmatiser une seule religion, il serait temps de l’analyser davantage comme un symptôme que comme une cause d’une République qui va mal.

Partout, des exemples nous laissent heureusement penser que le vivre ensemble est toujours possible, bien qu’il nous appartienne de l’entretenir, de le développer comme un bien commun, à la fois fragile et précieux.

L’inauguration de la mosquée de Fontenay, hier, en présence de la communauté musulmane mais aussi des élu-es, des représentants des communautés juive et chrétienne, de Fontenaysien-nes en est une belle illustration. Je suis fière que ce projet, porté depuis de longues années par l’Association Cultuelle Musulmane Fontenaysienne, ait été soutenu par la municipalité (malgré l’opposition d’une partie de la majorité municipale d’alors). Ce fut « un moment de joie et un moment d’histoire pour notre ville », comme l’a justement souligné M. le Maire, un moment qui appartient à la communauté des citoyen-nes.

Appel du 18 juin : oui à la laïcité, non aux discriminations

Nous, femmes voilées interdites de sorties scolaires, mais aussi parents d’élèves, femmes, syndicalistes, politiques, militant-e-s associatifs, femmes et hommes politiques, intellectuel-le-s, citoyen-ne-s, lançons un appel pour le respect de la laïcité et la fin des traitements discriminatoires

A l’heure où la France fait la une des journaux du monde entier, où la patrie des droits humains est devenue la patrie du rejet des étrangers, des « autres », de toutes celles et de tous ceux qui ne correspondent pas à la norme dominante (blanc, homme, chrétien, riche…), nous lançons cet appel pour tenter un sursaut et faire émerger de l’intelligence, du désir d’être ensemble quelles que soient nos différences.

Parce que nous portons un foulard, nous n’avons pas le droit d’accompagner nos enfants aux sorties scolaires, mais nous avons le droit de nous présenter aux élections de délégués de parents d’élèves, nous avons le droit de siéger dans les conseils d’écoles, nous avons le droit de participer aux activités dans l’enceinte de l’école mais nous sommes surtout les bienvenues pour faire des gâteaux…

Nous ne pouvons pas trouver les arguments cohérents pour expliquer cela à nos enfants, sans parler des doutes et interrogations qu’ils vivent chaque jour face à l’exclusion de leur mère. Que penser à leur âge de la maltraitance subie par leur maman de la part de l’institution scolaire ?

Malgré la multiplication des agressions, des discriminations et des humiliations… que nous subissons chaque jour devant nos enfants, nos voisins, les parents d’élèves, les enseignants, nous poursuivons nos mobilisations et nos actions, pour que la laïcité, qui articule la neutralité des institutions et les libertés individuelles des citoyens, soit enfin respectée et appliquée.

Notre résistance face à toutes ces intimidations s’amplifie chaque jour afin de poursuivre notre but : citoyennes de ce monde, nous revendiquons l’égalité pour toutes. Nous exigeons l’arrêt des traitements discriminatoires.

Rien ne nous fera reculer, nous sommes déterminées à être présentes, engagées à part entière dans cette société, à l’école comme dans nos quartiers, au travail comme dans nos familles. Partout où nos droits sont bafoués.

Nous, signataires de cet appel, demandons l’abrogation de la circulaire Chatel, cette circulaire sexiste et islamophobe, ainsi que toutes les lois et circulaires discriminatoires qui l’ont précédée.

Islamophobie, discriminations, sexisme, injustice, inégalités, stigmatisation : ça suffit.

Nous invitons les femmes, les parents d’élèves, la société civile, les journalistes, les intellectuels, les enseignants, les politiques, les mouvements féministes et les associations à nous rejoindre et à soutenir ce combat : celui de la laïcité, celui de l’égalité, à mettre fin à ces peurs sans cesse agitées favorisant la montée de l’extrémisme qui contribue à monter les populations les unes contre les autres.

Aux Assises du Val-de-Marne, une victoire pour les droits des femmes

Ce mercredi 16 octobre, un homme a été condamné à trois ans de prison ferme par la cour d’assises du Val-de-Marne pour avoir violé son épouse. La cour a assorti cette condamnation de deux ans d’emprisonnement avec sursis et de l’inscription de l’accusé au fichier des auteurs de violences sexuelles.

Comme l’a déclaré l’une des avocates de la victime, « c’est une victoire » car le viol conjugal, bien qu’inscrit dans notre droit, reste peu reconnu et rarement renvoyé devant une juridiction criminelle. Beaucoup, dans la société, mais également parmi les magistrats, continuent de douter qu’on puisse parler de viol au sein d’un couple, quand bien même la femme subit des violences depuis de longues années (comme ce fut le cas dans cette affaire).

Il faut saluer le courage de la victime qui a refusé le huis clos afin de « parler au nom de toutes ces femmes qui ont subi des violences«  selon son autre avocate. C’est d’autant plus courageux qu’une fois de plus, la justice a été très longue à faire son oeuvre puisque le procès est intervenu près de trois ans après les faits.

Ce procès marque donc une victoire pour les droits des femmes mais illustre aussi, et une fois encore, le manque de moyens, dans notre pays, pour lutter contre les violences faites aux femmes. En tant qu’élue locale, je dois dire que la relative impuissance dans laquelle je me trouve pour répondre aux situations de violences conjugales m’est de plus en plus insupportable.

Heureusement, nous arrivons quelquefois à faire bouger un peu les choses. Récemment, avec mon collègue Jean-Philippe Gautrais, nous avons obtenu d’un bailleur qu’il raccourcisse la période de préavis, change les serrures et pose des portes « anti-squatt » pour un logement que venait de quitter une femme victime de violences et que continuait d’occuper illégalement son ex-compagnon.

Mais c’est une bien maigre avancée par rapport à tout ce que nous pourrions/devrions faire ! Pour le prochain mandat, je suis bien décidée à ce que nous mettions dans nos priorités la constitution et l’animation d’un réseau local contre les violences faites aux femmes. Ce réseau viserait à mettre autour de la table tous les acteurs concernés par le phénomène (services municipaux, services du Conseil général, bailleurs, police, justice, associations…) et permettrait à la fois de définir une politique locale de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes (actions de formation, de sensibilisation…) et de traiter de façon efficace, coordonnée et rapide un certain nombre de situations individuelles.

Fontenay dans le réseau des collectivités engagée pour l’égalité femmes-hommes

Ce mardi 14 mai, j’ai participé, à Bordeaux, à la 2ème rencontre nationale des collectivités signataires de la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale. Mon activité professionnelle me laisse peu de temps pour participer à ce genre d’événements : je le regrette car c’est toujours une respiration bienvenue de pouvoir écouter le témoignage d’autres élu-e-s, partager ses questionnements, confronter ses expériences…

Cette rencontre m’a aussi donné la satisfaction de constater que la ville de Fontenay-sous-Bois se situe plutôt bien parmi les collectivités mettant en oeuvre une politique pour les droits des femmes.

Conférence AFCCREEn effet, l’action en faveur des droits des femmes est encore trop peu considérée comme un champ de politique publique à part entière. C’est souvent un petit supplément d’âme ou une façon de se donner bonne conscience une fois dans l’année… par exemple le 8 mars. La conseillère au cabinet de la Ministre des Droits des femmes, Laure Kermen-Lecuir, nous disait qu’elle avait été surprise de constater, en arrivant au Ministère, qu’il y avait finalement peu d’élu-e-s délégué-e-s, dans les collectivités, aux droits des femmes et/ou à l’égalité.

Mais, quelquefois, ce sont les élues elles-mêmes qui s’enferment dans une vision réductrice de leur mission, quand elles ont une délégation aux droits des femmes : ainsi, nombreuses sont celles qui se plaignent de ne pas avoir de budget propre. Certes, disposer d’un budget est un élément d’autonomie et un signe de reconnaissance mais l’enjeu auquel nous devons nous atteler est plus vaste : l’action en faveur des droits des femmes et de l’égalité ne peut être sectorielle. Elle doit encore au contraire irradier, « chapeauter » l’ensemble des champs de l’action publique .

Or, peu de collectivités ont intégré le genre dans l’analyse de leurs politiques publiques. A Fontenay, nous sommes encore loin d’en avoir fait une démarche systématique mais nous progressons en ce sens. C’est d’ailleurs le principe qui préside au plan d’action local, que nous avons adopté l’année dernière et qui a été mis en ligne sur le site de l’Association Française du Conseil des Communes et Régions d’Europe, signe que l’action de la ville de Fontenay est reconnue au-delà de nos frontières !

Fontenay pour l'égalité

Dans les mois qui restent désormais pour terminer ce mandat municipal, j’aimerais avancer sur plusieurs sujets : la lutte contre les violences faites aux femmes (c’est, en partie, déjà acquis grâce au partenariat renforcé avec l’association HOME), la santé des femmes et le droit à disposer de leur corps avec notamment la campagne que nous allons lancer sur la contraception, le soutien à la pratique sportive des filles et des femmes et, enfin, le rôle exemplaire de la collectivité en tant qu’employeur.

Je compte également m’appuyer sur cette expérience pour que la thématique des droits des femmes et de l’égalité soit pleinement prise en compte au moment de la construction du programme pour les prochaines élections municipales.

Ce soir, le Conseil municipal agit pour les droits des femmes !

Ce soir, deux points importants concernant les droits des femmes seront soumis à l’approbation du Conseil municipal :

Tout d’abord, le Conseil municipal adoptera une convention entre la Ville et l’association HOME afin que l’association puisse développer son action sur notre territoire. Il s’agit, notamment, de permettre à l’association d’ouvrir un 2ème appartement-relais dans notre ville. Comme le premier, cet appartement-relais accueillera des femmes victimes de violences et en situation de grande précarité, afin de leur donner le temps de stabiliser leur situation personnelle et professionnelle et de pouvoir accéder à une solution de relogement pérenne. Pour ce faire, la Ville augmente la subvention qu’elle verse à l’association et met à disposition un agent municipal, dont le salaire sera en partie pris en charge par l’association.

Sur le sujet de l’accueil et de l’hébergement d’urgence, nous travaillons également à constituer un réseau avec d’autres villes du département, afin de disposer de solutions en dehors de Fontenay. J’ai bon espoir que ce travail aboutisse dans les mois qui viennent.

Par ailleurs, le Conseil municipal examinera un voeu relatif aux retombées des alertes sur les pilules contraceptives de 3ème et 4ème générations. A la dernière réunion de la commission municipale des droits des femmes, nous avions en effet eu un échange sur les conséquences des alertes lancées sur la pilule (arrêt brutal de la pilule, hausses prévisibles des demandes d’IVG…) et, donc, sur la nécessité que l’État mène, rapidement, une campagne d’information publique sur la contraception. A Fontenay, sans attendre, avec ma collègue, Françoise Garcia, adjointe à la Santé, nous avons décidé de décliner cette campagne, qui commencera dès le mois de juin et qui associera l’ensemble des acteurs locaux de la santé et de la jeunesse ainsi, bien sûr, que les associations œuvrant pour les droits des femmes.

Droit de vote des résidents étrangers : qu’est-ce qu’on attend pour l’égalité ?

Il y a quelques jours, quatre projets de loi de révision de la Constitution ont été présentés en Conseil des ministres. Cette révision constitutionnelle viserait à élargir la responsabilité civile du chef de l’État (mais la question de son statut pénal est laissée de côté !), à réformer le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), à inscrire le dialogue social dans la Constitution, à interdire pour un ministre d’exercer un mandat exécutif local et enfin à en terminer avec le statut de membres de droit du Conseil constitutionnel des anciens présidents de la République.

Quel est le grand absent parmi ces projets ? Le droit de vote aux élections locales pour les résidents étrangers (hors Union européenne). Motif : la majorité des 3/5e n’est pas acquise au Parlement. Cela s’appelle abandonner une bataille avant même de l’avoir menée… et c’est d’autant plus honteux que cette mesure faisait déjà partie des promesses du président François… Mitterrand !

Consultation DDV des étrangersLe Front de gauche continue de se mobiliser pour obtenir le respect de cet engagement dès 2014. Ce week-end, à Fontenay, nous étions ainsi à la Fête de la Cité et des dizaines de personnes ont participé à la consultation citoyenne que nous avons lancée depuis le début de l’année. Dans le Val-de-Marne, le collectif « Droit de vote 2014″, qui regroupe différentes organisations politiques, syndicats et associations, organise, ce jeudi 28 mars à 18h30, à la Maison des syndicats de Créteil, une initiative-débat pour exiger que la révision constitutionnelle intègre le droit de vote des résidents étrangers. 

Ci-dessous le communiqué du collectif Droit de vote 2014 :

Le droit de vote des étrangers aux élections locales dès 2014 :
c’est important pour le « vivre ensemble » et la démocratie, c’est bon pour la République !

Le droit de vote et d’éligibilité des étrangers aux élections municipales ne figure pas dans les projets de loi constitutionnelle présentés au Conseil des ministres du 13 mars. Le collectif « Droit de vote 2014 » veut croire qu’il ne s’agit pas d’un abandon mais d’un simple délai de réflexion que se donnent le président de la République et le gouvernement.

Puisqu’il s’agit d’une modification constitutionnelle, la barre est haute à franchir. Avoir les trois cinquièmes des voix au Parlement réuni en congrès suppose que tous les efforts soient faits pour y parvenir. Le collectif « Droit de vote 2014 » considère que le temps du débat de conviction n’est pas révolu et qu’il convient de mettre les parlementaires devant leurs responsabilités : elles et ils ont le choix entre continuer à exclure de la citoyenneté une partie des résidents de nos communes, ou envoyer un message de reconnaissance et de dignité, message qui doit concrétiser cet enjeu de cohésion sociale et d’élargissement de la démocratie.

En 2013, je signe, en 2014, ils votentLe collectif « Droit de vote 2014 », qui regroupe plus de cent vingt organisations (associations, syndicats, partis politiques), va accentuer sa mobilisation auprès de la population et des parlementaires :

-          il appelle tous les collectifs locaux à continuer la mobilisation, en particulier le week-end du 6-7 avril, et à faire signer massivement la pétition –www.droitdevote2014.org – qui réunit déjà plus de quarante mille signatures ;

-          il demande instamment au président de la République et au Premier ministre d’engager, dans les prochaines semaines, la procédure de révision constitutionnelle permettant aux étrangers non communautaires de voter et d’être élus aux municipales de 2014.

Ne pas engager cette procédure serait non seulement ne pas honorer le programme politique sur lequel le candidat s’est engagé, mais aussi une faute politique qui marquerait négativement le quinquennat.

Femmes en résistance : exposition à la Halle Roublot

Cette année, à Fontenay, nous avions décalé la traditionnelle réception organisée pour la Journée internationale des droits des femmes à ce mardi 19 mars pour ne pas tomber en pleines vacances scolaires. Toute cette semaine, d’autres initiatives sont organisées : vous pouvez retrouver le programme en ligne.

Nous avions aussi décidé de changer la forme de cette réception : en partenariat avec le service culturel, nous l’avons ainsi organisée en même temps que le vernissage de l’exposition de portraits de « Femmes en résistance », réalisés par Pierre-Yves Ginet. Vous pouvez voir cette exposition et sa déclinaison locale « Fontenaysiennes en résistance » » à la Halle Roublot.

Je retranscris ci-dessous le discours que j’ai prononcé à cette occasion, avec quelques photos de l’événement :

Mesdames, Messieurs,

Cher-e-s ami-e-s,

Réception Halle RoublotCette année, nous célébrons donc le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes un peu en décalé. Comme le 8 mars tombait cette année en pleines vacances scolaires, nous voulions que le plus grand nombre d’entre vous puisse participer à ce moment à la fois convivial et revendicatif, où les femmes – et les hommes qui les soutiennent ! – rappellent le chemin qui reste à parcourir vers l’égalité.

Depuis plusieurs années, de toute façon, nous étalons le 8 mars sur plusieurs journées. C’est lié à la richesse des initiatives proposées, tant par les services municipaux que par les différents partenaires institutionnels et, bien sûr, par les associations locales.

J’y vois aussi une façon de rappeler que le 8 mars ne peut pas être une journée « alibi », un moment où l’on se donne bonne conscience pour les 364 jours restants dans l’année. Ainsi, nous nous inscrivons d’ores et déjà dans la campagne lancée par le Ministère des droits des femmes « Le 8 mars, c’est toute l’année ! » et nous comptons bien faire apparaître la ville de Fontenay-sous-Bois dans le calendrier de l’égalité proposé par le Ministère.

A propos de ce Ministère, j’avais souhaité, l’année dernière, que nous retrouvions, à l’occasion d’un changement à la tête du pays, un ministère de plein exercice pour les droits des femmes. C’est chose faite depuis 10 mois et c’est une bonne nouvelle !

Des décisions ont été prises, qui vont dans le bon sens : la nomination d’un gouvernement paritaire, l’adoption d’une nouvelle loi sur le harcèlement sexuel, le remboursement de l’IVG à 100% et la gratuité de la contraception pour les 15-18 ans, la création de 1600 places d’hébergement d’urgence et la création d’un Observatoire national des violences faites aux femmes.

Je salue ces décisions. Mais je sais aussi que le Ministère des droits des femmes ne pourra être pleinement utile s’il est un îlot isolé dans l’action gouvernementale.

Atelier théâtreOr, le contexte économique et social que nous connaissons, et les choix politiques qui sont faits pour y faire face, sont inquiétants pour la société toute entière et pour les femmes en particulier car nous savons qu’elles sont les premières à pâtir de la crise. L’égalité n’est absolument pas compatible avec l’austérité !

Heureusement, les femmes debout, les « femmes en résistance » ne manquent pas, comme nous le montre cette exposition de portraits de femmes, réalisés par Pierre-Yves Ginet, que nous vous proposons de découvrir ce soir.

Ces portraits permettent de sortir du stéréotype de la femme victime. Bien que les femmes, partout dans le monde, soient plus vulnérables à la pauvreté, à l’absence d’éducation, aux guerres, aux maladies…, Pierre-Yves Ginet nous rappelle qu’elles sont nombreuses à œuvrer pour la reconnaissance et le respect des droits humains fondamentaux.

Sur proposition de l’artiste, nous avons souhaité donner une déclinaison locale à cette exposition de « femmes en résistance ». Vous pouvez donc aussi découvrir sur les murs onze portraits de Fontenaysiennes.

Je les remercie d’avoir bien voulu participer à ce projet car je sais que leur parcours, leur engagement se caractérisent avant tout par la discrétion. Qu’elles soient à la tête d’une maison d’édition militante, investie dans la vie lycéenne, chercheure engagée dans le combat contre l’amiante, présidente d’une amicale de locataires… : elles sont nos héroïnes du quotidien.

Par leur action au service des autres, par leur engagement associatif ou personnel, par leur volonté de marcher toujours la tête haute, elles résistent à l’indifférence, à l’individualisme qui gangrènent notre société. Elles créent, tissent, renouent des liens dans notre cité. Elles incarnent l’espoir d’un monde plus juste et plus solidaire. En cela, sûrement, elles donnent raison au poète qui déclarait que « la femme est l’avenir de l’homme ».

PhotographesElles prêtent un visage à toutes les autres femmes, celles qu’on aurait aussi pu mettre à l’honneur dans cette exposition, mais également celles qui ont perdu la force ou l’envie de se battre.

Elles nous invitent à poursuivre notre action pour toutes les femmes, pour le respect de nos droits, pour l’égalité.

Pour cette dernière année de mandat municipal, nous travaillerons bien sûr à la mise en œuvre du Plan d’actions local pour l’égalité, adopté l’année dernière. J’ai souhaité – et j’en terminerai par là – que nous mettions tout particulièrement l’accent sur les priorités suivantes :

-         affirmer le rôle exemplaire de la ville de Fontenay-sous-Bois en tant qu’employeur ;

-         améliorer notre dispositif d’accompagnement pour les femmes victimes de violences : nous travaillons en ce moment avec l’association Home, dont je salue l’action, pour ouvrir un autre appartement-relais dans la ville, en partenariat avec Valophis, le bailleur départemental ;

-         encourager la pratique sportive des filles et des femmes, en mettant en place une bourse aux projets des clubs sportifs ;

-         défendre la santé des femmes et le droit à disposer de leur corps avec une grande campagne sur la contraception, qui fera suite à la polémique sur la pilule dont on voit déjà les effets désastreux dans les centres IVG et une campagne de prévention des cancers du sein pour inciter les femmes à participer au dépistage.

Bien sûr, toutes ces actions ne verront le jour qu’en partenariat avec mes collègues élu-e-s, avec les services municipaux, avec les partenaires institutionnels concernés et avec les associations locales. Le combat pour l’égalité ne sera victorieux que s’il est partagé !

Pour l’organisation et l’animation de cette soirée, je salue, en particulier, mon collègue Michel Tabanou et le service culturel de la Ville ainsi que Jacqueline Matrat et Clémentine Bretagnolle pour la mission Droits des femmes et, bien sûr, les élèves de l’école de théâtre, les lycéens de Picasso et les participants à l’atelier théâtre dans les quartiers Jean Zay et les Larris.

Merci pour votre engagement et votre travail !

Pourquoi les maisons de naissance ne me semblent pas une bonne idée

Ces jours-ci, les parlementaires ont à se prononcer sur une proposition de loi, présentée par Muguette Dini, sénatrice UDI, visant à relancer l’expérimentation des maisons de naissance en France.

Les maisons de naissance se veulent une alternative à l’accouchement à l’hôpital, pour mettre au monde son enfant « comme à la maison ». Comprenez : un accouchement qui se passe sans hospitalisation et sans médecin, donc sans péridurale. Seules seront admises les femmes dont la grossesse est normale et sans complication particulière.

La proposition de loi prévoit, en outre, que les maisons de naissance soient situées près d’une maternité, afin de réagir dans les meilleurs délais en cas de problème. En effet, le critère de la grossesse « normale » est un peu trompeur car, comme le soulignent un certain nombre de professionnels, une brusque souffrance fœtale ou un cordon qui se coince ne sont pas prévisibles…

La proposition d’expérimenter les maisons de naissance me laisse assez sceptique. Même si j’entends le souhait de certaines femmes d’accoucher plus naturellement, je ne suis pas sûre que ce soit vraiment à cette aspiration qu’on cherche à répondre avec cette proposition, surtout  quand j’entends les partisans des maisons de naissance brandir l’argument du moindre coût d’un accouchement dans une telle structure (600€ contre 1200€ pour un accouchement à l’hôpital, la belle affaire !).

Je me méfie aussi des discours sur la sur-médicalisation de l’accouchement, tout d’abord parce que cette médicalisation fait encore défaut dans bien des pays du monde, alors que la France a aujourd’hui un taux de mortalité infantile (3,37 enfants pour 1000 naissances) parmi les plus bas du monde.

Je crois que ce n’est pas la médicalisation en elle-même qui pose problème mais la médicalisation sans les moyens humains. Ainsi, Marie-José Keller, présidente du conseil de l’ordre des sages-femmes explique : « Par manque de personnel, on aboutit à une prise en charge technicisée. Quand une sage-femme suit trois ou quatre accouchements, il faut un monitoring et une péridurale pour pouvoir aller de l’un à l’autre. »

A mon avis, plutôt que de développer les maisons de naissance, c’est donc bien ce problème qu’il faut régler : redonner à l’hôpital public en général, et aux maternités en particulier, les moyens d’accueillir les patient-e-s avec humanité, en leur accordant le temps et l’attention nécessaires, au-delà du simple traitement médical. Et, ça, ce n’est pas l’austérité qui va nous y aider…!

Sur la venue de Jean-Claude Brisseau au cinéma Le Kosmos vendredi 8 mars prochain

Hier, au Bureau municipal, certain-e-s de mes collègues de la majorité municipale se sont émus que le cinéma municipal, le Kosmos, accueille le vendredi 8 mars prochain, le cinéaste Jean-Claude Brisseau, pour une rencontre-débat à l’issue de la projection de son film « La fille de nulle part ».

La raison de cette émotion ? Jean-Claude Brisseau, connu notamment pour son film « Noce blanche », a été condamné, en décembre 2005, à un an de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour harcèlement sexuel sur deux actrices à qui il avait demandé d’accomplir des actes érotiques lors d’auditions pour son film « Choses secrètes ».

Pour mes collègues, qui se sont exprimés hier, il apparaît donc peu approprié d’inviter un tel personnage à parler de son film le 8 mars, c’est-à-dire le jour même de la Journée internationale des droits des femmes. Pour ma part, je dois dire que je n’avais pas entendu parler de cette rencontre-débat avant ce début de polémique…

A toutes fins utiles, je commence donc par préciser que la programmation de cette rencontre le 8 mars est un hasard, fâcheux, mais un hasard quand même. Il ne s’agit évidemment pas d’une des initiatives que la délégation aux droits des femmes organise et/ou soutient dans le cadre de cette Journée internationale visant à sensibiliser l’opinion publique aux combats des femmes pour l’égalité. D’ailleurs, cette année, la majorité des événements prévus, dont une projection-débat au Kosmos, sont décalés à la rentrée des vacances scolaires afin de toucher le plus de monde possible.

Sur le fond de l’affaire, il est toujours délicat de se prononcer à la lecture des seuls articles de presse. Certains disent que Jean-Claude Brisseau est le symbole même du harcèlement sexuel qu’un homme en position dominante (en l’occurrence, un réalisateur) peut exercer sur des jeunes femmes en situation de faiblesse (en l’espèce, des actrices en quête d’un rôle), quand d’autres insistent sur l’ostracisme dont ce réalisateur talentueux serait l’objet du fait de son extraction modeste et de son anticonformisme.

Il y a un fait, en tout cas : Jean-Claude Brisseau a bel et bien été condamné par la Justice pour des faits de harcèlement sexuel. Pour ma part, j’aurais donc préféré que le cinéma municipal ne prenne pas l’initiative d’une rencontre avec lui. Même si M. Brisseau a le droit, comme tout un chacun, d’exercer sa liberté de création, je ne crois pas qu’on puisse considérer, voire admirer, l’œuvre d’un artiste indépendamment des comportements ou des idées que celui-ci adopte ou défend en tant qu’individu-citoyen.

Ainsi, pour moi, le problème n’est pas que cette rencontre soit organisée le 8 mars : même si je suis bien placée pour comprendre la charge symbolique particulière liée à la Journée internationale des droits des femmes, je ne pense pas qu’un individu puisse être déclaré persona non grata un jour et fréquentable le reste de l’année, sauf à considérer que le 8 mars sert seulement à se donner bonne conscience.

Puisque cette rencontre est programmée, je ne doute pas qu’il y aura dans le public, vendredi soir, suffisamment de monde pour rappeler, si nécessaire, que Fontenay est une ville dont le cœur bat pour les droits des femmes, le 8 mars… et tous les autres jours de l’année.

Pourquoi je défends le mariage pour tou-te-s, avec le droit à l’adoption et l’accès à la PMA

Affiche Mariage pour tous 1Dimanche, je n’étais pas dans la rue pour défendre le mariage pour tou-te-s. Un week-end à Amsterdam, prévu de longue date, m’en a empêchée (Amsterdam : une ville très agréable, à taille humaine et à l’architecture surprenante, que j’ai beaucoup appréciée, si on excepte les femmes en vitrine, vendues comme des marchandises).

Pour en revenir au mariage pour tou-te-s, j’étais de cœur et d’esprit avec les manifestant-e-s et je me réjouis du succès populaire rencontré par cette manifestation. J’avoue avoir été assez surprise, ces dernières semaines, par la violence des propos entendus à l’encontre des personnes homosexuelles. Je pensais que c’était de l’histoire ancienne…

Je pensais également que François Hollande ferait de ce sujet dit « sociétal » un marqueur de son mandat. Au contraire, en n’intégrant pas l’accès à la procréation médicale assistée dans le projet de loi, en restreignant l’adoption aux couples mariés, pire en invoquant la liberté de conscience pour les Maires, François Hollande donne l’impression, une nouvelle fois, de louvoyer, d’hésiter…

Je ne partage pas l’avis de ceux, comme ces 15 députés socialistes de la « Gauche populaire » qui ont récemment interpelé le Gouvernement, qui pensent que le mariage pour tous est un sujet « de niche », en claire une réforme secondaire. Aimer librement est un droit constitutif de l’humanité, au même titre que boire, manger, travailler, se soigner : ça fait partie des « produits de haute nécessité », pour reprendre le titre d’un Manifeste que j’affectionne tout particulièrement.

Alors, bien sûr, les opposants au mariage pour tous vous expliquent qu’ils n’ont rien contre les homosexuels, que la raison pour laquelle ils se battent, c’est le droit des enfants. Ils invoquent à tout bout de champ la nature pour justifier qu’une famille, ça soit un père et une mère. Quid de la nature quand celle-ci interdit à un homme et une femme de faire des enfants ?

Affiche Mariage pour tous 2Pour ma part, qu’il s’agisse de l’adoption, qui se réalise aujourd’hui quasi-exclusivement à l’étranger, avec les dérives et les problèmes éthiques que ça pose ; ou qu’il s’agisse de la procréation médicalement assistée, où tout est fait pour gommer le géniteur, je pense que les questions liées à la filiation, à la parentalité… méritent d’être réinterrogées. .

Mais il n’y a aucune raison que ces questionnements, aussi essentiels soient-ils, servent de prétexte pour discriminer les homosexuels. Soit on décide de les reposer en grand et pour tout le monde, soit on donne les mêmes droits à tou-te-s, tout de suite.

 

« Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique) » (extrait du Manifeste pour les produits de haute nécessité).

Encore un 25 novembre pour dire stop aux violences faites aux femmes !

Ce dimanche, nous serons le 25 novembre, la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, ainsi qu’en a décidé l’ONU en 1999.

Campagne nationale contre les violences faites aux femmes

Après bientôt 5 ans de mandat municipal, exercé à la tête de la délégation aux droits des femmes et pour l’égalité, j’ai l’impression que les années se suivent et se ressemblent. Malheureusement, il est vrai que les chiffres n’évoluent quasiment pas : chaque année, 75 000 femmes sont violées et plus de 150 meurent sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon. A peine 10 % des femmes violées portent plainte et environ 2 % des violeurs sont condamnés. Le harcèlement sexuel touche 40 % des femmes en Europe.

Il est quand même nécessaire de rappeler ces chiffres, en prenant bien le temps de se représenter ce qu’ils signifient.

Alors, que peut-on faire quand on est élu-e local-e ? Participer, tout d’abord, à toutes les actions de sensibilisation. C’est ce que je ferai ce week-end, en participant à la Mirabal, une marche-course pour l’égalité, organisée par l’association Tremplin 94, au parc du Tremblay. C’est la 3ème année consécutive que cet événement est organisé et c’est une belle réussite !

Dimanche après-midi, j’assisterai à la clôture de la Quinzaine de la solidarité internationale, où nous écouterons les témoignages de femmes qui mènent des combats ici et là-bas, notamment au Mali, pour leur dignité et leur liberté. Cet événement m’empêchera d’être à la manifestation organisée à Paris : la manifestation partira à 14h de Bastille pour aller au Ministère de la Justice, afin de réclamer une loi-cadre contre les violences faites aux femmes.

Lundi soir, je serai au cinéma Le Kosmos pour une projection, organisée par Femmes solidaires, du film « Les femmes du bus 678″ de Mohammed Diab, qui raconte l’histoire de 3 femmes, habitant Le Caire, qui s’unissent pour combattre le harcèlement pesant que leur font endurer au quotidien des hommes, dans les rues et dans les bus. Cette projection sera suivi d’un débat et sera l’occasion de parler de ce que nous pouvons faire au niveau local.

Car, bien sûr, notre action ne s’arrête pas au 25 novembre et, ce, même si nous ne disposons pas de toutes les ressources, de toutes les compétences, au niveau local, pour venir à bout du phénomène des violences faites aux femmes. En début d’année, le Conseil municipal a adopté un plan d’actions pour l’égalité des femmes et des hommes au niveau local. La mise en oeuvre d’une politique locale contre les violences faites aux femmes en constitue évidemment un axe important.

L’objectif est de créer un réseau efficace au niveau local afin qu’une femme qui dénonce les violences dont elle est victime puisse être accompagnée de la façon la plus coordonnée et la plus efficace possible. Ainsi, le Centre Communal d’Action sociale est dorénavant pourvu d’une référente spécifique pour plus d’efficacité dans l’écoute et le déclenchement des réponses. De plus, nous travaillons ardemment sur la question de l’hébergement des femmes victimes de violences conjugales : traitement prioritaire de leurs demandes de logement, action en synergie avec les bailleurs sociaux de la ville pour qu’ils les prémunissent au niveau juridique, en inscrivant leur nom au bail ou en rayant le nom de leur mari violent.

Nous tâchons aussi de développer des logements d’urgence sur notre territoire : depuis plusieurs mois, l’association Home, que nous soutenons et qui fait un travail remarquable,  gère un appartement-relais. Avec l’association, nous avons le projet d’ouvrir au moins un autre appartement de ce type d’ici mi-2013 mais nous proposons aussi aux villes voisines d’adopter le même dispositif : en effet, il apparaît primordial de multiplier ces lieux d’accueil sur le département, pour que nous puissions aussi être en mesure, par-delà nos compétences territoriales, de proposer des solutions d’hébergement hors de la ville.

Enfin, nous essayons également de travailler avec la police, mais nous constatons que les moyens font encore trop souvent défaut et qu’il subsiste des difficultés sur le dépôt et le suivi des plaintes. Sur ce plan-là, seul l’État peut agir !

Publication dans Le Parisien daté du 23 novembre