Donner une belle victoire à la gauche le 30 mars !

48 heures après le premier tour des élections municipales, certains enseignements semblent clairs : un vote-sanction contre le Gouvernement, en particulier dirigé contre le Parti socialiste (et dont pâtissent les autres forces de gauche, à commencer par le PCF-Front de gauche, quand elles lui sont alliées) ; une abstention élevée, notamment dans les quartiers populaires ; une droite en reconquête ; un Front national en progression (même si cette progression devra aussi se jauger en nombre de voix) et un certain nombre de villes de gauche qui ne seront « sauvées » dimanche prochain qu’au prix de triangulaires avec ledit Front national.

A Fontenay, au regard de tous ces paramètres, on apprécie d’autant mieux le beau score réalisé par la liste « Fontenay pour tous », qui recueille 48,4% des suffrages exprimés, soit 8055 voix, loin devant la droite (30,31%), le Parti socialiste (13,05%) et la liste de centre-droit (8,22%). En revanche, on ne peut se féliciter du taux de participation (52,10%), en baisse par rapport en 2008 (-2,66%) et légèrement en-dessous du taux de participation départemental (52,78%). Cependant, je note que la participation a été meilleure à Fontenay que dans la plupart des villes populaires du département (par exemple, l’abstention a largement passé la barre des 50% à Vitry et à Créteil et, dans une moindre mesure à Ivry et à Villejuif).

Les nombreuses discussions au porte-à-porte, dans les points de rencontre qui nous ont permis de convaincre certains abstentionnistes et de gagner des voix, une par une, ont sans doute porté leurs fruits. L’abstention reste néanmoins très élevée dans certains bureaux de la ville, implantés dans les quartiers les plus populaires (La Redoute, une partie des Larris, de Bois Cadet et de Jean Zay) mais, dans ces mêmes bureaux, les électeurs qui se sont déplacés ont massivement placé en tête la liste « Fontenay pour tous » (qui y dépasse largement les 50%, voire les 60%), nous accordant une confiance qui nous oblige et qui constitue – doit constituer – un socle pour l’avenir.

Comme je l’écrivais dans un précédent billet, cette campagne nous a en effet permis de déployer une dynamique et un engagement citoyens inédits. Il ne s’agit pas de les mettre sous cloche jusqu’à la prochaine fois… ce serait d’ailleurs difficile ! Par contre, il nous appartient de donner à cet engagement citoyen un espace pour grandir, s’affirmer, y compris en nous bousculant ! Bien sûr, nous devrons innover pour être une ville vraiment citoyenne, avec des pratiques démocratiques renforcées. De sujets apparemment techniques (la Métropole du Grand Paris, les règles locales d’urbanisme…), il nous faudra faire des enjeux de mobilisation populaire. C’est à ce prix que nous pourrons mettre en oeuvre le programme que nous proposons aux électrices et électeurs.

Mais j’y reviendrai une fois que nous serons élus… car il reste encore le deuxième tour ! Et ce n’est jamais une formalité, même si la droite ne semble pas en position de reconquête. En effet, elle perd en pourcentage (-2,35%) et en voix (-560 voix) par rapport à 2008, dans un contexte national pourtant plus favorable pour elle. Sans doute la liste conduite par Murielle Michon a-t-elle capté une partie de son électorat : à ce sujet, et bien que la tête de liste elle-même n’ait pas donné de consigne de vote, l’appel sans conditions et sans délais du MODEM, qui soutenait cette liste, à voter pour le candidat de droite aura eu raison des illusions des quelques-uns qui pensaient trouver là une alternative « ni de gauche, ni de droite ».

Quant au score du Parti socialiste (13,05%), il se passe de commentaires trop longs.  La déception affichée par M. Bédouret et ses colistiers, qui espéraient  »donner un nouvel élan à Fontenay » et, pour cela lui offrir un maire socialiste, en dit déjà beaucoup du décalage qu’il y a entre les aspirations populaires et les pratiques et solutions qu’une partie des responsables socialistes s’obstinent à proposer.  M. Bédouret a choisi de se contenter d’un appel à battre la droite, sans fusion des listes : je crois que ce choix convient au plus grand nombre des militant-e-s, tant la gestion municipale et la campagne agressive du Parti socialiste, en plus de nos graves divergences au plan national, nous avaient éloignés ces derniers mois.

Je pense néanmoins aux 2173 électeurs socialistes : pour moi, ils continuent de représenter une force vivante de la gauche. Je vois dans leur vote l’expression d’un attachement au pluralisme, qui caractérise l’histoire et l’identité de notre ville depuis 49 ans. A l’aube du second tour, je ne doute pas que la majorité d’entre eux saura apprécier le renouvellement, la diversité des parcours et des sensibilités que porte notre liste conduite par un homme intègre et expérimenté et qu’ils sauront reconnaître, dans le programme « Fontenay pour tous », les valeurs de gauche qui sont notre bien commun et notre seule issue dans le marasme actuel.

En avant, donc, pour donner à la gauche solidaire, écologiste et citoyenne, une belle victoire, dimanche 30 mars, à Fontenay !

Vote d’importance au Conseil municipal sur la modification du PLU

Ce soir, au Conseil municipal, nous avions à examiner la modification du Plan local de l’urbanisme.

Dans ses grandes lignes, cette modification visait, d’une part, à rendre possibles plusieurs opérations de logements et, d’autre part, à permettre une opération de bureaux sur le désormais fameux terrain dit de la boucle de l’A86.

Ce dernier point a donné lieu à de nouvelles tensions dans la majorité municipale. Entre accusations de fraude à peine voilées à l’encontre du Maire (qui aurait vendu le terrain à un prix trop bas, ce qui a été démenti par une étude financière indépendante), critiques sur la « gouvernance » (le Maire n’aurait pas suffisamment associé ses adjoints dans la conduite de ce dossier) et supposée compromission vis-à-vis du grand capital (sachant que la critique nous est adressée par des élu-e-s dont les organisations politiques participent actuellement à la politique gouvernementale, ça ne manque pas de saveur !), pour certains de mes collègues, tous les arguments semblaient bons pour faire obstacle à cette opération.

A mon avis, ce que lesdits collègues ont du mal à accepter, ce n’est pas qu’on autorise la construction de bureaux, certes par un grand groupe capitaliste (BNP Paribas Immobilier), sur un terrain où il était de toute façon inenvisageable, du fait de son emplacement et de sa typologie, de bâtir des logements ou un équipement public.

Ce qu’ils ne digèrent pas et, ce, pour des raisons purement politiciennes, à l’approche des élections municipales, c’est que cette opération rapporte 10 millions d’euros de recettes à la Ville. En effet, ces 10 millions, c’est autant d’argent que nous pouvons dès à présent consacrer au développement du service public, au service des Fontenaysiens et pour répondre à leurs besoins. Ce n’est pas rien à un moment où les collectivités territoriales se débattent dans des difficultés budgétaires de plus en plus grandes. Et, évidemment, ça rend la critique plus difficile pour ceux qui briguent la tête de notre ville…

Pour ma part, c’est ce que j’appelle une gestion efficace et responsable et je suis très heureuse que nous puissions la mettre au crédit de notre Maire, Jean-François Voguet. Je salue les élu-e-s qui ont permis que ce point soit adopté, à une courte majorité, certes, mais qui comptera pour l’avenir.

Ce soir, le Conseil municipal agit pour les droits des femmes !

Ce soir, deux points importants concernant les droits des femmes seront soumis à l’approbation du Conseil municipal :

Tout d’abord, le Conseil municipal adoptera une convention entre la Ville et l’association HOME afin que l’association puisse développer son action sur notre territoire. Il s’agit, notamment, de permettre à l’association d’ouvrir un 2ème appartement-relais dans notre ville. Comme le premier, cet appartement-relais accueillera des femmes victimes de violences et en situation de grande précarité, afin de leur donner le temps de stabiliser leur situation personnelle et professionnelle et de pouvoir accéder à une solution de relogement pérenne. Pour ce faire, la Ville augmente la subvention qu’elle verse à l’association et met à disposition un agent municipal, dont le salaire sera en partie pris en charge par l’association.

Sur le sujet de l’accueil et de l’hébergement d’urgence, nous travaillons également à constituer un réseau avec d’autres villes du département, afin de disposer de solutions en dehors de Fontenay. J’ai bon espoir que ce travail aboutisse dans les mois qui viennent.

Par ailleurs, le Conseil municipal examinera un voeu relatif aux retombées des alertes sur les pilules contraceptives de 3ème et 4ème générations. A la dernière réunion de la commission municipale des droits des femmes, nous avions en effet eu un échange sur les conséquences des alertes lancées sur la pilule (arrêt brutal de la pilule, hausses prévisibles des demandes d’IVG…) et, donc, sur la nécessité que l’État mène, rapidement, une campagne d’information publique sur la contraception. A Fontenay, sans attendre, avec ma collègue, Françoise Garcia, adjointe à la Santé, nous avons décidé de décliner cette campagne, qui commencera dès le mois de juin et qui associera l’ensemble des acteurs locaux de la santé et de la jeunesse ainsi, bien sûr, que les associations œuvrant pour les droits des femmes.

Spectale de contorsion pour le vote du budget municipal

Le public, nombreux, qui a assisté au Conseil municipal consacré au vote du budget, hier soir, a eu droit à un drôle de spectacle de contorsion.

Conseil municipal Budget 2013

Au début, tout avait commencé « normalement » : l’adjoint aux Finances, socialiste de son état, a présenté le budget, saluant le travail de la direction des finances et celui de tous ses collègues élus, soulignant la bonne gestion de cette ville qui nous permet de maintenir le cap de la solidarité et, ainsi, prendre notre part d’une politique de sortie de crise. Jusque là, on n’avait donc pas grand-chose à retrancher… Il a fallu ensuite attendre très longtemps (avec, notamment, trois interventions de la droite qui, avec 7 élu-e-s, a réussi la jolie performance de créer 3 groupes différents au cours de ce mandat !) pour que le représentant du groupe socialiste prenne la parole.

L’effet de surprise qu’était censé produire son discours avait été un peu éventé… heureusement, car le propos était assez confus et il fallait bien tendre l’oreille pour comprendre où l’orateur voulait en venir : certes, il reconnaissait que le budget présenté correspondait bien aux orientations politiques fondant l’accord de majorité municipale. Mais les graves dysfonctionnements constatés dans la « gouvernance », notamment sur la vente du terrain de l’A86 (décision adoptée par le groupe socialiste au précédent Conseil municipal et rapportant 10 millions de recettes à la ville) ou sur la construction de logements étudiants dans le vieux Fontenay (annoncée dans le Programme local de l’habitat), empêchaient son groupe de prendre part au vote sur le budget, tant il y avait urgence, selon eux, à dénoncer devant les Fontenaysiens ces manquements à la démocratie interne !

Triste démonstration : quand on n’a rien à dire sur le fond, on s’attaque à la forme car que dire aux Fontenaysiens ? Qu’il faudrait dans notre ville, comme au niveau national, augmenter les impôts (hausse de la TVA au niveau national contre gel des taux des impôts locaux depuis 3 ans), faire des cadeaux aux entreprises (20 milliards de crédits d’impôt quand nous continuons, à Fontenay, à faire payer les banques), rogner sur l’investissement public (reports ou annulations d’investissements de l’État pour plus d’un milliard d’euros annoncés fin 2012 alors que nous investissons 6.5 millions pour rénover la piscine et 1.4 million pour lancer les travaux de requalification de la Redoute…), ponctionner le pouvoir d’achat des ménages (SMIC bloqué à 1120€ nets, maintien du gel du point d’indice quand nous portons, à Fontenay, le SMIC pour un temps plein à 1450€ nets) ? Forcément, ce n’est pas très vendeur !

De son côté, le groupe communiste et citoyen, par la voix de Jean-Philippe Gautrais, a d’ailleurs souligné avec force que l’austérité ne conduisait qu’à l’impasse. Nous avons bien sûr défendu ce budget qui place notre ville, autant que faire se peut, comme un « bouclier social » face à la crise en faisant le choix de la solidarité, du développement social et écologique et de l’investissement public. Nous ne pouvions que dénoncer les intérêts tactiques ou politiciens qui devaient conduire certains à ne pas prendre part au vote sur ce budget. (voir des extraits de l’intervention ci-dessous).

On passa ensuite au vote. Le budget fut adopté avec les voix des élus communistes et citoyens, Parti de gauche, Europe Ecologie-Les Verts, Fontenay Ecologie et PRG et de 3 élus socialistes. Pour la première fois, donc, une partie des élus socialistes n’a pas adopté le budget, fait d’importance puisque le vote du budget est l’un des principaux marqueurs de la solidarité de gestion qui fonde une équipe municipale. Mais le fait le plus notable, à mon sens, c’est que le groupe socialiste, pour la première fois également, s’est divise. J’y vois le signe que certains n’ont pas voulu abdiquer leurs convictions pour servir les ambitions personnelles de leur « chef ». Et quand on sait comme le PS fait marcher à la baguette ses ouailles, on mesure qu’il faut un certain panache pour prendre une telle décision !

Le Maire, comme il se doit, a conclu les débats. Celles et ceux qui le connaissent l’ont senti touché par les attaques qui ont été portées contre sa pratique de Maire, lui qui s’est attaché, depuis qu’il est le premier magistrat de notre ville, à cultiver le dialogue, à soigner le rassemblement, à faire de la place à chaque élu, quelle que soit sa couleur politique.

Je dois dire que son discours, empreint à la fois d’intelligence, d’humilité et d’ambition pour la ville, n’a fait que renforcer l’estime que je lui porte et la fierté que j’ai de faire partie de son équipe. Une intervention dont nul n’aura oublié de prendre note pour l’avenir puisque Jean-François Voguet l’a conclue ainsi : « Je suis fier de l’action que nous menons ensemble. Je m’y consacre et m’y consacrerai dans les années à venir. »

Après les contorsions, certains vont devoir se mettre à la rame…

Extraits de l’intervention de Jean-Philippe Gautrais, au nom du groupe des élu-e-s communistes et citoyen-ne-s (à retrouver ici)

Nous abordons l’examen du budget 2013 dans un contexte politique, économique et social difficile : le mois dernier, à l’occasion du choix de nos orientations budgétaires, ma collègue Nathalie Coupeaux rappelait que la situation est dure pour les Fontenaysiens, qui n’échappent pas au quotidien qui se dégrade, à un avenir qui angoisse et à la difficulté de croire à des jours meilleurs qui viendraient après la cure de rigueur à laquelle nous sommes soumis. [...]

Avec le Front de gauche, nous avons dit et redit que nous ne croyons pas à l’austérité pour sortir de la crise. Il y a un mois, dans cette ville, nous avons d’ailleurs confirmé un choix tout à fait différent, en faisant de la solidarité un marqueur de nos orientations budgétaires, pour continuer à faire de notre ville « un bouclier social » face à la crise. [...]

Et, dans ce contexte difficile, nous faisons pourtant plus que maintenir la voilure. Nous nous efforçons d’aller au bout de nos priorités, au bout de nos engagements. Sur les 140 engagements que nous avions pris devant la population en 2008, 131 (soit 93%) se sont aujourd’hui concrétisés. [...]

Si nous avons pu, tout au long de ce mandat, continuer à innover, réaliser de nouveaux projets, tenir nos engagements, chacun doit mesurer à quel point nous le devons aux agents qui font vivre le service public. J’ai conscience, le groupe communiste et citoyen a conscience, que nous les soumettons à une pression quelquefois difficile à vivre. Mais nous savons aussi que leur conviction de participer à la mise en œuvre de politiques utiles pour les habitants est une source de motivation précieuse au quotidien. [...]

L’investissement public que nous réalisons est légitime pour continuer à faire de Fontenay une ville agréable, une ville à vivre pour tous mais aussi pour soutenir l’emploi, la relance dont notre pays a besoin.

Ainsi, avec ce budget, nous prenons nos responsabilités et mettons en œuvre, à notre échelle, une politique de sortie de crise. Le groupe communiste et citoyen soutient bien sûr ce budget parce qu’il marque l’attachement de notre majorité à construire des politiques au service des habitants, parce qu’il met les logiques de développement social et écologique au dessus des logiques financières, parce qu’il exprime avec force et ambition une vision de la ville de demain pour toutes et tous, solidaire, dynamique et démocratique.

Ce budget donne en effet à voir une ville bien gérée, relativement prospère dans une période de crise, sans que cette situation saine soit nullement due à la chance ou au hasard mais bien à des choix politiques assumés, renouvelés, d’année en année. [...]

Au nom de mon groupe, je tiens, à cet instant, à rappeler, avec beaucoup de force, la chance que nous avons en tant qu’adjoints, en tant que conseillers délégués, d’avoir un Maire qui sait déléguer les responsabilités, faire confiance à son équipe, laisser à ses collègues élus des vraies marges de liberté, de décision… dans leurs délégations respectives.

C’est ce qui vaut à ce budget d’être tout sauf « monochrome ». Il donne à voir la diversité de nos sensibilités, de nos engagements, ceux qui nous ont valu d’être très largement portés, ensemble, à la tête de cette ville.

Aucun élu, aucun groupe politique, autour de cette table, ne peut se réclamer seul de ce travail. Personne ne peut honnêtement s’en désolidariser. Ce budget est le fruit de longues années de gestion commune des forces de gauche, autour d’un projet pour Fontenay et les Fontenaysiens, que nous entendons bien poursuivre, enrichir, en continuant de nous ouvrir à ce qui fait la richesse de cette ville, à celles et ceux qui la font vivre.

C’est pourquoi, Monsieur le Maire, le groupe communiste et citoyen adoptera avec beaucoup de conviction et de fierté ce budget qui s’attache à remplir le contrat que nous avons passé avec les Fontenaysiens et qui reste notre cap, jusqu’au bout !

Sur la venue de Jean-Claude Brisseau au cinéma Le Kosmos vendredi 8 mars prochain

Hier, au Bureau municipal, certain-e-s de mes collègues de la majorité municipale se sont émus que le cinéma municipal, le Kosmos, accueille le vendredi 8 mars prochain, le cinéaste Jean-Claude Brisseau, pour une rencontre-débat à l’issue de la projection de son film « La fille de nulle part ».

La raison de cette émotion ? Jean-Claude Brisseau, connu notamment pour son film « Noce blanche », a été condamné, en décembre 2005, à un an de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour harcèlement sexuel sur deux actrices à qui il avait demandé d’accomplir des actes érotiques lors d’auditions pour son film « Choses secrètes ».

Pour mes collègues, qui se sont exprimés hier, il apparaît donc peu approprié d’inviter un tel personnage à parler de son film le 8 mars, c’est-à-dire le jour même de la Journée internationale des droits des femmes. Pour ma part, je dois dire que je n’avais pas entendu parler de cette rencontre-débat avant ce début de polémique…

A toutes fins utiles, je commence donc par préciser que la programmation de cette rencontre le 8 mars est un hasard, fâcheux, mais un hasard quand même. Il ne s’agit évidemment pas d’une des initiatives que la délégation aux droits des femmes organise et/ou soutient dans le cadre de cette Journée internationale visant à sensibiliser l’opinion publique aux combats des femmes pour l’égalité. D’ailleurs, cette année, la majorité des événements prévus, dont une projection-débat au Kosmos, sont décalés à la rentrée des vacances scolaires afin de toucher le plus de monde possible.

Sur le fond de l’affaire, il est toujours délicat de se prononcer à la lecture des seuls articles de presse. Certains disent que Jean-Claude Brisseau est le symbole même du harcèlement sexuel qu’un homme en position dominante (en l’occurrence, un réalisateur) peut exercer sur des jeunes femmes en situation de faiblesse (en l’espèce, des actrices en quête d’un rôle), quand d’autres insistent sur l’ostracisme dont ce réalisateur talentueux serait l’objet du fait de son extraction modeste et de son anticonformisme.

Il y a un fait, en tout cas : Jean-Claude Brisseau a bel et bien été condamné par la Justice pour des faits de harcèlement sexuel. Pour ma part, j’aurais donc préféré que le cinéma municipal ne prenne pas l’initiative d’une rencontre avec lui. Même si M. Brisseau a le droit, comme tout un chacun, d’exercer sa liberté de création, je ne crois pas qu’on puisse considérer, voire admirer, l’œuvre d’un artiste indépendamment des comportements ou des idées que celui-ci adopte ou défend en tant qu’individu-citoyen.

Ainsi, pour moi, le problème n’est pas que cette rencontre soit organisée le 8 mars : même si je suis bien placée pour comprendre la charge symbolique particulière liée à la Journée internationale des droits des femmes, je ne pense pas qu’un individu puisse être déclaré persona non grata un jour et fréquentable le reste de l’année, sauf à considérer que le 8 mars sert seulement à se donner bonne conscience.

Puisque cette rencontre est programmée, je ne doute pas qu’il y aura dans le public, vendredi soir, suffisamment de monde pour rappeler, si nécessaire, que Fontenay est une ville dont le cœur bat pour les droits des femmes, le 8 mars… et tous les autres jours de l’année.

Traité budgétaire européen : nous voulons un référendum !

Hier soir, au Conseil municipal, j’ai prononcé une déclaration, au nom du groupe communiste et citoyen, pour alerter sur les conséquences du traité budgétaire européen, appeler à la manifestation de dimanche contre l’austérité et pour exiger un référendum. Cette déclaration a donné lieu à un échange au sein du Conseil : le président du groupe socialiste a concédé que cette question faisait débat au sein de son parti mais il a utilisé, sans surprise, l’argument de la responsabilité pour justifier l’adoption du traité. Notre députée a indiqué qu’après une longue et difficile réflexion, elle avait choisi de voter « non » mais elle n’a pas dit un mot sur le référendum… qui, en plus d’être un impératif démocratique, est la seule chance d’empêcher la ratification du traité !

Monsieur le Maire, cher-e-s collègues,

Manifestation unitaire, dimanche, de Nation à Place d’Italie

Je me permets, au nom du groupe communiste et citoyen, de dire quelques mots, avant que nous en venions à l’ordre du jour de notre séance, car une décision grave va être prise, dans quelques jours. Une décision grave dont trop de gens, encore, ignorent la portée.

Mardi prochain, les député-e-s vont devoir se prononcer sur ce traité au nom barbare : « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union européenne », mieux connu sous le nom de « traité Sarkozy-Merkel ».

C’est un sujet qui peut paraître éloigné des affaires qui nous concernent. Il est en fait au cœur de nos préoccupations.

Au cœur de nos préoccupations d’élu-e-s locaux, d’élu-e-s progressistes qui, chaque année, éprouvons de plus en plus de difficultés pour boucler notre budget et ne voyons pourtant rien de superflu dans les services que nous rendons à la population.

Ce traité est aussi au cœur de nos préoccupations de citoyen-ne-s : alors que les plans de licenciement succèdent aux fermetures d’usines, alors que le chômage bat des records, où allons-nous trouver les 30 milliards d’économie que le Gouvernement nous annonce pour revenir à l’équilibre ?!

Pourquoi s’entêter dans la voie de l’austérité alors que de plus en plus de voix s’élèvent, y compris parmi les plus libéraux, pour dire que ce n’est pas la solution ? Combien faudra-t-il de Grèce, d’Espagne pour revenir à la raison ?!

Avec ce Traité, l’ineptie économique n’a d’égal que le déni de démocratie !

En tant qu’élu-e-s locaux, nous perdrons le droit de voter notre budget librement et de mettre en œuvre notre clause de compétence générale au plus près des besoins de nos concitoyen-ne-s et des engagements que nous avons pris auprès d’eux.

En tant que citoyen-ne-s, comme tou-te-s les Français-es, nous abandonnerons une partie de notre souveraineté pour la confier à un groupe d’experts élus par personne : la Commission européenne. Savez-vous qui représente la France à la Commission européenne ? Michel Barnier, membre éminent de l’UMP !

 

Contre le traité, pour le référendum !

Alors, oui, j’espère que celles et ceux qui nous écoutent ce soir l’entendent : la décision qui va être prise la semaine prochaine est très grave. Mais il est encore temps de se mobiliser pour l’empêcher !

Nous nous félicitons que le front du « non » au traité s’élargisse, à gauche, ces derniers jours. Nous appelons toutes celles et tous ceux qui ont fait savoir qu’ils refusaient ce traité à nous rejoindre dans la grande manifestation unitaire qui aura lieu, dimanche, de Nation à Place d’Italie.

Pour notre part, avec le Front de gauche, nous y serons bien sûr présents et nous ferons entendre notre voix : pour refuser le traité mais aussi pour lancer un appel à tou-te-s les démocrates : il faut exiger un référendum ! Une décision si lourde de conséquences ne peut être prise sans demander son avis au peuple !

C’est d’ailleurs ce qui avait été fait, en 1992, avec le traité de Maastricht. Ou encore en 2005, à propos du Traité constitutionnel européen, même si la victoire du « non » nous a laissé un goût amer puisque, quelques mois plus tard, Nicolas Sarkozy s’était cru autorisé à passer outre le vote du peuple français.

Mais, depuis, les temps ont changé, non ?

Dimanche, je manifeste !

Alors, à toutes celles et ceux, à gauche, qui refusent l’austérité et qui veulent construire une autre Europe, au service des peuples, nous disons : rendez-vous dimanche ! Tout montre que cette manifestation va être un rendez-vous important, large, rassembleur et fondateur d’un front uni contre l’austérité dont la gauche aura absolument besoin si elle veut tenir le pari du changement.