Oui à la laïcité, non aux discriminations !

Je m’associe pleinement à l’appel que plusieurs collectifs, défendant notamment les droits des femmes portant le voile, ainsi que des universitaires et des personnalités engagées à gauche ont publié, en cette date symbolique du 18 juin : « Appel du 18 juin 2014 : oui à la laïcité, non aux discriminations ».

L’appel, que vous trouverez ci-dessous, demande l’abrogation de la circulaire Chatel, qui interdit aux mères d’élèves de participer aux sorties scolaires, lorsqu’elles portent le voile. Dans ces lignes, je m’étais moi-même déjà insurgée contre cette humiliation faite à certaines femmes (pratiquée dans au moins une école de Fontenay) et avais rappelé mon opposition à la loi du 15 mars 2014, sur le port de signes religieux à l’école.

Cette position ferme n’enlève rien à mes interrogations sur le voile. Mais je m’interdis de porter un jugement sur celles qui font le choix de le porter et, surtout, je reste convaincue que la République ne peut être fidèle à elle-même quand elle fait le choix de l’exclusion, de la discrimination, de l’humiliation. Quant au repli communautaire, si souvent brocardé comme une menace et utilisé en réalité pour stigmatiser une seule religion, il serait temps de l’analyser davantage comme un symptôme que comme une cause d’une République qui va mal.

Partout, des exemples nous laissent heureusement penser que le vivre ensemble est toujours possible, bien qu’il nous appartienne de l’entretenir, de le développer comme un bien commun, à la fois fragile et précieux.

L’inauguration de la mosquée de Fontenay, hier, en présence de la communauté musulmane mais aussi des élu-es, des représentants des communautés juive et chrétienne, de Fontenaysien-nes en est une belle illustration. Je suis fière que ce projet, porté depuis de longues années par l’Association Cultuelle Musulmane Fontenaysienne, ait été soutenu par la municipalité (malgré l’opposition d’une partie de la majorité municipale d’alors). Ce fut « un moment de joie et un moment d’histoire pour notre ville », comme l’a justement souligné M. le Maire, un moment qui appartient à la communauté des citoyen-nes.

Appel du 18 juin : oui à la laïcité, non aux discriminations

Nous, femmes voilées interdites de sorties scolaires, mais aussi parents d’élèves, femmes, syndicalistes, politiques, militant-e-s associatifs, femmes et hommes politiques, intellectuel-le-s, citoyen-ne-s, lançons un appel pour le respect de la laïcité et la fin des traitements discriminatoires

A l’heure où la France fait la une des journaux du monde entier, où la patrie des droits humains est devenue la patrie du rejet des étrangers, des « autres », de toutes celles et de tous ceux qui ne correspondent pas à la norme dominante (blanc, homme, chrétien, riche…), nous lançons cet appel pour tenter un sursaut et faire émerger de l’intelligence, du désir d’être ensemble quelles que soient nos différences.

Parce que nous portons un foulard, nous n’avons pas le droit d’accompagner nos enfants aux sorties scolaires, mais nous avons le droit de nous présenter aux élections de délégués de parents d’élèves, nous avons le droit de siéger dans les conseils d’écoles, nous avons le droit de participer aux activités dans l’enceinte de l’école mais nous sommes surtout les bienvenues pour faire des gâteaux…

Nous ne pouvons pas trouver les arguments cohérents pour expliquer cela à nos enfants, sans parler des doutes et interrogations qu’ils vivent chaque jour face à l’exclusion de leur mère. Que penser à leur âge de la maltraitance subie par leur maman de la part de l’institution scolaire ?

Malgré la multiplication des agressions, des discriminations et des humiliations… que nous subissons chaque jour devant nos enfants, nos voisins, les parents d’élèves, les enseignants, nous poursuivons nos mobilisations et nos actions, pour que la laïcité, qui articule la neutralité des institutions et les libertés individuelles des citoyens, soit enfin respectée et appliquée.

Notre résistance face à toutes ces intimidations s’amplifie chaque jour afin de poursuivre notre but : citoyennes de ce monde, nous revendiquons l’égalité pour toutes. Nous exigeons l’arrêt des traitements discriminatoires.

Rien ne nous fera reculer, nous sommes déterminées à être présentes, engagées à part entière dans cette société, à l’école comme dans nos quartiers, au travail comme dans nos familles. Partout où nos droits sont bafoués.

Nous, signataires de cet appel, demandons l’abrogation de la circulaire Chatel, cette circulaire sexiste et islamophobe, ainsi que toutes les lois et circulaires discriminatoires qui l’ont précédée.

Islamophobie, discriminations, sexisme, injustice, inégalités, stigmatisation : ça suffit.

Nous invitons les femmes, les parents d’élèves, la société civile, les journalistes, les intellectuels, les enseignants, les politiques, les mouvements féministes et les associations à nous rejoindre et à soutenir ce combat : celui de la laïcité, celui de l’égalité, à mettre fin à ces peurs sans cesse agitées favorisant la montée de l’extrémisme qui contribue à monter les populations les unes contre les autres.

Donner une belle victoire à la gauche le 30 mars !

48 heures après le premier tour des élections municipales, certains enseignements semblent clairs : un vote-sanction contre le Gouvernement, en particulier dirigé contre le Parti socialiste (et dont pâtissent les autres forces de gauche, à commencer par le PCF-Front de gauche, quand elles lui sont alliées) ; une abstention élevée, notamment dans les quartiers populaires ; une droite en reconquête ; un Front national en progression (même si cette progression devra aussi se jauger en nombre de voix) et un certain nombre de villes de gauche qui ne seront « sauvées » dimanche prochain qu’au prix de triangulaires avec ledit Front national.

A Fontenay, au regard de tous ces paramètres, on apprécie d’autant mieux le beau score réalisé par la liste « Fontenay pour tous », qui recueille 48,4% des suffrages exprimés, soit 8055 voix, loin devant la droite (30,31%), le Parti socialiste (13,05%) et la liste de centre-droit (8,22%). En revanche, on ne peut se féliciter du taux de participation (52,10%), en baisse par rapport en 2008 (-2,66%) et légèrement en-dessous du taux de participation départemental (52,78%). Cependant, je note que la participation a été meilleure à Fontenay que dans la plupart des villes populaires du département (par exemple, l’abstention a largement passé la barre des 50% à Vitry et à Créteil et, dans une moindre mesure à Ivry et à Villejuif).

Les nombreuses discussions au porte-à-porte, dans les points de rencontre qui nous ont permis de convaincre certains abstentionnistes et de gagner des voix, une par une, ont sans doute porté leurs fruits. L’abstention reste néanmoins très élevée dans certains bureaux de la ville, implantés dans les quartiers les plus populaires (La Redoute, une partie des Larris, de Bois Cadet et de Jean Zay) mais, dans ces mêmes bureaux, les électeurs qui se sont déplacés ont massivement placé en tête la liste « Fontenay pour tous » (qui y dépasse largement les 50%, voire les 60%), nous accordant une confiance qui nous oblige et qui constitue – doit constituer – un socle pour l’avenir.

Comme je l’écrivais dans un précédent billet, cette campagne nous a en effet permis de déployer une dynamique et un engagement citoyens inédits. Il ne s’agit pas de les mettre sous cloche jusqu’à la prochaine fois… ce serait d’ailleurs difficile ! Par contre, il nous appartient de donner à cet engagement citoyen un espace pour grandir, s’affirmer, y compris en nous bousculant ! Bien sûr, nous devrons innover pour être une ville vraiment citoyenne, avec des pratiques démocratiques renforcées. De sujets apparemment techniques (la Métropole du Grand Paris, les règles locales d’urbanisme…), il nous faudra faire des enjeux de mobilisation populaire. C’est à ce prix que nous pourrons mettre en oeuvre le programme que nous proposons aux électrices et électeurs.

Mais j’y reviendrai une fois que nous serons élus… car il reste encore le deuxième tour ! Et ce n’est jamais une formalité, même si la droite ne semble pas en position de reconquête. En effet, elle perd en pourcentage (-2,35%) et en voix (-560 voix) par rapport à 2008, dans un contexte national pourtant plus favorable pour elle. Sans doute la liste conduite par Murielle Michon a-t-elle capté une partie de son électorat : à ce sujet, et bien que la tête de liste elle-même n’ait pas donné de consigne de vote, l’appel sans conditions et sans délais du MODEM, qui soutenait cette liste, à voter pour le candidat de droite aura eu raison des illusions des quelques-uns qui pensaient trouver là une alternative « ni de gauche, ni de droite ».

Quant au score du Parti socialiste (13,05%), il se passe de commentaires trop longs.  La déception affichée par M. Bédouret et ses colistiers, qui espéraient  »donner un nouvel élan à Fontenay » et, pour cela lui offrir un maire socialiste, en dit déjà beaucoup du décalage qu’il y a entre les aspirations populaires et les pratiques et solutions qu’une partie des responsables socialistes s’obstinent à proposer.  M. Bédouret a choisi de se contenter d’un appel à battre la droite, sans fusion des listes : je crois que ce choix convient au plus grand nombre des militant-e-s, tant la gestion municipale et la campagne agressive du Parti socialiste, en plus de nos graves divergences au plan national, nous avaient éloignés ces derniers mois.

Je pense néanmoins aux 2173 électeurs socialistes : pour moi, ils continuent de représenter une force vivante de la gauche. Je vois dans leur vote l’expression d’un attachement au pluralisme, qui caractérise l’histoire et l’identité de notre ville depuis 49 ans. A l’aube du second tour, je ne doute pas que la majorité d’entre eux saura apprécier le renouvellement, la diversité des parcours et des sensibilités que porte notre liste conduite par un homme intègre et expérimenté et qu’ils sauront reconnaître, dans le programme « Fontenay pour tous », les valeurs de gauche qui sont notre bien commun et notre seule issue dans le marasme actuel.

En avant, donc, pour donner à la gauche solidaire, écologiste et citoyenne, une belle victoire, dimanche 30 mars, à Fontenay !

Quelques réflexions sur notre campagne… avant le verdict des urnes

Il est toujours délicat de se livrer à l’exercice des pronostics quelques jours avant une élection. Entre ce que l’on sent, ce que l’on espère et ce que l’on craint, il y a quelquefois des marges difficiles à apprécier. Il me semble par contre à la fois assez intéressant et honnête de s’essayer à livrer quelques analyses sur la campagne électorale… avant le verdict des urnes. Je me lance, donc !

D’un point de vue interne, quoique large (puisque plusieurs centaines de personnes se sont impliquées de façon active dans la campagne), je trouve que nous avons réellement passé un cap dans l’engagement citoyen. Nous avons bien sûr à Fontenay une longue tradition (plus ancienne que moi !) de mobilisation, en particulier quand il s’agit de défendre les intérêts de « notre » ville.

Les jeunes à la MilongaDans cette campagne, nous avons cependant poussé plus loin le processus : aux côtés des militant-e-s adhérents d’un parti politique, les citoyen-ne-s non « encartés », désireux de s’impliquer dans la dynamique « Fontenay pour tous », n’ont pas été seulement invités à assister à des réunions ou à fournir « la main-d’œuvre » toujours nécessaire pour l’organisation pratique des initiatives.

Ils ont pu directement contribuer à l’élaboration du programme, en assistant aux ateliers mais aussi en participant à leur préparation et à leur animation. Sur le terrain, les militant-e-s communistes ont largement organisé le « porte-à-porte » mais ils ont pu compter sur des renforts venus d’autres organisations et des rangs citoyens. Ainsi, les pratiques et les expériences ont circulé, se sont diffusées.

Je vois plusieurs explications à cette belle dynamique collective.

« Fontenay pour tous » s’est donnée des règles de fonctionnement relativement exemplaires : l’ensemble des composantes a été associé à toutes les phases de discussion et de négociation, qu’il s’agisse du programme (en particulier dans la phase de synthèse), de la constitution de la liste et de la rédaction de l’accord final. Dans les instances de concertation et de décision, jusqu’au collectif électoral, les citoyen-ne-s ont été représentés, ainsi bien sûr que l’ensemble des composantes de « Fontenay pour tous ».

4 mars - Salle deboutJe crois aussi que chacun, individu et composante, se sent lié par la démarche dont nous étions convenus au départ : nous mettre d’accord sur les contenus pour constituer le socle de notre rassemblement. Le socle ayant ainsi été bâti de façon solide, chacun y est arrimé de façon solidaire. Bien sûr, chaque organisation politique garde sa place et saura, à l’avenir, faire valoir ses idées et ses différences. Mais il me semble que nous avons de quoi faire fonctionner la potentielle future majorité municipale de façon intelligente et partagée, d’autant que la liste reflète de belle façon notre diversité.

Dans cette réussite, je crois que la construction « Front de gauche » a joué un rôle : je parle de « construction » car le Front de gauche constitue à mon sens une démarche inachevée (un « work in progress »), qui a d’ailleurs montré des imperfections au niveau local (concernant notre processus interne de désignation des candidat-e-s) et qui tangue quelque peu au niveau national (je n’y reviens pas pour le moment). Mais je crois que cette construction nous a déjà fait progresser vers des modes d’échanges et de décision plus démocratiques.

Alors, tout n’est pas parfait, loin de là… Mais cette construction collective, citoyenne et enthousiaste, nous a donné du cœur à l’ouvrage pour multiplier les temps de rencontre et d’échanges avec la population, à un niveau rarement atteint (ce sont les plus anciens qui le disent !), qu’il s’agisse des rencontres au porte-à-porte (dans les quartiers Bois Cadet, Larris, Jean Zay, Pasteur…, l’ensemble des immeubles a été visité au moins une fois !), des ateliers pour construire le programme, des points de rencontre, des repas solidaires ou des initiatives centrales…

Il fallait bien cela pour avoir encore envie de faire de la politique, au sens le plus noble du terme, dans un climat morose. Il ressort en effet de nos multiples rencontres un fort sentiment d’abattement, là où nous préfèrerions trouver de la colère. Les gens semblent peu enclins à se battre, certains rejettent en bloc les « politiciens » et ne veulent pas voter.

Paradoxalement, et c’est ce qui fait tout l’intérêt d’une campagne pour les élections municipales, le Maire est attendu comme le seul à pouvoir résoudre bien des maux. Cela suscite un certain nombre d’attentes déçues (sur le logement, sur l’emploi, sur la sécurité…), sans pour autant que les discours démagogiques de nos adversaires sur ces sujets aient beaucoup de prise. Nombreux sont aussi les habitant-e-s qui nous ont témoigné de leur attachement à leur Maire et à leur ville.

Distribution Patinoire 15 marsCertains diront peut-être qu’il n’y a là qu’une reconnaissance du ventre ou un attachement dépourvu de toute forme de politisation (le Maire reste l’élu préféré des Français, toutes tendances politiques confondues). Pour ma part, j’y vois tout d’abord un manifeste silencieux en faveur de la démocratie de proximité, aujourd’hui largement remise en cause et attaquée.

Et c’est d’abord cette exigence démocratique et citoyenne que j’ai la volonté de porter, dans le fond et dans la forme, si les électeurs nous font l’honneur, avec Jean-François Voguet et tous les candidat-e-s de la liste « Fontenay pour tous », de nous confirmer à la tête de la ville.

« Zizi » : un grand monsieur de la vie fontenaysienne s’en est allé…

Un petit bonhomme, un grand monsieur de la vie fontenaysienne s’en est allé : Jacques Zylberschlag, affectueusement surnommé « Zizi » par les générations et les générations d’enfants qui ont eu la chance de l’avoir pour éducateur au club de football de l’USF.

Zizi était de ces éducateurs bénévoles et passionnés qui, par les valeurs transmises et l’enseignement patiemment dispensé, marquent des existences et ont la capacité de remettre dans le bon sens des trajectoires de vie.

Affaibli depuis quelques années déjà, Zizi a connu deux moments, ces derniers mois, qui ont sans doute éclairé la fin de son chemin. Au mois de mars, à l’occasion d’une rencontre organisée dans le bureau du Maire de Fontenay, il avait pu revoir le plus illustre de ses anciens élèves : Blaise Matuidi, devenu charnière centrale du PSG et de l’équipe de France. « Que de chemin nous avons parcouru ! » lui avait glissé Blaise, plein de reconnaissance, en remettant à son vieil entraîneur l’un de ses maillots.

Il y a quelques semaines, à peine, il avait également tenu à faire le déplacement à Saint-Maur pour assister au dernier match de championnat de l’équipe première de l’USF, décisif pour la montée en Excellence. Avec fierté, je l’avais entendu compter le nombre de membres de cette équipe qui avaient été auparavant ses élèves. Il avait raison d’être fier… d’avoir formé de bons footballeurs et aussi, parmi eux, quelques éducateurs qui reprennent  avec compétence et intelligence le flambeau du football comme école de la vie.

Aujourd’hui, et par ces quelques lignes, je veux simplement lui rendre hommage et m’associer à la tristesse de sa famille, de ses proches et de tous les membres de l’USF football.

L’engagement des femmes, précurseur et moteur d’une autre société

Ce blog commence à marcher au ralenti… un peu comme moi, en somme ! Ce n’est pourtant pas l’actualité à commenter qui manque. Pour m’en tenir au calendrier fontenaysien, je reviendrai sur le temps d’échange organisé dans le cadre des Rencontres pour Fontenay autour de l’engagement des femmes, jeudi dernier, à la Maison du Citoyen.

Pour nourrir cet échange, nous avions convié les femmes qui avaient accepté de participer, au mois de mars dernier, à l’exposition « Fontenaysiennes en résistance » (voir l’article consacré à ce sujet). De celle qui tient sa famille à bout de bras à la chercheuse engagée dans le combat contre l’amiante, en passant par la militante associative pour le droit au logement, elles nous ont fait part de leur parcours de vie, mettant en lumière l’importance de l’engagement des femmes dans la vie de la cité, le développement du lien social.

Rencontres pour FontenayA la suite de la remarque un peu courroucée d’un participant, j’ai été amenée à préciser qu’une telle initiative n’avait pas vocation à célébrer l’engagement, la solidarité, l’attention portée aux autres… comme des qualités intrinsèquement féminines. Quand bien même ça serait valorisant pour les femmes, cela reviendrait en effet à reconnaître des inégalités « naturelles » entre les femmes et les hommes.

Il convient plutôt de nous interroger sur les conditions d’existence, les constructions sociales qui amènent les hommes et les femmes à adopter des comportements différents en société. Moins valorisées que les hommes dans le monde du travail, restant très majoritairement responsables du bon fonctionnement de la sphère familiale (les femmes continuent d’effectuer plus de 80% des tâches ménagères), les femmes sont aussi très nombreuses à faire vivre l’association de parents d’élèves, l’amicale de locataires, la vie du quartier…

A mon avis, l’engagement des femmes pose la question du rapport au temps non marchand. Ainsi, s’il faut bien sûr continuer de se battre pour que les femmes accèdent à l’égalité dans le monde du travail, ce ne doit pas être à n’importe quel prix. C’est pourquoi le combat pour la réduction du temps de travail, pour la retraite à 60 ans me semblent pleinement d’actualité !

Pour construire une société solidaire, agréable à vivre pour tous les individus, il faut plus que jamais du temps qui échappe au salariat, à la logique marchande… en bref, du temps « gratuit » au sens le plus noble du terme. Sans doute de tels propos paraîtront-ils bien naïfs aux oreilles expertes et aux esprits « réalistes ». Pour ma part, ils fondent mon engagement et j’en suis fière !

Droit de vote des résidents étrangers : qu’est-ce qu’on attend pour l’égalité ?

Il y a quelques jours, quatre projets de loi de révision de la Constitution ont été présentés en Conseil des ministres. Cette révision constitutionnelle viserait à élargir la responsabilité civile du chef de l’État (mais la question de son statut pénal est laissée de côté !), à réformer le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), à inscrire le dialogue social dans la Constitution, à interdire pour un ministre d’exercer un mandat exécutif local et enfin à en terminer avec le statut de membres de droit du Conseil constitutionnel des anciens présidents de la République.

Quel est le grand absent parmi ces projets ? Le droit de vote aux élections locales pour les résidents étrangers (hors Union européenne). Motif : la majorité des 3/5e n’est pas acquise au Parlement. Cela s’appelle abandonner une bataille avant même de l’avoir menée… et c’est d’autant plus honteux que cette mesure faisait déjà partie des promesses du président François… Mitterrand !

Consultation DDV des étrangersLe Front de gauche continue de se mobiliser pour obtenir le respect de cet engagement dès 2014. Ce week-end, à Fontenay, nous étions ainsi à la Fête de la Cité et des dizaines de personnes ont participé à la consultation citoyenne que nous avons lancée depuis le début de l’année. Dans le Val-de-Marne, le collectif « Droit de vote 2014″, qui regroupe différentes organisations politiques, syndicats et associations, organise, ce jeudi 28 mars à 18h30, à la Maison des syndicats de Créteil, une initiative-débat pour exiger que la révision constitutionnelle intègre le droit de vote des résidents étrangers. 

Ci-dessous le communiqué du collectif Droit de vote 2014 :

Le droit de vote des étrangers aux élections locales dès 2014 :
c’est important pour le « vivre ensemble » et la démocratie, c’est bon pour la République !

Le droit de vote et d’éligibilité des étrangers aux élections municipales ne figure pas dans les projets de loi constitutionnelle présentés au Conseil des ministres du 13 mars. Le collectif « Droit de vote 2014 » veut croire qu’il ne s’agit pas d’un abandon mais d’un simple délai de réflexion que se donnent le président de la République et le gouvernement.

Puisqu’il s’agit d’une modification constitutionnelle, la barre est haute à franchir. Avoir les trois cinquièmes des voix au Parlement réuni en congrès suppose que tous les efforts soient faits pour y parvenir. Le collectif « Droit de vote 2014 » considère que le temps du débat de conviction n’est pas révolu et qu’il convient de mettre les parlementaires devant leurs responsabilités : elles et ils ont le choix entre continuer à exclure de la citoyenneté une partie des résidents de nos communes, ou envoyer un message de reconnaissance et de dignité, message qui doit concrétiser cet enjeu de cohésion sociale et d’élargissement de la démocratie.

En 2013, je signe, en 2014, ils votentLe collectif « Droit de vote 2014 », qui regroupe plus de cent vingt organisations (associations, syndicats, partis politiques), va accentuer sa mobilisation auprès de la population et des parlementaires :

-          il appelle tous les collectifs locaux à continuer la mobilisation, en particulier le week-end du 6-7 avril, et à faire signer massivement la pétition –www.droitdevote2014.org – qui réunit déjà plus de quarante mille signatures ;

-          il demande instamment au président de la République et au Premier ministre d’engager, dans les prochaines semaines, la procédure de révision constitutionnelle permettant aux étrangers non communautaires de voter et d’être élus aux municipales de 2014.

Ne pas engager cette procédure serait non seulement ne pas honorer le programme politique sur lequel le candidat s’est engagé, mais aussi une faute politique qui marquerait négativement le quinquennat.

Pourquoi je défends le mariage pour tou-te-s, avec le droit à l’adoption et l’accès à la PMA

Affiche Mariage pour tous 1Dimanche, je n’étais pas dans la rue pour défendre le mariage pour tou-te-s. Un week-end à Amsterdam, prévu de longue date, m’en a empêchée (Amsterdam : une ville très agréable, à taille humaine et à l’architecture surprenante, que j’ai beaucoup appréciée, si on excepte les femmes en vitrine, vendues comme des marchandises).

Pour en revenir au mariage pour tou-te-s, j’étais de cœur et d’esprit avec les manifestant-e-s et je me réjouis du succès populaire rencontré par cette manifestation. J’avoue avoir été assez surprise, ces dernières semaines, par la violence des propos entendus à l’encontre des personnes homosexuelles. Je pensais que c’était de l’histoire ancienne…

Je pensais également que François Hollande ferait de ce sujet dit « sociétal » un marqueur de son mandat. Au contraire, en n’intégrant pas l’accès à la procréation médicale assistée dans le projet de loi, en restreignant l’adoption aux couples mariés, pire en invoquant la liberté de conscience pour les Maires, François Hollande donne l’impression, une nouvelle fois, de louvoyer, d’hésiter…

Je ne partage pas l’avis de ceux, comme ces 15 députés socialistes de la « Gauche populaire » qui ont récemment interpelé le Gouvernement, qui pensent que le mariage pour tous est un sujet « de niche », en claire une réforme secondaire. Aimer librement est un droit constitutif de l’humanité, au même titre que boire, manger, travailler, se soigner : ça fait partie des « produits de haute nécessité », pour reprendre le titre d’un Manifeste que j’affectionne tout particulièrement.

Alors, bien sûr, les opposants au mariage pour tous vous expliquent qu’ils n’ont rien contre les homosexuels, que la raison pour laquelle ils se battent, c’est le droit des enfants. Ils invoquent à tout bout de champ la nature pour justifier qu’une famille, ça soit un père et une mère. Quid de la nature quand celle-ci interdit à un homme et une femme de faire des enfants ?

Affiche Mariage pour tous 2Pour ma part, qu’il s’agisse de l’adoption, qui se réalise aujourd’hui quasi-exclusivement à l’étranger, avec les dérives et les problèmes éthiques que ça pose ; ou qu’il s’agisse de la procréation médicalement assistée, où tout est fait pour gommer le géniteur, je pense que les questions liées à la filiation, à la parentalité… méritent d’être réinterrogées. .

Mais il n’y a aucune raison que ces questionnements, aussi essentiels soient-ils, servent de prétexte pour discriminer les homosexuels. Soit on décide de les reposer en grand et pour tout le monde, soit on donne les mêmes droits à tou-te-s, tout de suite.

 

« Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique) » (extrait du Manifeste pour les produits de haute nécessité).

Banlieusards et fiers de l’être : merci Kery James !

Samedi soir, j’ai assisté au concert de Kery James en acoustique, à Créteil. Si « le rap est un art prolétaire », comme il le chante, alors Kery James appartient à l’aristocratie de la classe ouvrière !

Kery James (www.leparisien.fr)

Loin du rap bling-bling ou commercial, Kery James construit une oeuvre en mouvement, de la rage de ses débuts avec Ideal J (et le morceau emblématique « Hardcore ») à des textes de plus en plus profonds, sur la banlieue (« Banlieusards », mon titre préféré), sur le passé colonial du « pays des droits de l’Homme » et le racisme ordinaire en France (il faut écouter sa « Lettre à la République ») ou encore sur le conflit israëlo-palestinien (son très juste « Avec le cœur et la raison »).

Kery James n’apprécierait peut-être pas d’être cité sur un blog « politique ». Pour sa participation à la Fête de l’Humanité, en 2008, il avait en effet déclaré :  « Très sincèrement, ma venue ne témoigne pas d’un engagement politique concret aux côtés de la gauche. [...] J’ai ma manière de faire des choses pour que cela avance concrètement, à travers ma musique et ce que je fais dans la vie de tous les jours. C’est aussi politique. »

Pour moi, pourtant, Kery James fait partie de ces voix à écouter et, surtout, à entendre pour quiconque prétend construire une alternative politique porteuse d’émancipation. Bien sûr, la militante du Front de Gauche que je suis rêve que quelqu’un comme lui décide de s’engager dans une construction politique, où nous pourrions avancer ensemble.

En attendant, j’essaie de mesurer et de combler, à mon niveau, le chemin qui reste à parcourir pour qu’une construction comme le Front de gauche noue des liens (de travail, et pas de subordination ou de récupération) avec les mouvements qui se structurent dans les quartiers populaires. Je crois qu’il y aura des gestes importants à produire, notamment, avant et pendant les élections municipales.

« Banlieusards et fiers de l’être / On n’est pas condamnés à l’échec

Ce texte je vous le devais / Même si je l’écris le cœur serré / Et si tu pleures, pleure des larmes de détermination / Car ceci n’est pas une plainte, c’est une révolution ! »

Nous sommes les citoyen-ne-s d’un même monde !

Sokona Niakhaté, avec Marie-Jo Do Rosario et Hervé Poirier

Vous trouverez ci-dessous la tribune rédigée avec ma collègue, Sokona Niakhaté, conseillère municipale déléguée à l’interculturalité et à la promotion de la diversité, à l’occasion de la Quinzaine de la solidarité internationale et de la Journée contre les violences faites aux femmes, deux événements qui donnent lieu à de nombreuses initiatives dans la ville en ce mois de novembre.

A Fontenay, le mois de novembre, comme chaque année, se place sous le signe de la solidarité et de la citoyenneté internationale, des éléments constitutifs de notre identité. La solidarité pour rappeler que tous nos actes, du local au global, comptent pour construire un monde plus juste.

La Quinzaine de la solidarité internationale met en avant toutes celles et ceux qui agissent en ce sens et nous avons la chance qu’ils soient nombreux à Fontenay ! La citoyenneté pour dire et redire que nous sommes avant tout les citoyen-ne-s d’un même monde.

Dans notre ville, qui est un mélange de « nés ici » et de « nés ailleurs », cela prend un sens particulier et nous en sommes fier-e-s. Nous pensons, d’ailleurs, qu’il serait temps de le reconnaître au plus haut niveau de l’Etat, en accordant à toutes et tous les mêmes droits, à commencer par celui de voter !

Cette année, la Quinzaine se clôturera en faisant une passerelle avec le combat pour les droits des femmes : le 25 novembre, des femmes viendront témoigner de leurs conditions de vie et des combats qu’elles mènent pour leur émancipation dans des contextes de crise politique, économique, de conflit et d’occupation.

En cette Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, ce sera un écho aux combats d’autres femmes et l’occasion de mettre à l’honneur des femmes, d’ici et d’ailleurs, qui ne veulent pas rester des victimes et s’engagent pour être actrices du changement !

J’ai mal à cette France-là !

S’il y avait un changement auquel je croyais (et il n’y en avait pourtant pas beaucoup, malheureusement…) en élisant François Hollande et une nouvelle majorité pour gouverner la France, c’était bien à l’apaisement du « climat » dans notre pays. Après des années de division, d’incitation au rejet de l’autre…, j’espérais que nous verrions très rapidement du changement sur ce plan-là. Or, je suis navrée de constater que la situation n’évolue pas, voire qu’elle empire…

Ca fait plusieurs jours que ce ras-le-bol me trotte dans la tête. Aujourd’hui, il y a deux nouvelles, deux gouttes d’eau qui font déborder le vase : tout d’abord, un sondage sur l’Islam qui serait trop visible en France et, ensuite, le renoncement du Gouvernement concernant le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales.

Le sondage d’abord : 60% des personnes interrogées jugent l’Islam trop visible en France et 43% y voient une « menace » pour l’identité de notre pays ! Les résultats du sondage sont en eux-mêmes affligeants mais je me méfie toujours des sondages, encore plus quand ils sont, comme celui-ci, commandés et publiés par Le Figaro.

Image du collectif « Mamans toutes égales »

Ce qui est encore plus consternant que les résultats du sondage lui-même, c’est l’omniprésence de ce sujet dans les médias. Il n’y a plus un journal, plus un flash info à la radio… qui ne s’ouvre sans qu’on parle de l’Islam et des musulmans, comme si c’était devenu le principal sujet de préoccupation des Français ! Et, ce qui me désole, c’est que le Gouvernement, en particulier le Ministre de l’Intérieur, participe à cette stigmatisation.

Il y a deux jours, j’ai discuté avec une mère d’élève de Fontenay qui me racontait qu’elle avait renoncé à être déléguée parent d’élève et à accompagner les sorties scolaires car la directrice de l’école lui a dit que c’était interdit, en raison de son voile ! C’est une honte et j’ai bien sûr fait part à cette dame de mon soutien sans réserve !

Pourquoi le Gouvernement ne met-il pas immédiatement fin à ce type de discriminations intolérables ? Si j’étais à la place de Manuel Valls, plutôt qu’alimenter la peur sur la prétendue montée de l’islamisme radical, je publierais immédiatement une circulaire rendant illégaux les règlements intérieurs des écoles qui visent à empêcher les mamans voilées d’accompagner les sorties scolaires, puisque c’est bien de cela dont il s’agit sous prétexte de « neutralité » de l’école laïque. Mieux, j’abrogerais la loi du 15 mars 2004 qui laisse place à ce genre d’interprétations abusives du principe de laïcité !

Campagne de la LDH pour le droit de vote des étrangers

L’honneur d’un Gouvernement de gauche, ce devrait être, inlassablement, de combattre le rejet de l’autre et d’affirmer que, sur le sol français, « la patrie des droits de l’Homme », on a les mêmes droits et les mêmes devoirs, qu’on soit né ici ou là-bas, qu’on ait acquis la nationalité française par la naissance ou par l’histoire ou qu’on en ait gardé une autre.

Or, que fait ce Gouvernement ? Il renonce, avant même d’avoir essayé, à instaurer le droit de vote pour les résidents étrangers aux élections locales, sous prétexte qu’il n’y a pas de majorité au Parlement pour y arriver et qu’il ne faut « pas mettre le pays à feu et à sang », dixit un conseiller de Matignon ! Quel courage !

Je suis triste et consternée. J’ai mal à cette France-là.