Maintenant, la gauche doit réussir !

J’adresse mes sincères félicitations à Laurence Abeille, élue députée de la 6ème circonscription du Val-de-Marne. Pour obtenir cette victoire, nette mais serrée (50,95% des voix), dans une circonscription où la droite n’avait jamais été battue, toutes les voix de la gauche ont été nécessaires.

Le très bon report des voix de gauche a montré une nouvelle fois, dans la circonscription et, surtout, à Fontenay-sous-Bois, l’attachement des électrices et des électeurs à l’union de la gauche. C’est bien sûr un enseignement important pour l’avenir, que nul ne devra oublier.

Composition de la nouvelle Assemblée nationale

A l’échelle nationale, François Hollande obtient, comme il l’avait souhaité et avec l’aide d’un calendrier et d’un mode de scrutin taillés pour cela, une très large « majorité présidentielle ». Les Français-e-s ont même choisi de donner la majorité absolue au Parti socialiste seul. Les écologistes, qui avaient passé un accord avec le PS avant l’élection présidentielle – ce qui a coûté très cher à leur candidate, Eva Joly, obtiennent un groupe à l’Assemblée nationale mais les socialistes pourront donc se passer de leurs voix pour voter les lois. Dans cette configuration, on observera avec attention l’influence que les écologistes – et, parmi eux, notre nouvelle députée – pourront avoir dans les choix de la majorité.

Au Front de gauche, les résultats ont un goût un peu amer. A la fin de cette séquence électorale, nous avons le sentiment du devoir accompli : nous avons largement participé à la défaite de Nicolas Sarkozy et à la victoire de la gauche. Nous sommes enfin parvenus à unir la gauche de transformation sociale mais notre courant d’idées se trouve sous-représenté à l’Assemblée nationale. Stratégie, construction des candidatures, mode de scrutin, abstention, aspirations de nos concitoyen-ne-s… : il faudra prendre en compte toutes ces données, et d’autres encore, pour produire une analyse objective et constructive de notre résultat, en prenant bien soin de préserver notre unité.

Pour l’heure, aujourd’hui et demain, les communistes doivent se prononcer sur leur participation au Gouvernement. Nous avions dit, en effet, que nous ferions notre choix après les élections législatives. Je crains que cette position n’ait pas été bien comprise, d’ailleurs. En procédant ainsi, il ne s’agissait pas de négocier le plus de places possible mais bien de voir si nous pourrions nous appuyer sur un rapport de forces suffisant pour porter, dans le Gouvernement, des mesures qui nous semblent indispensables pour réaliser de véritables changements. Pour ma part, j’estime donc que les conditions ne sont pas réunies pour décider d’une participation au Gouvernement.

L’urgence me semble aujourd’hui de poursuivre la construction de notre Front de gauche : un Front autonome, exigeant et constructif. Un Front qui ne soit pas donneur de leçons, mais qui soit un espace de révolte et de construction, qui agrège, en les respectant, différents modes d’engagement, pour donner de la voix aux aspirations populaires. Un Front qui pèse de tout son poids pour que la gauche réussisse et que nos vies changent vraiment.

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