Ma réponse à Solidarités nouvelles pour le Logement

A l’association Solidarités nouvelles pour le Logement, qui m’interpellait, en tant que candidate, sur mes engagements pour le logement en Ile-de-France, j’ai fait la réponse que vous trouverez ci-dessous.

La gouvernance en matière de logement

Je ne vois pas d’obstacle particulier à un pilotage régional de la politique du logement : en  Ile-de-France, la question du rééquilibrage et la répartition territoriale de la construction de logements est même primordiale. Ceci étant, les autres échelons de collectivités territoriales et, notamment, les communes ont un rôle majeur à jouer car elles connaissent les besoins, leur évolution, les ressources et le lien avec leur population.

D’ailleurs, à ce sujet, afin de participer à l’effort de solidarité et de renforcer la mixité, la ville de Fontenay-sous-Bois, dont je suis élue, a adopté un Programme Local de l’Habitat (PLH), dans lequel elle affirme l’objectif de conserver 1/3 de logements sociaux tout en poursuivant l’effort de construction. La Ville s’est aussi dotée d’un outil de coopération intercommunal pour construire du logement, avec la création d’une société publique locale (SPL).

Dans tous les cas, le mode de gouvernance n’est pas le principal problème à régler : il faut une implication forte de l’Etat dans la politique du logement.

Le renforcement de la loi SRU

Au Front de Gauche, nous proposons le renforcement de la loi SRU, en portant le taux de logement sociaux obligatoire à 30 % des résidences principales. A ce propos, je pense que les sanctions financières ne sont pas suffisantes. Je propose que les Maires qui ne respectent pas la loi, deviennent inéligibles au mandat suivant. Le respect de la loi SRU est un enjeu majeur pour résoudre la crise du logement et agir en faveur de la mixité sociale, en particulier en Ile-de-France où la pression foncière est très forte.

Mais le renforcement de la loi SRU doit s’accompagner d’une réflexion sur le rôle du logement social : je pense, en effet, que cette catégorie de logements ne doit pas être réservée aux plus pauvres, même si elle doit bien sûr permettre de les loger, ce qui implique une baisse des loyers dans le parc social.

Un immeuble HLM rue Dalayrac à Fontenay

Le logement social doit redevenir accessible aux classes moyennes : cela implique d’abroger la loi Boutin, c’est-à-dire de supprimer les surloyers dits de solidarité et d’augmenter les plafonds de ressources pour accéder au logement social. Aujourd’hui, un couple d’enseignants, par exemple, n’a plus aucun moyen de se loger dans une des trois villes de notre circonscription.

La construction de logements et la régulation du marché locatif

Au Front de gauche, nous proposons la création d’un service public du logement, national et décentralisé. Nous ne sommes pas pour le « tout public » mais nous pensons que c’est par la puissance publique que le marché peut être régulé.

A l’Assemblée nationale, j’agirai pour qu’une loi soit adoptée, qui ne se contente pas d’encadrer les loyers mais qui impose une baisse, dans certains cas. Cependant, le meilleur moyen de lutter contre la flambée des prix reste de construire des logements en zone tendue.

En plus de la construction massive de logements, qui sera financée, dans le parc public, par une « contribution logement » prélevée sur les revenus financiers, nous sommes pour la création d’un pôle public bancaire qui permettrait que l’Etat lutte efficacement contre la spéculation financière et, donc, contre la spéculation immobilière.

Cela éviterait que des banques, comme la BNP, spéculent puis revendent à la découpe des appartements à des prix inaccessibles pour les locataires en place. C’est ce qui passe actuellement à Saint-Mandé, rue de l’Alouette.

Les économies d’énergie

Je suis bien évidemment pour lutter contre la précarité énergétique pour deux raisons essentielles :

-  d’abord parce que cela permet de diminuer considérablement les charges qui pèsent sur les locataires ;

-  ensuite parce que c’est une nécessité environnementale et structurelle : la planète en a besoin de toute urgence.

Pour cela, l’Etat doit investir de manière non négligeable et donner les moyens aux bailleurs de pouvoir construire ou réhabiliter sans que cela ne pèse sur les locataires. Il faut aussi que les dispositifs de l’Etat, en direction des propriétaires occupants ou bailleurs, cessent d’être des niches fiscales pour devenir des aides plus ciblées, qui permettent de faire baisser la consommation d’énergie.

Le contrat social pour le Logement de la Fondation Abbé Pierre

Jean-Luc Mélenchon signant le contrat de la fondation Abbé Pierre

Je m’engage, au même titre que Jean Luc Mélenchon l’a fait au moment de l’élection présidentielle, pour la mise en œuvre du contrat social pour le logement élaboré par le Fondation Abbé Pierre. Vous aurez remarqué que, sur certains points, le programme du Front de gauche va même plus loin que les propositions contenues dans ce contrat.

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