5 592 électeurs et 12,20% : merci !

La Bastille, 18 mars 2012

Merci aux 5592 électrices et électeurs qui ont porté leurs suffrages sur notre candidature, soit 12,20% des suffrages exprimés, dans la 6ème circonscription du Val-de-Marne.

A Vincennes et Saint-Mandé, malgré nos efforts – et j’adresse un salut très chaleureux aux camarades et ami-e-s qui n’ont pas ménagé leur temps et leur énergie sur ce terrain, il reste du travail pour faire vivre une gauche de transformation sociale. Mais le travail déjà effectué n’est pas perdu et une fois que la vague rose aura reflué, nous serons là pour en récolter les premiers fruits et planter d’autres graines.

A Fontenay-sous-Bois, dans un contexte difficile au plan national, nous confirmons l’implantation du Front de gauche (24,7% des suffrages exprimés). J’y vois la reconnaissance de l’action menée au niveau municipal mais aussi le résultat de la campagne de proximité que nous avons menée et de la construction que nous avons proposée.

Ces premières analyses restent bien sûr à affiner mais je me risque néanmoins à livrer quelques éléments de réflexion.

Au regard de ce qui s’est passé partout dans le pays, il est clair que nous n’avons pas suffisamment convaincu sur la nécessité d’avoir des député-e-s du Front de gauche à l’Assemblée nationale. Le soulagement lié au départ de Nicolas Sarkozy, la méconnaissance des enjeux liés aux élections législatives et la relative bonne entrée en matière du Gouvernement ont peut-être fait oublier les idées que nous avions pourtant le sentiment d’avoir fait progresser au cours de cette longue séquence électorale. Je pense également que la candidature de Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont, pour courageuse et digne qu’elle ait été, nous a privé de son apport dans une dynamique nationale qui ne se résume pas au combat contre le Front national.

L’abstention, importante dans les quartiers populaires mais aussi dans les quartiers beaucoup plus bourgeois, comme on l’a vu dans notre circonscription, témoignent d’institutions arrivées en bout de course. Qu’on imagine un instant ce que donneraient des élections législatives organisées avant l’élection présidentielle !

La 6ème République, vite !

Si le calendrier était ainsi inversé, et à condition que notre République s’en donne les moyens – ce qui suppose sans doute de revoir le mode d’élection des député-e-s -, les électeurs seraient appelés à se prononcer sur des choix de fond, sans pression du vote utile. L’organisation actuelle du calendrier sert le bipartisme; l’alternance et la personnalisation de la vie politique, au détriment du débat d’idées et du renouvellement du « personnel » politique. Mais au vu des résultats enregistrés ce dimanche, il ne faut sans doute pas compter sur le PS pour y revenir.

Bien sûr, on ne peut s’arrêter à cette explication liée aux institutions : l’abstention interroge également toutes celles et tous ceux, dont je fais partie, qui s’engagent en politique pour faire avancer les idées de solidarité et de justice sociale, l’exigence d’un autre partage des richesses pour vivre mieux. Les plus belles idées du monde ne suffisent pas, si elles ne sont pas portées par un mouvement populaire qui leur donne force et légitimité. L’abstention nous oblige à revoir nos pratiques politiques, à faire place à des formes d’engagement différentes, à nous laisser bousculer…  sans pour autant conclure qu’il y a tout à jeter dans nos façons de faire actuelles : les résultats à Fontenay démontrent le contraire.

Pour l’heure, nous nous retrouvons dans la situation où les résultats honorables, voire bons, du Front de gauche vont contribuer de façon déterminante à l’élection de député-e-s qui auront la majorité absolue sans nous. Quid du SMIC à 1700€, de la retraite à 60 ans à taux plein pour tou-te-s, de l’allocation d’étude et d’autonomie universelle, du droit au logement pour tou-te-s ? Quid du refus de « l’austérité juste », de l’action pour construire une autre Europe ?

Voilà le programme !

Si l’objectif de battre la droite continue de fonder mon engagement, il ne va pas sans la deuxième partie de notre proposition qui est de « changer vraiment ». Pour cela, il me semble plus que jamais nécessaire de faire grandir et mûrir notre Front de gauche.

Alors, on prend un peu de repos et on s’y remet ?!

 

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