Au printemps de quoi rêves-tu ?

En ce moment, alors que nos esprits sont assaillis par la triste actualité et que le soleil tarde à venir réchauffer nos corps, il me revient souvent en tête les paroles de la chanson de Jean Ferrat que Jean-Luc Mélenchon avait citées à la fin de son très beau discours de Marseille, l’année dernière : « Au printemps, de quoi rêvais-tu ? ».

Ces paroles résonnent en moi parce qu’elles parlent de la possibilité d’espérer encore « que quelque chose change », à condition « que l’on se batte dans la rue » mais aussi parce qu’elles suffisent à me remémorer le formidable élan d’enthousiasme et d’espérance que nous avions collectivement construit et ressenti, l’année dernière, en menant la campagne du Front de gauche.

Mais ces paroles ne sont pas dénuées non plus d’une certaine mélancolie : pour celui ou celle qui lutte, le renoncement n’est jamais très loin, quelque part en équilibre avec la gratuité et l’entièreté de l’engagement. Par les temps qui courent, en particulier, il faut beaucoup de foi en l’espèce humaine et des convictions bien accrochées, pour continuer de penser que nous pouvons vivre ensemble autrement et mieux.

MARCHE-5MAICe dimanche, j’irai marcher de la Bastille à la Nation « contre la finance et l’austérité, pour une VIème République » et je souhaite que nous soyons nombreux, même si je sais que cette marche ne pourra être que le début (ou le recommencement) du long processus que nous devons engager pour que, nous, citoyen-ne-s, reprenions en mains notre avenir. 

Au printemps de quoi rêvais-tu?
Vieux monde clos comme une orange,
Faites que quelque chose change,
Et l’on croisait des inconnus
Riant aux anges
Au printemps de quoi rêvais-tu?

Au printemps de quoi riais-tu?
Jeune homme bleu de l’innocence,
Tout a couleur de l’espérance,
Que l’on se batte dans la rue
Ou qu’on y danse,
Au printemps de quoi riais-tu?

Au printemps de quoi rêvais-tu?
Poing levé des vieilles batailles,
Et qui sait pour quelles semailles,
Quand la grève épousant la rue
Bat la muraille,
Au printemps de quoi rêvais-tu?

Au printemps de quoi doutais-tu?
Mon amour que rien ne rassure
Il est victoire qui ne dure,
Que le temps d’un Ave, pas plus
Ou d’un parjure,
Au printemps de quoi doutais-tu?

Au printemps de quoi rêves-tu?
D’une autre fin à la romance,
Au bout du temps qui se balance,
Un chant à peine interrompu
D’autres s’élancent,
Au printemps de quoi rêves-tu?

D’un printemps ininterrompu

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