Donner une belle victoire à la gauche le 30 mars !

48 heures après le premier tour des élections municipales, certains enseignements semblent clairs : un vote-sanction contre le Gouvernement, en particulier dirigé contre le Parti socialiste (et dont pâtissent les autres forces de gauche, à commencer par le PCF-Front de gauche, quand elles lui sont alliées) ; une abstention élevée, notamment dans les quartiers populaires ; une droite en reconquête ; un Front national en progression (même si cette progression devra aussi se jauger en nombre de voix) et un certain nombre de villes de gauche qui ne seront « sauvées » dimanche prochain qu’au prix de triangulaires avec ledit Front national.

A Fontenay, au regard de tous ces paramètres, on apprécie d’autant mieux le beau score réalisé par la liste « Fontenay pour tous », qui recueille 48,4% des suffrages exprimés, soit 8055 voix, loin devant la droite (30,31%), le Parti socialiste (13,05%) et la liste de centre-droit (8,22%). En revanche, on ne peut se féliciter du taux de participation (52,10%), en baisse par rapport en 2008 (-2,66%) et légèrement en-dessous du taux de participation départemental (52,78%). Cependant, je note que la participation a été meilleure à Fontenay que dans la plupart des villes populaires du département (par exemple, l’abstention a largement passé la barre des 50% à Vitry et à Créteil et, dans une moindre mesure à Ivry et à Villejuif).

Les nombreuses discussions au porte-à-porte, dans les points de rencontre qui nous ont permis de convaincre certains abstentionnistes et de gagner des voix, une par une, ont sans doute porté leurs fruits. L’abstention reste néanmoins très élevée dans certains bureaux de la ville, implantés dans les quartiers les plus populaires (La Redoute, une partie des Larris, de Bois Cadet et de Jean Zay) mais, dans ces mêmes bureaux, les électeurs qui se sont déplacés ont massivement placé en tête la liste « Fontenay pour tous » (qui y dépasse largement les 50%, voire les 60%), nous accordant une confiance qui nous oblige et qui constitue – doit constituer – un socle pour l’avenir.

Comme je l’écrivais dans un précédent billet, cette campagne nous a en effet permis de déployer une dynamique et un engagement citoyens inédits. Il ne s’agit pas de les mettre sous cloche jusqu’à la prochaine fois… ce serait d’ailleurs difficile ! Par contre, il nous appartient de donner à cet engagement citoyen un espace pour grandir, s’affirmer, y compris en nous bousculant ! Bien sûr, nous devrons innover pour être une ville vraiment citoyenne, avec des pratiques démocratiques renforcées. De sujets apparemment techniques (la Métropole du Grand Paris, les règles locales d’urbanisme…), il nous faudra faire des enjeux de mobilisation populaire. C’est à ce prix que nous pourrons mettre en oeuvre le programme que nous proposons aux électrices et électeurs.

Mais j’y reviendrai une fois que nous serons élus… car il reste encore le deuxième tour ! Et ce n’est jamais une formalité, même si la droite ne semble pas en position de reconquête. En effet, elle perd en pourcentage (-2,35%) et en voix (-560 voix) par rapport à 2008, dans un contexte national pourtant plus favorable pour elle. Sans doute la liste conduite par Murielle Michon a-t-elle capté une partie de son électorat : à ce sujet, et bien que la tête de liste elle-même n’ait pas donné de consigne de vote, l’appel sans conditions et sans délais du MODEM, qui soutenait cette liste, à voter pour le candidat de droite aura eu raison des illusions des quelques-uns qui pensaient trouver là une alternative « ni de gauche, ni de droite ».

Quant au score du Parti socialiste (13,05%), il se passe de commentaires trop longs.  La déception affichée par M. Bédouret et ses colistiers, qui espéraient  »donner un nouvel élan à Fontenay » et, pour cela lui offrir un maire socialiste, en dit déjà beaucoup du décalage qu’il y a entre les aspirations populaires et les pratiques et solutions qu’une partie des responsables socialistes s’obstinent à proposer.  M. Bédouret a choisi de se contenter d’un appel à battre la droite, sans fusion des listes : je crois que ce choix convient au plus grand nombre des militant-e-s, tant la gestion municipale et la campagne agressive du Parti socialiste, en plus de nos graves divergences au plan national, nous avaient éloignés ces derniers mois.

Je pense néanmoins aux 2173 électeurs socialistes : pour moi, ils continuent de représenter une force vivante de la gauche. Je vois dans leur vote l’expression d’un attachement au pluralisme, qui caractérise l’histoire et l’identité de notre ville depuis 49 ans. A l’aube du second tour, je ne doute pas que la majorité d’entre eux saura apprécier le renouvellement, la diversité des parcours et des sensibilités que porte notre liste conduite par un homme intègre et expérimenté et qu’ils sauront reconnaître, dans le programme « Fontenay pour tous », les valeurs de gauche qui sont notre bien commun et notre seule issue dans le marasme actuel.

En avant, donc, pour donner à la gauche solidaire, écologiste et citoyenne, une belle victoire, dimanche 30 mars, à Fontenay !

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