Sur la venue de Jean-Claude Brisseau au cinéma Le Kosmos vendredi 8 mars prochain

Hier, au Bureau municipal, certain-e-s de mes collègues de la majorité municipale se sont émus que le cinéma municipal, le Kosmos, accueille le vendredi 8 mars prochain, le cinéaste Jean-Claude Brisseau, pour une rencontre-débat à l’issue de la projection de son film « La fille de nulle part ».

La raison de cette émotion ? Jean-Claude Brisseau, connu notamment pour son film « Noce blanche », a été condamné, en décembre 2005, à un an de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour harcèlement sexuel sur deux actrices à qui il avait demandé d’accomplir des actes érotiques lors d’auditions pour son film « Choses secrètes ».

Pour mes collègues, qui se sont exprimés hier, il apparaît donc peu approprié d’inviter un tel personnage à parler de son film le 8 mars, c’est-à-dire le jour même de la Journée internationale des droits des femmes. Pour ma part, je dois dire que je n’avais pas entendu parler de cette rencontre-débat avant ce début de polémique…

A toutes fins utiles, je commence donc par préciser que la programmation de cette rencontre le 8 mars est un hasard, fâcheux, mais un hasard quand même. Il ne s’agit évidemment pas d’une des initiatives que la délégation aux droits des femmes organise et/ou soutient dans le cadre de cette Journée internationale visant à sensibiliser l’opinion publique aux combats des femmes pour l’égalité. D’ailleurs, cette année, la majorité des événements prévus, dont une projection-débat au Kosmos, sont décalés à la rentrée des vacances scolaires afin de toucher le plus de monde possible.

Sur le fond de l’affaire, il est toujours délicat de se prononcer à la lecture des seuls articles de presse. Certains disent que Jean-Claude Brisseau est le symbole même du harcèlement sexuel qu’un homme en position dominante (en l’occurrence, un réalisateur) peut exercer sur des jeunes femmes en situation de faiblesse (en l’espèce, des actrices en quête d’un rôle), quand d’autres insistent sur l’ostracisme dont ce réalisateur talentueux serait l’objet du fait de son extraction modeste et de son anticonformisme.

Il y a un fait, en tout cas : Jean-Claude Brisseau a bel et bien été condamné par la Justice pour des faits de harcèlement sexuel. Pour ma part, j’aurais donc préféré que le cinéma municipal ne prenne pas l’initiative d’une rencontre avec lui. Même si M. Brisseau a le droit, comme tout un chacun, d’exercer sa liberté de création, je ne crois pas qu’on puisse considérer, voire admirer, l’œuvre d’un artiste indépendamment des comportements ou des idées que celui-ci adopte ou défend en tant qu’individu-citoyen.

Ainsi, pour moi, le problème n’est pas que cette rencontre soit organisée le 8 mars : même si je suis bien placée pour comprendre la charge symbolique particulière liée à la Journée internationale des droits des femmes, je ne pense pas qu’un individu puisse être déclaré persona non grata un jour et fréquentable le reste de l’année, sauf à considérer que le 8 mars sert seulement à se donner bonne conscience.

Puisque cette rencontre est programmée, je ne doute pas qu’il y aura dans le public, vendredi soir, suffisamment de monde pour rappeler, si nécessaire, que Fontenay est une ville dont le cœur bat pour les droits des femmes, le 8 mars… et tous les autres jours de l’année.

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