L’engagement des femmes, précurseur et moteur d’une autre société

Ce blog commence à marcher au ralenti… un peu comme moi, en somme ! Ce n’est pourtant pas l’actualité à commenter qui manque. Pour m’en tenir au calendrier fontenaysien, je reviendrai sur le temps d’échange organisé dans le cadre des Rencontres pour Fontenay autour de l’engagement des femmes, jeudi dernier, à la Maison du Citoyen.

Pour nourrir cet échange, nous avions convié les femmes qui avaient accepté de participer, au mois de mars dernier, à l’exposition « Fontenaysiennes en résistance » (voir l’article consacré à ce sujet). De celle qui tient sa famille à bout de bras à la chercheuse engagée dans le combat contre l’amiante, en passant par la militante associative pour le droit au logement, elles nous ont fait part de leur parcours de vie, mettant en lumière l’importance de l’engagement des femmes dans la vie de la cité, le développement du lien social.

Rencontres pour FontenayA la suite de la remarque un peu courroucée d’un participant, j’ai été amenée à préciser qu’une telle initiative n’avait pas vocation à célébrer l’engagement, la solidarité, l’attention portée aux autres… comme des qualités intrinsèquement féminines. Quand bien même ça serait valorisant pour les femmes, cela reviendrait en effet à reconnaître des inégalités « naturelles » entre les femmes et les hommes.

Il convient plutôt de nous interroger sur les conditions d’existence, les constructions sociales qui amènent les hommes et les femmes à adopter des comportements différents en société. Moins valorisées que les hommes dans le monde du travail, restant très majoritairement responsables du bon fonctionnement de la sphère familiale (les femmes continuent d’effectuer plus de 80% des tâches ménagères), les femmes sont aussi très nombreuses à faire vivre l’association de parents d’élèves, l’amicale de locataires, la vie du quartier…

A mon avis, l’engagement des femmes pose la question du rapport au temps non marchand. Ainsi, s’il faut bien sûr continuer de se battre pour que les femmes accèdent à l’égalité dans le monde du travail, ce ne doit pas être à n’importe quel prix. C’est pourquoi le combat pour la réduction du temps de travail, pour la retraite à 60 ans me semblent pleinement d’actualité !

Pour construire une société solidaire, agréable à vivre pour tous les individus, il faut plus que jamais du temps qui échappe au salariat, à la logique marchande… en bref, du temps « gratuit » au sens le plus noble du terme. Sans doute de tels propos paraîtront-ils bien naïfs aux oreilles expertes et aux esprits « réalistes ». Pour ma part, ils fondent mon engagement et j’en suis fière !

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