La parité en politique, une bonne idée ?

Sur proposition des écologistes, les députés ont approuvé, jeudi 31 janvier, la possibilité qu’un groupe parlementaire puisse être présidé par un homme et une femme. Le débat a donné une nouvelle occasion à certains députés de s’illustrer par leurs remarques franchement machistes, voire leur misogynie.

Je reste sceptique, également, devant l’argument qui a conduit le groupe du Front de gauche à s’abstenir sur cette proposition : pour le groupe, Marc Dolez a émis la crainte que la coprésidence paritaire « ne serve de prétexte pour ne pas élire une femme » comme présidente unique d’un groupe. Soit, mais pour éviter cette crainte, il suffirait d’élire… une femme, ce que le Front de gauche et les communistes n’ont jamais fait, du moins à l’Assemblée nationale (je précise qu’ils ne sont pas les seuls puisque jamais une femme n’a présidé de groupe parlementaire, à part Mme Pompili qui partage désormais officiellement cette tâche avec un homme) !

Parité

Je sais les réticences que suscitent les quotas et la parité imposée chez certaines féministes. Si on peut regretter que la représentation des femmes ait besoin d’être déterminée par la loi, n’oublions pas que ce déterminisme législatif ne fait que corriger les déterminismes économiques, culturels et sociaux qui placent les hommes en situation de domination dans la société. Pour parler en termes marxistes, on peut vouloir renverser l’infrastructure (qui fonde l’inégalité entre les femmes et les hommes), tout en ne négligeant pas l’action immédiate sur la superstructure (qui renforce et légitime cette inégalité et à laquelle appartiennent nos institutions politiques).

Pour ma part, je suis donc quand même plutôt favorable à la parité organisée par la loi,  même si la loi sur la parité du 6 juin 2000 (parité pour les scrutins de liste) et celle du 31 janvier 2007 (parité dans les exécutifs municipaux et régionaux) n’ont pas tout réglé. Il suffit de voir à quoi ressemblent nos assemblées municipales : certes, elles sont maintenant obligatoirement paritaires mais seuls 13,8% des maires en France sont des femmes !

Par ailleurs, dans la répartition des tâches au sein des exécutifs municipaux, à qui reviennent le plus souvent le poste de premier adjoint, la délégation aux finances…, tandis que l’autre moitié de l’exécutif se partage l’action sociale, la petite enfance….? Toute ressemblance avec la ville de Fontenay-sous-Bois n’est pas fortuite. Ce n’est pas un drame et, surtout, ça n’enlève rien à la qualité du travail mené par les uns et les autres mais ça demande à être examiné avec attention, par exemple à l’occasion du prochain renouvellement municipal…

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