Aux Assises du Val-de-Marne, une victoire pour les droits des femmes

Ce mercredi 16 octobre, un homme a été condamné à trois ans de prison ferme par la cour d’assises du Val-de-Marne pour avoir violé son épouse. La cour a assorti cette condamnation de deux ans d’emprisonnement avec sursis et de l’inscription de l’accusé au fichier des auteurs de violences sexuelles.

Comme l’a déclaré l’une des avocates de la victime, « c’est une victoire » car le viol conjugal, bien qu’inscrit dans notre droit, reste peu reconnu et rarement renvoyé devant une juridiction criminelle. Beaucoup, dans la société, mais également parmi les magistrats, continuent de douter qu’on puisse parler de viol au sein d’un couple, quand bien même la femme subit des violences depuis de longues années (comme ce fut le cas dans cette affaire).

Il faut saluer le courage de la victime qui a refusé le huis clos afin de « parler au nom de toutes ces femmes qui ont subi des violences«  selon son autre avocate. C’est d’autant plus courageux qu’une fois de plus, la justice a été très longue à faire son oeuvre puisque le procès est intervenu près de trois ans après les faits.

Ce procès marque donc une victoire pour les droits des femmes mais illustre aussi, et une fois encore, le manque de moyens, dans notre pays, pour lutter contre les violences faites aux femmes. En tant qu’élue locale, je dois dire que la relative impuissance dans laquelle je me trouve pour répondre aux situations de violences conjugales m’est de plus en plus insupportable.

Heureusement, nous arrivons quelquefois à faire bouger un peu les choses. Récemment, avec mon collègue Jean-Philippe Gautrais, nous avons obtenu d’un bailleur qu’il raccourcisse la période de préavis, change les serrures et pose des portes « anti-squatt » pour un logement que venait de quitter une femme victime de violences et que continuait d’occuper illégalement son ex-compagnon.

Mais c’est une bien maigre avancée par rapport à tout ce que nous pourrions/devrions faire ! Pour le prochain mandat, je suis bien décidée à ce que nous mettions dans nos priorités la constitution et l’animation d’un réseau local contre les violences faites aux femmes. Ce réseau viserait à mettre autour de la table tous les acteurs concernés par le phénomène (services municipaux, services du Conseil général, bailleurs, police, justice, associations…) et permettrait à la fois de définir une politique locale de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes (actions de formation, de sensibilisation…) et de traiter de façon efficace, coordonnée et rapide un certain nombre de situations individuelles.

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