Dimanche, j’utiliserai ma voix

J’ai hésité à rester sans voix jusqu’à dimanche, 20h.

D’abord, il y a la tristesse des résultats au soir du premier tour. On a beau s’y attendre, on ne s’y prépare pas.

À Fontenay, la liste du Front de gauche remporte un score honorable (17.5%), derrière le Parti socialiste (26%) et la droite (23%) mais l’abstention reste de loin le parti de la majorité des Fontenaysiens.

Dans le pays, le Front de gauche, avec différentes stratégies, subit un échec cuisant et humiliant, bien loin de cette alternative que nous prétendons incarner.

S’il y a encore un avenir pour le Front de gauche, il ne pourra passer que par la conscience aiguë d’une urgence à faire autrement.

Dans mon département, par exemple, nous avons d’abord été guidés par le souci d’avoir des élus. C’est un objectif que je ne renie pas mais les élus sont d’autant plus utiles qu’ils sont portés par une légitimite populaire, qu’ils donnent de la fierté et le sentiment d’être représenté-e-s à celles et ceux qui les élisent.

Sans dynamique collective, sans intervention citoyenne, ce mouvement n’a que peu de chances d’exister alors que notre département regorge de talents, de disponibilités, de liens tissés… J’enrage de tout ce que nous aurions les moyens de faire et que nous ne faisons pas.

Alors, avec cette tristesse, avec ces regrets, que faire ?

Voter, dimanche, pour le candidat du Parti socialiste – et pas n’importe lequel ! – n’est-ce pas entretenir un système, exprimer une forme d’adhésion à ce parti qui, au Gouvernement, porte une grande responsabilité dans la situation actuelle de notre pays ?

Je me sens prise dans une forme de piège : voter pour le Parti socialiste et lui confier, de nouveau, des responsabilités, c’est prendre le risque de faire monter encore la désespérance, celle-là même qui fait grandir l’abstention et nourrit les votes extrêmes.

Alors, voter blanc ? Choisir de ne pas choisir ?

Tirer un trait d’égalité entre cette gauche qui a dirigé la région pendant 11 ans et la droite de Valérie Péçresse, l’amie de la Manif pour tous, celle qui se vante de supprimer les aides au logement social et le tarif unique de la carte de transports.

Faire, d’une certaine façon, le jeu du Front national qui profitera de l’abstention de gauche pour augmenter son poids dans le résultat final et, donc, le nombre de ses élus.

J’éprouve un sentiment de colère, un sentiment d’injustice d’en être réduite à ce choix qui n’en est pas vraiment un.

Pourtant, ma décision est prise :

Dimanche, j’utiliserai le bulletin Bartolone pour battre la droite et l’extrême-droite.

Et lundi, en tâchant d’être la plus consciente possible de nos lacunes, de nos erreurs…, à ma place, et avec mes camarades, je continuerai de mettre mes forces, mon engagement au service de cette alternative de gauche que nous méritons.

Pour qu’il n’y ait plus de tristes dimanches soirs et des lundis matins avec la gueule de bois.

 

Les commentaires sont fermés.