8 mars : défendre nos conquêtes, gagner de nouveaux droits envers et contre tout(s) !

Je publie ci-dessous quelques extraits de l’intervention que j’ai prononcée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes :

Nous arrivons au terme du mandat municipal et c’est donc la sixième fois que je prends la parole devant vous à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Je le fais toujours avec beaucoup de plaisir et, cette année, avec une émotion particulière.

Malheureusement, en six ans, la nécessité d’agir pour les droits des femmes et pour l’égalité ne s’est pas atténuée, au contraire. En 2008, la crise économique commençait. Ce n’est pas cette crise qui a créé les inégalités entre les femmes et les hommes mais elle les a encore aggravées.

[...]

Malgré la bonne volonté affichée par le ministère des droits des femmes, il y a peu de chances que la situation s’améliore si le Gouvernement persiste dans la voie de l’austérité et de la réduction de la dépense publique. Car moins de dépenses publiques, c’est forcément moins de crèches, moins de prestations sociales…, en bref, moins de services publics pour accompagner les femmes dans leur quête d’autonomie et d’égalité.

Bien sûr, je l’ai dit, la crise n’est pas la responsable de tous les maux des femmes. Les racines des inégalités entre les femmes et les hommes sont profondément ancrées au cœur de nos sociétés, de nos pratiques sociales et culturelles et doivent interroger chacune et chacun d’entre nous.

[...]

A l’occasion du débat sur le mariage pour tous et, plus récemment, à propos des « ABCD de l’égalité » à l’école qui visent à sensibiliser les enfants à l’égalité entre les filles et les garçons, les discours les plus conservateurs, les plus archaïques se sont en effet libérés.

L’égalité fait peur car elle est un puissant facteur d’émancipation pour tous les individus. Car l’égalité, c’est la liberté pour chaque individu, homme ou femme, de vivre sa vie personnelle, amoureuse, sociale, professionnelle, comme il ou elle l’entend.

Alors, dans tout ça, que peut faire une Ville comme la nôtre pour améliorer la condition des femmes et progresser dans le sens de l’égalité entre les femmes et les hommes ?

[...]

Il est un domaine, en particulier, dans lequel je suis fière des progrès que nous avons faits : il s’agit de l’accompagnement des femmes victimes de violences. Nous avons travaillé sur l’accueil coordonné au sein des services municipaux, nous en avons fait un critère d’accès prioritaire au logement, nous avons soutenu l’ouverture d’appartements-relais dans la ville, nous avons renforcé les partenariats avec les associations locales qui travaillent dans ce domaine.

Le chemin est encore long pour éradiquer ce fléau des violences faites aux femmes. Je n’oublie pas Tanja, morte à Fontenay il y a quatre ans sous les coups de son ex-compagnon. Je pense à toutes ces femmes, rencontrées depuis six ans, qui ont poussé ma porte, ou celle de mes collègues, pour venir trouver de l’aide quand elles ont décidé de briser la spirale de la violence. Nous avons pu en aider certaines, même si nous avons quelquefois été confrontés à un grand sentiment d’impuissance. Je pense aussi à toutes ces femmes qui n’ont pas encore pu parler : je leur souhaite du courage et je leur dis que nous nous tiendrons à leurs côtés.

[...]

Il y a six ans, quand le Maire m’a proposé de prendre en charge la délégation aux droits des femmes, j’avoue que je n’avais pas forcément conscience de tous les combats qu’il y avait encore à mener pour atteindre l’égalité.

J’étais une jeune femme attachée à sa liberté et à ses droits. J’ai compris que ces droits n’étaient pas des acquis mais des conquêtes. J’ai mieux pris conscience des discriminations que nous continuons de subir en tant que femmes. On nous demande encore de faire nos preuves en nous adaptant à un monde pensé par et pour les hommes.

Je crois qu’il ne faut pas céder : il ne faut pas nous adapter à ce monde mais changer le monde à notre façon, pour en faire un monde d’égalité et de liberté. Les hommes nous diront « merci »… et peut-être même qu’ils nous aideront !

Les commentaires sont fermés.