Elena

Je t’aime pour ces deux semaines de vie, et pour toutes celles qu’il nous sera donné de vivre ensemble.

Je t’aime pour le temps, que tu allonges.

Je t’aime pour les yeux de ton frère, et ceux de ton père. 

Je t’aime pour notre famille, que tu complètes.

Je t’aime pour nos rêves, que tu agrandis.

Je t’aime pour le monde, que je voudrais meilleur.

Je t’aime pour le goût de la lutte, et le goût du bonheur.

Je t’aime d’un amour impudique et universel.

Elena, ma fille.

En direct du Conseil national du PCF des 24 et 25 septembre

Je partage, ci-dessous, le texte de l’intervention que j’ai prononcée au Conseil national du PCF, ce samedi 24 septembre, qui porte sur la stratégie des communistes pour l’élection présidentielle.
Les interventions que j’ai trouvées les plus intéressantes sont celles qui nous donnent à partager l’état de la réflexion des communistes dans les départements, dans les sections. Pour travailler à l’unité des communistes, à un débat respectueux – nécessité que beaucoup de camarades ont soulignée – il me semble important de faire cet effort. C’est aussi notre rôle de direction nationale.
J’y prends donc ma part, en rendant compte rapidement – trop rapidement – de l’échange entre les communistes de Fontenay, réunis en assemblée de section cette semaine, qui met en lumière les points suivants :
- une difficulté à s’impliquer dans la consultation citoyenne, bien que la démarche soit partagée sur le fond, en raison des défauts intrinsèques du questionnaire (très compliqué) mais surtout du manque de perspectives, qui nous rend mal à l’aise dans la discussion avec les citoyens ;
- le sentiment d’être inaudibles et le besoin de rendre public notre appel au rassemblement ;
- dans le même temps, des interventions qui, majoritairement, invitent à prendre acte de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, sans beaucoup d’enthousiasme mais avec le sentiment que nous ne pouvons plus faire autrement ;
- pour résumer, du désarroi et beaucoup d’attente vis-à-vis de notre Conseil national, pour y voir plus clair rapidement.
Pour ma part, et pour donner ma réflexion dans le débat, je fais partie de ceux qui pensent que le soutien critique à la candidature de Jean-Luc Mélenchon est, désormais, la position la plus réaliste.
Si j’ai été heurtée par certaines des positions de Jean-Luc Mélenchon, sa façon de proclamer sa candidature et de mener campagne, je dois dire que je suis heurtée également par les propos que certains camarades, en particulier des dirigeants nationaux du Parti, tiennent vis-à-vis de lui, comme s’il était devenu notre principal adversaire politique.
Quelle que soit la décision que nous prendrons, in fine, je crois nécessaire de nous demander pourquoi la candidature de Jean-Luc Mélenchon nous gêne tant :
Certes, il y a ses maladresses, les désaccords que nous pouvons avoir avec lui – qui ne doivent d’ailleurs pas faire oublier tous les points d’accord, dont nous parlons pourtant très peu.
Mais je crois que sa campagne, certaines de ses prises de positions nous heurtent surtout car elles nous renvoient à des questions non réglées chez nous, qui posent la question de notre utilité, de la légitimité de notre action. Je résume ce propos en 3 questions :
1. Comment surmonter la crise politique, celle qui plonge dans le discrédit tous les partis politiques, y compris le nôtre ? Jean-Luc Mélenchon y répond en tentant une campagne hors partis, directement du candidat au peuple : je ne partage pas cette position mais le constat qui y conduit m’interroge et me parle. Nous pouvons, nous devons continuer de penser qu’une organisation politique est nécessaire pour mener le combat qui est le nôtre, tout en étant lucides sur le discrédit qui pèse sur les partis, qui doit nous conduire à remettre en cause nos pratiques politiques.
2. Autre question : Comment faire face à la crise de la gauche, gauche à laquelle nous sommes associés et que le quinquennat de Hollande a abîmée de façon désastreuse, provoquant une situation de fracture entre la gauche et celles et ceux qui ont le plus besoin ? Jean-Luc Mélenchon y répond par l’effacement du concept de gauche, en prônant une lutte entre le peuple et les élites. Encore une fois, je ne partage pas cette stratégie mais reconnaissons que la reconquête de l’hégémonie politique et culturelle par les idées de gauche n’est pas un combat gagné d’avance.
3. Enfin, 3e et dernière question : Comment faire face à l’échec, dont nous portons une part de responsabilité et que constitue le fait de n’avoir pas su rendre incontournable une construction politique alternative à gauche, dont le Front de gauche semblait pourtant, en 2012, une belle préfiguration ? Certes, Jean-Luc Mélenchon a dit que le Front de gauche était dépassé mais n’avons-nous nous-mêmes pas dit la même chose ou, pire, fait en sorte qu’il en soit ainsi ?
Traiter ces questions et examiner les divergences que nous avons dans les réponses à apporter, c’est un gros chantier. C’est celui de la recomposition de la gauche et je crois que nous ne sommes pas dans le moment politique qui permette de mener ce chantier.
C’est pourquoi, à ce stade, il me semble nécessaire de nous adresser à Jean-Luc Mélenchon et de rendre public notre échange. Si nous avons la responsabilité du rassemblement, nous avons aussi la responsabilité d’aller au bout de notre relation avec celui qui a donné un visage au Front de gauche en 2012.
Pour finir, je dois dire que je suis assez étonnée par les camarades qui considèrent que cet échange avec Jean-Luc Mélenchon est, à priori, voué à l’échec.
Car considérer que la position de Jean-Luc Mélenchon est immuable, sur des questions comme le clivage gauche / droite, sur le cadre de la campagne, sur les législatives, sur certains points programmatiques,
Considérer, en somme, que la candidature de Jean-Luc Mélenchon, sa façon de mener campagne existent indépendamment de la position que nous, communistes, pouvons prendre, 
N’est-ce pas faire le constat de notre propre échec, de notre inexistence dans le rapport de forces que Jean-Luc Mélenchon a su construire et qui le rend, aujourd’hui, incontournable dans le paysage politique ?
Nous pouvons, nous devons peser dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon comme en 2012 et même mieux qu’en 2012 !

Après le 37e Congrès du PCF : doutes, responsabilité et espérance

Déléguée au 37e Congrès du PCF, qui s’est tenu du 2 au 5 juin 2016, je sors de cette période intense de réflexion et de débats entre communistes avec des sentiments mitigés.

L’essentiel des débats entre communistes a porté sur notre stratégie de rassemblement, notamment en vue des échéances de 2017. La proposition, portée par la direction nationale sortante, de participer à l’organisation d’une primaire, pour désigner le candidat de la gauche à l’élection présidentielle, a tout particulièrement cristallisé les débats.

Par ailleurs, dans la première version du texte soumise au débat des communistes, le Front de gauche avait littéralement disparu. Il a ensuite été réintégré mais plutôt pour constater son état de mort clinique, sans faire l’effort suffisant d’analyse pour expliquer ce qui nous avait conduits à cet état de fait, la part de responsabilité que nous portions, alors que nous avions confirmé, lors de notre précédent Congrès (en 2013), la stratégie du Front de gauche et décidé de lui donner un nouvel élan (ce qui devait constituer sa « saison 2 »).

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Ces insatisfactions m’ont conduite à m’associer à la rédaction d’une base commune alternative de discussion, proposée au vote des communistes, que nous avons nommée « Ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen. » Comportant bien sûr lui-même des défauts et des manques, notamment sur la stratégie pour les mois à venir, ce texte a recueilli 24% des suffrages des adhérent-e-s.

Cette démarche a aidé à mettre en lumière les doutes de bien des communistes sur la stratégie de la primaire, à replacer l’analyse du Front de gauche au cœur de nos débats de Congrès et à pousser les questions relatives à l’état de la gauche, notre rapport au PS et à la social-démocratie, la vocation majoritaire de notre rassemblement.

Au sortir du Congrès, quelques lignes ont bougé mais je reste dubitative quant à la stratégie retenue par les communistes.

Postulant qu’il n’est pas trop tard pour réussir à unir la gauche de transformation sociale pour les élections de 2017, cette stratégie consiste à organiser une grande consultation citoyenne, dont les communistes seraient les initiateurs et qu’il mettraient à disposition des organisations et des citoyen-ne-s, afin de définir une plateforme d’engagements communs, à laquelle devra adhérer le ou la candidate souhaitant se présenter à l’élection présidentielle. Cette plateforme devra être prête en octobre et une fois adoptée, s’il reste des candidats à départager, une primaire  (ou « tout autre processus de désignation citoyenne », comme le précise notre texte de Congrès) pourra être organisée, au mois de novembre.

Je ne suis convaincue ni par le calendrier, ni par le fond de la démarche.

Sur le calendrier, il me semble suicidaire d’attendre le mois de novembre pour entrer réellement en campagne, avec le risque de sortir divisés d’une démarche dont les contours restent flous et pour laquelle nous n’avons aucune assurance que d’autres veuillent s’associer à nous.

Par ailleurs, à juste titre, les communistes estiment nécessaire d’engager, dès le lendemain de leur Congrès, la campagne des élections législatives, refusant ainsi la présidentialisation du régime et mettant en avant la nécessité de disposer d’un groupe fort de parlementaires pour peser réellement dans les rapports de forces politiques et institutionnels. Mais comment engager cette campagne, désigner des candidat-e-s, élaborer des propositions sans avoir d’abord clarifié notre position pour l’élection présidentielle qui, malgré tout, structure la vie politique de notre pays ? Avec qui discuter, dans quel cadre puisque le Front de gauche est en sommeil mais que nous ne lui avons substitué aucun autre espace d’élaboration collective ? Doit-on mettre en place des collectifs ad hoc, dont je doute qu’ils soient très bien perçus ?

En outre, sur la votation citoyenne et l’éventuelle primaire, il reste beaucoup de flous. En aucun cas, Hollande, Valls ou Macron ne pourront y participer… mais s’agit-il d’une question de personnes ou d’une question politique ? Notre texte de Congrès parle d’un « clan » au pouvoir et élude, en fait, la question de la rupture à gauche, au motif de n’exclure personne et de laisser ouvertes toutes les possibilités de construire un rassemblement majoritaire. Mais s’il est louable et légitime de vouloir s’adresser à tous les électeurs dont le coeur bat à gauche, ce qui inclut donc une partie des électeurs socialistes, est-il raisonnable de vouloir encore ménager les responsables, qu’ils soient frondeurs ou non, d’un parti qui n’a plus de socialiste que le nom ?

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C’est la question de la stratégie de conquête du pouvoir qui est posée. Et elle ne se joue pas entre, d’un côté, les sectaires, ceux qui voudraient garder les mains propres et, de l’autre, ceux qui prendraient leurs responsabilités.

Pour espérer être majoritaires, il faut, bien sûr, viser bien au-delà de nos rangs, bien au-delà même de nos 4 millions d’électeurs de 2012. Mais pour espérer être entendus et utiles, il faut porter et rendre crédible l’idée d’une transformation radicale du système. Il faut gagner des rapports de forces. Cela suppose des ruptures, du courage – que nous ne pouvons pas avoir pour les autres mais que beaucoup attendent de nous.

Notre démarche ne doit pas être excluante mais elle doit être claire. Elle ne remet pas en cause, comme j’ai pu l’entendre, les expériences de gestion que nous avons, dans les collectivités territoriales, même si elle peut bien sûr conduire à les questionner, toujours à l’aune de cette dialectique entre l’exercice des responsabilités pour être utiles – ce qui suppose du pragmatisme et des compromis – et la poursuite d’une visée transformatrice de la société – ce qui nécessite de la radicalité.

Enfin, ce déploiement, cet élargissement du rassemblement, que nous appelons de nos vœux, doit bien trouver un point de départ.

Il me semble que le Front de gauche constitue ce point de départ. Même si nous avons perdu beaucoup de temps en ne produisant pas tous les gestes nécessaires, pour aider à le pérenniser et à le structurer, le Front de gauche reste un repère politique, que ni les communistes, ni Jean-Luc Mélenchon ne peuvent abandonner, sans devoir s’en justifier.

Plutôt que d’en appeler chacun de notre côté – les communistes, la France insoumise – à un contact direct « avec le peuple », incantation qui sert en fait de prétexte pour contourner le Front de gauche et ses militant-e-s, nous devrions retrouver le chemin des assemblées citoyennes et de cet enthousiasme militant qui nous avait fait déplacer des montagnes en 2012 et nous avait permis de faire grandir, au fil des mois, une dynamique et un rassemblement enfin porteurs d’espoir.

C’est ce que nous aurions dû faire depuis des mois, mettant en partage « L’humain d’abord », attentifs à l’évolution du mouvement social, proposant un espace politique ouvert à celles et ceux qui voudraient prolonger leur engagement, permettant à des figures nouvelles d’émerger.

C’est encore possible. Mais, compte tenu du temps perdu, il me semble aujourd’hui raisonnable de penser que Jean-Luc Mélenchon sera notre candidat pour l’élection présidentielle. J’aimerais que nous réglions cette question rapidement afin de pouvoir entrer en campagne, en construisant du collectif.

Mais ce n’est pas le chemin que les communistes ont choisi… pour l’instant.

Au cours de ce 37e Congrès, j’ai été élue, avec 169 autres camarades, au Conseil national, organe de direction du PCF. C’est une responsabilité et un honneur. La première réunion est prévue le vendredi 17 juin et portera sur les suites à donner au Congrès, en commençant par engager le processus de consultation citoyenne.

2016 : du cœur et du courage

Du cœur pour rire, partager, découvrir.

Du cœur pour voir les injustices et n’y être jamais insensible.

Du cœur pour aimer la vie.

 

Du courage pour continuer de croire en une vie meilleure, une société plus juste et donner du temps, de l’énergie pour y contribuer.

Du courage pour être lucide sur nos erreurs, abandonner quelques certitudes, poser les bonnes questions et chercher les réponses au-delà des frontières habituelles.

Du courage pour marcher le coeur et la tête droite, même en prenant quelques chemins de traverse.

 

2016, après 2015 : du cœur et du courage, il nous faudra au moins ça !

Dimanche, j’utiliserai ma voix

J’ai hésité à rester sans voix jusqu’à dimanche, 20h.

D’abord, il y a la tristesse des résultats au soir du premier tour. On a beau s’y attendre, on ne s’y prépare pas.

À Fontenay, la liste du Front de gauche remporte un score honorable (17.5%), derrière le Parti socialiste (26%) et la droite (23%) mais l’abstention reste de loin le parti de la majorité des Fontenaysiens.

Dans le pays, le Front de gauche, avec différentes stratégies, subit un échec cuisant et humiliant, bien loin de cette alternative que nous prétendons incarner.

S’il y a encore un avenir pour le Front de gauche, il ne pourra passer que par la conscience aiguë d’une urgence à faire autrement.

Dans mon département, par exemple, nous avons d’abord été guidés par le souci d’avoir des élus. C’est un objectif que je ne renie pas mais les élus sont d’autant plus utiles qu’ils sont portés par une légitimite populaire, qu’ils donnent de la fierté et le sentiment d’être représenté-e-s à celles et ceux qui les élisent.

Sans dynamique collective, sans intervention citoyenne, ce mouvement n’a que peu de chances d’exister alors que notre département regorge de talents, de disponibilités, de liens tissés… J’enrage de tout ce que nous aurions les moyens de faire et que nous ne faisons pas.

Alors, avec cette tristesse, avec ces regrets, que faire ?

Voter, dimanche, pour le candidat du Parti socialiste – et pas n’importe lequel ! – n’est-ce pas entretenir un système, exprimer une forme d’adhésion à ce parti qui, au Gouvernement, porte une grande responsabilité dans la situation actuelle de notre pays ?

Je me sens prise dans une forme de piège : voter pour le Parti socialiste et lui confier, de nouveau, des responsabilités, c’est prendre le risque de faire monter encore la désespérance, celle-là même qui fait grandir l’abstention et nourrit les votes extrêmes.

Alors, voter blanc ? Choisir de ne pas choisir ?

Tirer un trait d’égalité entre cette gauche qui a dirigé la région pendant 11 ans et la droite de Valérie Péçresse, l’amie de la Manif pour tous, celle qui se vante de supprimer les aides au logement social et le tarif unique de la carte de transports.

Faire, d’une certaine façon, le jeu du Front national qui profitera de l’abstention de gauche pour augmenter son poids dans le résultat final et, donc, le nombre de ses élus.

J’éprouve un sentiment de colère, un sentiment d’injustice d’en être réduite à ce choix qui n’en est pas vraiment un.

Pourtant, ma décision est prise :

Dimanche, j’utiliserai le bulletin Bartolone pour battre la droite et l’extrême-droite.

Et lundi, en tâchant d’être la plus consciente possible de nos lacunes, de nos erreurs…, à ma place, et avec mes camarades, je continuerai de mettre mes forces, mon engagement au service de cette alternative de gauche que nous méritons.

Pour qu’il n’y ait plus de tristes dimanches soirs et des lundis matins avec la gueule de bois.

 

Haut les coeurs !

Voir mon fils grandir. Imprimer ses rires dans mes oreilles et sur ma rétine car « le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants« .

(Re)faire du sport.

Lire des vrais livres, et pas seulement des notes et des rapports ! Dans ma liste de la rentrée littéraire : Les gens dans l’enveloppe d’Isabelle Monnin, Boussole de Mathias Enard, D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan. Commencer par aller les acheter chez mon ami Guillaume, qui tient la librairie Mot à mot à Fontenay.

M’éclipser quelquefois, à la pause déjeuner, pour aller au Méliès, « cinéma public » comme l’annonce fièrement son fronton et désormais le plus grand cinéma d’art et d’essai d’Europe.

Passer une soirée par semaine à la maison.

Ménager des pauses, des escapades et des échappées belles.

Faire tout cela et continuer d’être une femme, une mère, une cadre territoriale, une élue locale, une militante du mieux possible, sans frustrations et sans culpabilité.

Est-ce que les résolutions de rentrée ont plus de chances d’être respectées quand on prend le temps de les coucher sur le papier ?

Allez, haut les cœurs… et bonne rentrée !

 

Attentat de Charlie Hebdo : la solidarité contre la terreur

Charb, Wolinski, Cabu, Tignous, Bernard Maris : à prononcer, vos noms sont familiers. Voilà bien qui suscite tant d’émotion, d’hébètement, ce qui était sans nul doute l’effet recherché. Je n’oublie pas pour autant les quatre journalistes plus anonymes, les deux policiers, l’agent d’entretien, tous froidement assassinés dans l’exercice de leurs fonctions.

Je n’ai pas partagé tous les partis pris de Charlie Hebdo ces dernières années, j’avais eu l’occasion de le dire sur ce blog (ici). Mais là n’est pas la question ce soir car rien ne justifie qu’on puisse mourir pour ce qu’on écrit, ce qu’on dessine.

L’heure est avant tout à la solidarité avec les victimes, les familles et les proches des disparus et avec toutes celles et tous ceux que cette attaque blesse dans leur humanité.

Ce soir, je n’ai pas envie de faire mien le slogan, repris en boucle sur les réseaux sociaux : je ne suis pas Charlie, je suis une citoyenne bouleversée, inquiète, mais néanmoins animée d’espérance. Je crains les amalgames et ceux qui sauront utiliser cet événement pour attiser les peurs, les divisions, les haines. Je pense à mes compatriotes de confession ou de culture musulmane, dont beaucoup doivent redouter ces amalgames. Je pense à mon fils et au monde dans lequel il faut lui apprendre à grandir et à vivre.

J’espère que la communauté républicaine saura se rassembler, sans récupération, sans faux-semblants. Et qu’elle n’oubliera pas, le temps venu, de se demander quelle société peut engendrer de tels monstres.

8 mars : défendre nos conquêtes, gagner de nouveaux droits envers et contre tout(s) !

Je publie ci-dessous quelques extraits de l’intervention que j’ai prononcée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes :

Nous arrivons au terme du mandat municipal et c’est donc la sixième fois que je prends la parole devant vous à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Je le fais toujours avec beaucoup de plaisir et, cette année, avec une émotion particulière.

Malheureusement, en six ans, la nécessité d’agir pour les droits des femmes et pour l’égalité ne s’est pas atténuée, au contraire. En 2008, la crise économique commençait. Ce n’est pas cette crise qui a créé les inégalités entre les femmes et les hommes mais elle les a encore aggravées.

[...]

Malgré la bonne volonté affichée par le ministère des droits des femmes, il y a peu de chances que la situation s’améliore si le Gouvernement persiste dans la voie de l’austérité et de la réduction de la dépense publique. Car moins de dépenses publiques, c’est forcément moins de crèches, moins de prestations sociales…, en bref, moins de services publics pour accompagner les femmes dans leur quête d’autonomie et d’égalité.

Bien sûr, je l’ai dit, la crise n’est pas la responsable de tous les maux des femmes. Les racines des inégalités entre les femmes et les hommes sont profondément ancrées au cœur de nos sociétés, de nos pratiques sociales et culturelles et doivent interroger chacune et chacun d’entre nous.

[...]

A l’occasion du débat sur le mariage pour tous et, plus récemment, à propos des « ABCD de l’égalité » à l’école qui visent à sensibiliser les enfants à l’égalité entre les filles et les garçons, les discours les plus conservateurs, les plus archaïques se sont en effet libérés.

L’égalité fait peur car elle est un puissant facteur d’émancipation pour tous les individus. Car l’égalité, c’est la liberté pour chaque individu, homme ou femme, de vivre sa vie personnelle, amoureuse, sociale, professionnelle, comme il ou elle l’entend.

Alors, dans tout ça, que peut faire une Ville comme la nôtre pour améliorer la condition des femmes et progresser dans le sens de l’égalité entre les femmes et les hommes ?

[...]

Il est un domaine, en particulier, dans lequel je suis fière des progrès que nous avons faits : il s’agit de l’accompagnement des femmes victimes de violences. Nous avons travaillé sur l’accueil coordonné au sein des services municipaux, nous en avons fait un critère d’accès prioritaire au logement, nous avons soutenu l’ouverture d’appartements-relais dans la ville, nous avons renforcé les partenariats avec les associations locales qui travaillent dans ce domaine.

Le chemin est encore long pour éradiquer ce fléau des violences faites aux femmes. Je n’oublie pas Tanja, morte à Fontenay il y a quatre ans sous les coups de son ex-compagnon. Je pense à toutes ces femmes, rencontrées depuis six ans, qui ont poussé ma porte, ou celle de mes collègues, pour venir trouver de l’aide quand elles ont décidé de briser la spirale de la violence. Nous avons pu en aider certaines, même si nous avons quelquefois été confrontés à un grand sentiment d’impuissance. Je pense aussi à toutes ces femmes qui n’ont pas encore pu parler : je leur souhaite du courage et je leur dis que nous nous tiendrons à leurs côtés.

[...]

Il y a six ans, quand le Maire m’a proposé de prendre en charge la délégation aux droits des femmes, j’avoue que je n’avais pas forcément conscience de tous les combats qu’il y avait encore à mener pour atteindre l’égalité.

J’étais une jeune femme attachée à sa liberté et à ses droits. J’ai compris que ces droits n’étaient pas des acquis mais des conquêtes. J’ai mieux pris conscience des discriminations que nous continuons de subir en tant que femmes. On nous demande encore de faire nos preuves en nous adaptant à un monde pensé par et pour les hommes.

Je crois qu’il ne faut pas céder : il ne faut pas nous adapter à ce monde mais changer le monde à notre façon, pour en faire un monde d’égalité et de liberté. Les hommes nous diront « merci »… et peut-être même qu’ils nous aideront !

Un week-end en campagne (acte 1, scène 1)

Il va falloir que je me remette sérieusement au footing car j’ai vécu un week-end sportif… et ce n’est qu’un début, en cette année d’élections municipales !

Après un Conseil municipal, jeudi soir, assez tendu (mais, malgré les rodomontades de celui qui se voit déjà calife à la place du calife, tous les points à l’ordre du jour ont été adoptés…), certains ont dû être surpris de voir la dynamique militante qui a commencé à se déployer ce week-end pour faire connaître l’initiative du samedi 5 octobre prochain.

Flyer 5 octobreDans tous les quartiers, en effet, des points de distribution ont été organisés, pour inviter les Fontenaysien-ne-s à participer à cet événement qui marquera le lancement officiel de la campagne de notre Maire, Jean-François Voguet et de toutes celles et tous ceux qui veulent s’engager dans la construction d’un programme et d’une liste de large rassemblement des forces de gauche, écologistes et citoyennes.

Elus COCI à Jean ZayJ’ai commencé samedi matin par une distribution dans mon quartier Jean Zay, devant la boulangerie. L’accueil fut chaleureux, parce que les habitant-e-s du quartier ont l’habitude de nous rencontrer à cet endroit (ça aide de ne pas se réveiller seulement au moment des élections !) mais aussi parce qu’on sent un attachement réel à la politique municipale et à celui que bien des gens appellent « notre Maire ». Sans doute ces quelques lignes paraîtront-elles comme bien trop subjectives à quelques esprits malins mais je fais là encore le pari que la dynamique citoyenne qui va se mettre en branle dans les semaines à venir en surprendra plus d’un (en particulier parmi ceux qui ne prennent pas la mesure du rejet et de la colère que suscite la politique menée par le Gouvernement).

Distribution RigollotsDans l’après-midi, j’ai aussi grossi le nombre des copains qui, tout le week-end, ont battu le pavé dans le quartier des Rigollots, à l’occasion de la Fête d’automne, au cours de laquelle nous avons distribué plus de 2000 invitations pour l’initiative du 5 octobre. Quand les socialistes diviseurs sont passés devant nous, ils faisaient triste mine… Quant au candidat de la droite unie, qui a aussi arpenté les allées de la brocante, certes, il ne serre pas encore beaucoup de mains, tant son visage et son nom restent méconnus de la majorité des Fontenaysien-ne-s mais il est indéniable qu’il occupe le terrain et que la division de la gauche lui donne des espoirs (qui ne sont d’ailleurs pas complètement infondés, malheureusement).

Distribution OrdivalOutre cette activité militante déjà intense, le week-end fut également riche d’initiatives officielles. Samedi, en début d’après-midi, j’étais au collège Jean Macé pour la deuxième édition d’Ordival, c’est-à-dire la distribution par le Conseil général d’un ordinateur à tou-te-s les élèves entrant en sixième.

Art CitéEn fin de journée, j’étais à l’Hôtel de ville pour l’inauguration de la désormais traditionnelle et renommée manifestation Art Cité. J’ai eu des coups de coeur pour les toiles d’Isabelle Diffre, qui a d’ailleurs été primée, mais aussi pour les sculptures de Laurence Bessas-Joyeux, que je connaissais déjà puisqu’elle est installée à la Fonderie.

Cérémonie Chili 40 ansEnfin, ce dimanche matin, j’étais dans le Parc de l’Hôtel de ville pour une très belle cérémonie du souvenir 40 ans après le coup d’État au Chili et la disparition de Salvador Allende. Il y eut un grand moment d’émotion quand Jacques Damiani, ancien résistant déporté, déposa une gerbe devant ses camarades et ami-e-s latino-américains, dont il avait organisé l’accueil à Fontenay, à mesure que les dictatures les chassaient de leur pays. Un souffle, aussi fragile que tangible, traversa alors l’assistance : la conviction que se nichait là l’identité de notre ville, digne et rebelle, accueillante et solidaire, et que nous serions bien nombreux-ses pour la défendre dans les mois à venir…

Blog en congé maternité

Dimanche 14 juillet, ma vie a connu une petite révolution puisque j’ai mis au monde un petit garçon. Depuis, les nuits sont courtes mais les heures comptent triple !

Aventure intime, dont je n’ai pas l’intention de faire étalage sur ce blog à vocation politique, le fait de devenir mère renvoie également à des questionnements universels et philosophiques (la responsabilité vis-à-vis d’un autre que soi, les raisons qui poussent à devenir parents, les valeurs transmises par l’éducation…) mais aussi politiques.

Je pense à la possibilité, pour une femme, de concilier ses engagements personnels, professionnels et militants ou encore à la mise en oeuvre de la parité dans les tâches domestiques… A la maternité, je me suis lancée dans la lecture du livre d’Elisabeth Badinter, « Le Conflit : la femme et la mère ». Si je n’en partage pas toutes les conclusions, cet essai a eu le mérite de poser les bonnes questions, à l’heure où le naturalisme, remettant à l’honneur le concept d’instinct maternel, sert trop souvent de prétexte pour renvoyer les femmes a la maison. J’y reviendrai sûrement dans ces lignes.

Mais, pour l’heure, les semaines qui viennent seront consacrées à la découverte de la vie à trois, aux petites joies et aux grands bonheurs que procure l’arrivée, dans notre existence, d’un petit être qu’on a voulu d’amour. Je déclare donc ce blog en congé maternité et je souhaite à mes lecteurs et lectrices un bel été en ayant, comme chaque année, une pensée particulière et solidaire pour celles et ceux, malheureusement de plus en plus nombreux, qui ne prendront pas la route des vacances.