Après le 37e Congrès du PCF : doutes, responsabilité et espérance

Déléguée au 37e Congrès du PCF, qui s’est tenu du 2 au 5 juin 2016, je sors de cette période intense de réflexion et de débats entre communistes avec des sentiments mitigés.

L’essentiel des débats entre communistes a porté sur notre stratégie de rassemblement, notamment en vue des échéances de 2017. La proposition, portée par la direction nationale sortante, de participer à l’organisation d’une primaire, pour désigner le candidat de la gauche à l’élection présidentielle, a tout particulièrement cristallisé les débats.

Par ailleurs, dans la première version du texte soumise au débat des communistes, le Front de gauche avait littéralement disparu. Il a ensuite été réintégré mais plutôt pour constater son état de mort clinique, sans faire l’effort suffisant d’analyse pour expliquer ce qui nous avait conduits à cet état de fait, la part de responsabilité que nous portions, alors que nous avions confirmé, lors de notre précédent Congrès (en 2013), la stratégie du Front de gauche et décidé de lui donner un nouvel élan (ce qui devait constituer sa « saison 2 »).

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Ces insatisfactions m’ont conduite à m’associer à la rédaction d’une base commune alternative de discussion, proposée au vote des communistes, que nous avons nommée « Ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen. » Comportant bien sûr lui-même des défauts et des manques, notamment sur la stratégie pour les mois à venir, ce texte a recueilli 24% des suffrages des adhérent-e-s.

Cette démarche a aidé à mettre en lumière les doutes de bien des communistes sur la stratégie de la primaire, à replacer l’analyse du Front de gauche au cœur de nos débats de Congrès et à pousser les questions relatives à l’état de la gauche, notre rapport au PS et à la social-démocratie, la vocation majoritaire de notre rassemblement.

Au sortir du Congrès, quelques lignes ont bougé mais je reste dubitative quant à la stratégie retenue par les communistes.

Postulant qu’il n’est pas trop tard pour réussir à unir la gauche de transformation sociale pour les élections de 2017, cette stratégie consiste à organiser une grande consultation citoyenne, dont les communistes seraient les initiateurs et qu’il mettraient à disposition des organisations et des citoyen-ne-s, afin de définir une plateforme d’engagements communs, à laquelle devra adhérer le ou la candidate souhaitant se présenter à l’élection présidentielle. Cette plateforme devra être prête en octobre et une fois adoptée, s’il reste des candidats à départager, une primaire  (ou « tout autre processus de désignation citoyenne », comme le précise notre texte de Congrès) pourra être organisée, au mois de novembre.

Je ne suis convaincue ni par le calendrier, ni par le fond de la démarche.

Sur le calendrier, il me semble suicidaire d’attendre le mois de novembre pour entrer réellement en campagne, avec le risque de sortir divisés d’une démarche dont les contours restent flous et pour laquelle nous n’avons aucune assurance que d’autres veuillent s’associer à nous.

Par ailleurs, à juste titre, les communistes estiment nécessaire d’engager, dès le lendemain de leur Congrès, la campagne des élections législatives, refusant ainsi la présidentialisation du régime et mettant en avant la nécessité de disposer d’un groupe fort de parlementaires pour peser réellement dans les rapports de forces politiques et institutionnels. Mais comment engager cette campagne, désigner des candidat-e-s, élaborer des propositions sans avoir d’abord clarifié notre position pour l’élection présidentielle qui, malgré tout, structure la vie politique de notre pays ? Avec qui discuter, dans quel cadre puisque le Front de gauche est en sommeil mais que nous ne lui avons substitué aucun autre espace d’élaboration collective ? Doit-on mettre en place des collectifs ad hoc, dont je doute qu’ils soient très bien perçus ?

En outre, sur la votation citoyenne et l’éventuelle primaire, il reste beaucoup de flous. En aucun cas, Hollande, Valls ou Macron ne pourront y participer… mais s’agit-il d’une question de personnes ou d’une question politique ? Notre texte de Congrès parle d’un « clan » au pouvoir et élude, en fait, la question de la rupture à gauche, au motif de n’exclure personne et de laisser ouvertes toutes les possibilités de construire un rassemblement majoritaire. Mais s’il est louable et légitime de vouloir s’adresser à tous les électeurs dont le coeur bat à gauche, ce qui inclut donc une partie des électeurs socialistes, est-il raisonnable de vouloir encore ménager les responsables, qu’ils soient frondeurs ou non, d’un parti qui n’a plus de socialiste que le nom ?

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C’est la question de la stratégie de conquête du pouvoir qui est posée. Et elle ne se joue pas entre, d’un côté, les sectaires, ceux qui voudraient garder les mains propres et, de l’autre, ceux qui prendraient leurs responsabilités.

Pour espérer être majoritaires, il faut, bien sûr, viser bien au-delà de nos rangs, bien au-delà même de nos 4 millions d’électeurs de 2012. Mais pour espérer être entendus et utiles, il faut porter et rendre crédible l’idée d’une transformation radicale du système. Il faut gagner des rapports de forces. Cela suppose des ruptures, du courage – que nous ne pouvons pas avoir pour les autres mais que beaucoup attendent de nous.

Notre démarche ne doit pas être excluante mais elle doit être claire. Elle ne remet pas en cause, comme j’ai pu l’entendre, les expériences de gestion que nous avons, dans les collectivités territoriales, même si elle peut bien sûr conduire à les questionner, toujours à l’aune de cette dialectique entre l’exercice des responsabilités pour être utiles – ce qui suppose du pragmatisme et des compromis – et la poursuite d’une visée transformatrice de la société – ce qui nécessite de la radicalité.

Enfin, ce déploiement, cet élargissement du rassemblement, que nous appelons de nos vœux, doit bien trouver un point de départ.

Il me semble que le Front de gauche constitue ce point de départ. Même si nous avons perdu beaucoup de temps en ne produisant pas tous les gestes nécessaires, pour aider à le pérenniser et à le structurer, le Front de gauche reste un repère politique, que ni les communistes, ni Jean-Luc Mélenchon ne peuvent abandonner, sans devoir s’en justifier.

Plutôt que d’en appeler chacun de notre côté – les communistes, la France insoumise – à un contact direct « avec le peuple », incantation qui sert en fait de prétexte pour contourner le Front de gauche et ses militant-e-s, nous devrions retrouver le chemin des assemblées citoyennes et de cet enthousiasme militant qui nous avait fait déplacer des montagnes en 2012 et nous avait permis de faire grandir, au fil des mois, une dynamique et un rassemblement enfin porteurs d’espoir.

C’est ce que nous aurions dû faire depuis des mois, mettant en partage « L’humain d’abord », attentifs à l’évolution du mouvement social, proposant un espace politique ouvert à celles et ceux qui voudraient prolonger leur engagement, permettant à des figures nouvelles d’émerger.

C’est encore possible. Mais, compte tenu du temps perdu, il me semble aujourd’hui raisonnable de penser que Jean-Luc Mélenchon sera notre candidat pour l’élection présidentielle. J’aimerais que nous réglions cette question rapidement afin de pouvoir entrer en campagne, en construisant du collectif.

Mais ce n’est pas le chemin que les communistes ont choisi… pour l’instant.

Au cours de ce 37e Congrès, j’ai été élue, avec 169 autres camarades, au Conseil national, organe de direction du PCF. C’est une responsabilité et un honneur. La première réunion est prévue le vendredi 17 juin et portera sur les suites à donner au Congrès, en commençant par engager le processus de consultation citoyenne.

Conseil municipal du dimanche 22 mai 2016

Je reproduis ci-dessous l’intervention que j’ai prononcée, à l’occasion de l’élection du nouveau Maire de Fontenay, Jean-Philippe Gautrais, lors du Conseil municipal du dimanche 22 mai 2016.

Monsieur le Maire, cher François,
Mesdames, Messieurs,

Chers collègues,
Bien sûr, une grande émotion m’étreint au moment de prendre la parole, en cet instant si particulier.
Je précise, pour ceux qui en doutent, ou aimeraient en douter, que je ne parle pas au nom d’un clan, ni d’une famille. Je prends la parole au nom d’un collectif, celui que forme le groupe des élus Front de gauche, au sein d’une majorité municipale à laquelle nous sommes fiers d’appartenir, celle de Fontenay pour tous. Je remercie mes amis, mes camarades de m’avoir confié cet honneur et cette responsabilité.
Cette émotion que je ressens, que nous ressentons, aujourd’hui, ce n’est pas la tristesse. Car ce dimanche 22 mai n’est pas un jour triste : c’est une journée qui nous fait regarder vers l’avenir, avec confiance et avec enthousiasme.
Les sentiments qui nous animent, qui nous émeuvent, ce sont la fierté, la gratitude, la conscience des responsabilités qui nous incombent, le souvenir de celles et ceux qui ont construit cette ville avant nous et la confiance adressée à celui qui va devenir Maire.
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La fierté et la gratitude, c’est à vous, Monsieur le Maire, à toi, mon cher François, que nous l’exprimons.
Chaque élu du groupe pourrait raconter l’histoire singulière qui le lie à toi.
Comme je ne peux me faire la porte-parole de chaque histoire, de chaque anecdote, je voudrais retenir la confiance dont tu nous as couverts, soucieux de permettre le renouvellement, attentif à la place occupée par chacun.
Par ton humilité, par la constance et la justesse de tes engagements, à chacun d’entre nous, tu as appris à regarder d’abord et toujours les intérêts de la ville et de tous ses habitants. Tu nous as appris à regarder toujours du côté de ceux qui souffrent le plus, à chercher le possible et le juste pour construire une ville à taille humaine, où chacun puisse trouver sa place, où nous puissions tous vivre ensemble.
Tu nous as appris à refuser le sectarisme, les visions trop étroites, les solutions trop simples. Tu as fait de ton communisme un humanisme.
Nous sommes fiers de la décision que tu as prise et nous t’en sommes infiniment reconnaissants.
Nous savons que cette décision suscite de l’étonnement, tant cette pratique est inhabituelle dans le monde politique. Nous savons qu’elle suscite également de l’inquiétude, tant est fort le lien qui te lie à la ville et aux Fontenaysiens. Nous savons enfin qu’elle suscite du respect et de l’admiration.
Toutes ces réactions sont la marque du grand Maire que tu as été pour Fontenay.
Merci, François, pour ton action. Merci de nous avoir permis de faire partie de cette belle équipe. Nous sommes heureux de pouvoir poursuivre un bout de chemin avec toi.
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Au moment d’élire ton successeur, nous avons conscience des responsabilités qui nous incombent.
Dans notre pays, aujourd’hui, la démocratie est abîmée, la démocratie est en danger.
Nul homme, nulle femme politique ne peut à lui ou à elle seul(e) restaurer le lien de confiance, qui s’est distendu, entre les citoyens et les élus.
Mais, quel que soit l’échelon auquel on s’engage, nous portons chacun une part de responsabilité. Au sein du groupe Front de gauche, nous en sommes pleinement conscients.
Nous ne prétendons pas être des modèles, ni des symboles.
Nous nous appelons François, Solène, Assia, Claude, Sokona, Anne, Gilles, Olpha, Loïc, Michèle, Sylvie, Pascal, Vanessa, Philippe, Delphine, Didier, Nora.
Nous sommes ingénieur, secrétaire, cadre, agent d’accueil, juriste, assistante dentaire, ouvrier, enseignant, cheminot, chercheur, journaliste. Nous sommes en activité, à la recherche d’un emploi stable, à la retraite ou en disponibilité pour exercer un mandat électif.
Nous habitons les Larris, Jean Zay, la Redoute, les Alouettes, Bois Cadet, le Terroir, le centre-ville, le vieux Fontenay, les Rigollots.
Nous connaissons le monde du travail. Nous habitons tous les quartiers de la ville.
Dans nos prénoms et dans nos parcours, c’est l’histoire et l’identité de notre ville qui résonnent.
Nous voulons nous attacher à en être des représentants dignes, des élus dévoués et, ainsi, réparer un peu la démocratie.
Nous sommes très fiers que l’une d’entre nous, Assia Nait-Bahloul, prenne aujourd’hui des fonctions d’adjointe. Avec ce premier choix, Jean-Philippe, tu confirmes cette pratique du renouvellement, le choix de la transmission et de la confiance en l’avenir.
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Cher Jean-Philippe, nous sommes très heureux de t’élire aujourd’hui comme Maire.
Avec toi, nous savons que les Fontenaysiennes et les Fontenaysiens pourront compter sur un Maire compétent.
Cette compétence, tu l’as démontrée, depuis 2008, dans la conduite de projets déterminants pour l’avenir de la ville : l’élaboration du Programme local de l’habitat, les programmes de rénovation du parc social, la mise en place de la Société publique locale d’aménagement, la révision du Plan local de l’urbanisme.
Dans tous ces projets, mettant à profit une connaissance fine de la ville qui t’a vu grandir, tu as déployé une vision équilibrée du développement de la ville, utilisant tous les outils de la régulation publique pour lutter contre les effets de la spéculation foncière et immobilière et garder, en ce coeur de métropole que constitue Fontenay, une place pour chacun.
Cette compétence, tu l’as démontrée aussi dans ta façon d’exercer tes fonctions d’élu depuis 2008. Ne comptant pas tes heures, jonglant sans cesse avec ton activité professionnelle, tu as mis tes qualités d’écoute, ta disponibilité, ta sensibilité au service des Fontenaysiens.
Ta jeunesse, ton expérience de l’engagement associatif, ton parcours – de l’école Henri Wallon au siège de premier magistrat de cette ville – ne sont pas seulement des symboles : ce sont des atouts, qui vont donner un souffle nouveau à la gestion de cette ville, dans le respect et la fidélité à nos valeurs et à notre programme.
Devenir Maire, en particulier dans le contexte actuel, est un choix courageux. Tu nous trouveras à tes côtés pour exercer les responsabilités, présents sur le terrain, à l’écoute de nos concitoyens, attentifs à tout ce qui vit dans la ville.
A tes côtés, nous nous portons aussi les garants du rassemblement et de la cohésion de la majorité municipale. Nous n’avons pas de tentation hégémonique. Nous sommes nous-mêmes trop divers pour faire le choix de l’uniformité.
C’est sans doute le plus bel enseignement que nous a légué Louis Bayeurte, auquel nous pensons aujourd’hui.
L’engagement politique n’a de sens que s’il permet de faire travailler ensemble les hommes et les femmes de bonne volonté, s’il est mis à la disposition des citoyens et de l’intérêt général.
Nous ne sommes pas élus pour faire carrière.
Ce qui nous anime, c’est la conviction que l’action et l’engagement politiques peuvent contribuer à changer la vie, si nous restons toujours du côté de celles et ceux qui souffrent. Ce qui nous guide, c’est l’amour pour notre ville, la volonté de poursuivre une histoire – celle d’une ville fière, rebelle, solidaire, qui trace un chemin différent.
« Au printemps, dit le poète,
Tout a couleur de l’espérance
Que l’on se batte dans la rue
Ou qu’on y danse
Au printemps, de quoi rêvais-tu ?
D’un printemps ininterrompu »
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Cher Jean-Philippe, Monsieur le Maire, nous te faisons pleinement confiance pour poursuivre la belle histoire de Fontenay et nous sommes fiers, si fiers, d’emprunter ce chemin avec toi.
Je vous remercie de votre attention.

2016 : du cœur et du courage

Du cœur pour rire, partager, découvrir.

Du cœur pour voir les injustices et n’y être jamais insensible.

Du cœur pour aimer la vie.

 

Du courage pour continuer de croire en une vie meilleure, une société plus juste et donner du temps, de l’énergie pour y contribuer.

Du courage pour être lucide sur nos erreurs, abandonner quelques certitudes, poser les bonnes questions et chercher les réponses au-delà des frontières habituelles.

Du courage pour marcher le coeur et la tête droite, même en prenant quelques chemins de traverse.

 

2016, après 2015 : du cœur et du courage, il nous faudra au moins ça !

Dimanche, j’utiliserai ma voix

J’ai hésité à rester sans voix jusqu’à dimanche, 20h.

D’abord, il y a la tristesse des résultats au soir du premier tour. On a beau s’y attendre, on ne s’y prépare pas.

À Fontenay, la liste du Front de gauche remporte un score honorable (17.5%), derrière le Parti socialiste (26%) et la droite (23%) mais l’abstention reste de loin le parti de la majorité des Fontenaysiens.

Dans le pays, le Front de gauche, avec différentes stratégies, subit un échec cuisant et humiliant, bien loin de cette alternative que nous prétendons incarner.

S’il y a encore un avenir pour le Front de gauche, il ne pourra passer que par la conscience aiguë d’une urgence à faire autrement.

Dans mon département, par exemple, nous avons d’abord été guidés par le souci d’avoir des élus. C’est un objectif que je ne renie pas mais les élus sont d’autant plus utiles qu’ils sont portés par une légitimite populaire, qu’ils donnent de la fierté et le sentiment d’être représenté-e-s à celles et ceux qui les élisent.

Sans dynamique collective, sans intervention citoyenne, ce mouvement n’a que peu de chances d’exister alors que notre département regorge de talents, de disponibilités, de liens tissés… J’enrage de tout ce que nous aurions les moyens de faire et que nous ne faisons pas.

Alors, avec cette tristesse, avec ces regrets, que faire ?

Voter, dimanche, pour le candidat du Parti socialiste – et pas n’importe lequel ! – n’est-ce pas entretenir un système, exprimer une forme d’adhésion à ce parti qui, au Gouvernement, porte une grande responsabilité dans la situation actuelle de notre pays ?

Je me sens prise dans une forme de piège : voter pour le Parti socialiste et lui confier, de nouveau, des responsabilités, c’est prendre le risque de faire monter encore la désespérance, celle-là même qui fait grandir l’abstention et nourrit les votes extrêmes.

Alors, voter blanc ? Choisir de ne pas choisir ?

Tirer un trait d’égalité entre cette gauche qui a dirigé la région pendant 11 ans et la droite de Valérie Péçresse, l’amie de la Manif pour tous, celle qui se vante de supprimer les aides au logement social et le tarif unique de la carte de transports.

Faire, d’une certaine façon, le jeu du Front national qui profitera de l’abstention de gauche pour augmenter son poids dans le résultat final et, donc, le nombre de ses élus.

J’éprouve un sentiment de colère, un sentiment d’injustice d’en être réduite à ce choix qui n’en est pas vraiment un.

Pourtant, ma décision est prise :

Dimanche, j’utiliserai le bulletin Bartolone pour battre la droite et l’extrême-droite.

Et lundi, en tâchant d’être la plus consciente possible de nos lacunes, de nos erreurs…, à ma place, et avec mes camarades, je continuerai de mettre mes forces, mon engagement au service de cette alternative de gauche que nous méritons.

Pour qu’il n’y ait plus de tristes dimanches soirs et des lundis matins avec la gueule de bois.

 

Haut les coeurs !

Voir mon fils grandir. Imprimer ses rires dans mes oreilles et sur ma rétine car « le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants« .

(Re)faire du sport.

Lire des vrais livres, et pas seulement des notes et des rapports ! Dans ma liste de la rentrée littéraire : Les gens dans l’enveloppe d’Isabelle Monnin, Boussole de Mathias Enard, D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan. Commencer par aller les acheter chez mon ami Guillaume, qui tient la librairie Mot à mot à Fontenay.

M’éclipser quelquefois, à la pause déjeuner, pour aller au Méliès, « cinéma public » comme l’annonce fièrement son fronton et désormais le plus grand cinéma d’art et d’essai d’Europe.

Passer une soirée par semaine à la maison.

Ménager des pauses, des escapades et des échappées belles.

Faire tout cela et continuer d’être une femme, une mère, une cadre territoriale, une élue locale, une militante du mieux possible, sans frustrations et sans culpabilité.

Est-ce que les résolutions de rentrée ont plus de chances d’être respectées quand on prend le temps de les coucher sur le papier ?

Allez, haut les cœurs… et bonne rentrée !

 

Attentat de Charlie Hebdo : la solidarité contre la terreur

Charb, Wolinski, Cabu, Tignous, Bernard Maris : à prononcer, vos noms sont familiers. Voilà bien qui suscite tant d’émotion, d’hébètement, ce qui était sans nul doute l’effet recherché. Je n’oublie pas pour autant les quatre journalistes plus anonymes, les deux policiers, l’agent d’entretien, tous froidement assassinés dans l’exercice de leurs fonctions.

Je n’ai pas partagé tous les partis pris de Charlie Hebdo ces dernières années, j’avais eu l’occasion de le dire sur ce blog (ici). Mais là n’est pas la question ce soir car rien ne justifie qu’on puisse mourir pour ce qu’on écrit, ce qu’on dessine.

L’heure est avant tout à la solidarité avec les victimes, les familles et les proches des disparus et avec toutes celles et tous ceux que cette attaque blesse dans leur humanité.

Ce soir, je n’ai pas envie de faire mien le slogan, repris en boucle sur les réseaux sociaux : je ne suis pas Charlie, je suis une citoyenne bouleversée, inquiète, mais néanmoins animée d’espérance. Je crains les amalgames et ceux qui sauront utiliser cet événement pour attiser les peurs, les divisions, les haines. Je pense à mes compatriotes de confession ou de culture musulmane, dont beaucoup doivent redouter ces amalgames. Je pense à mon fils et au monde dans lequel il faut lui apprendre à grandir et à vivre.

J’espère que la communauté républicaine saura se rassembler, sans récupération, sans faux-semblants. Et qu’elle n’oubliera pas, le temps venu, de se demander quelle société peut engendrer de tels monstres.

Oui à la laïcité, non aux discriminations !

Je m’associe pleinement à l’appel que plusieurs collectifs, défendant notamment les droits des femmes portant le voile, ainsi que des universitaires et des personnalités engagées à gauche ont publié, en cette date symbolique du 18 juin : « Appel du 18 juin 2014 : oui à la laïcité, non aux discriminations ».

L’appel, que vous trouverez ci-dessous, demande l’abrogation de la circulaire Chatel, qui interdit aux mères d’élèves de participer aux sorties scolaires, lorsqu’elles portent le voile. Dans ces lignes, je m’étais moi-même déjà insurgée contre cette humiliation faite à certaines femmes (pratiquée dans au moins une école de Fontenay) et avais rappelé mon opposition à la loi du 15 mars 2014, sur le port de signes religieux à l’école.

Cette position ferme n’enlève rien à mes interrogations sur le voile. Mais je m’interdis de porter un jugement sur celles qui font le choix de le porter et, surtout, je reste convaincue que la République ne peut être fidèle à elle-même quand elle fait le choix de l’exclusion, de la discrimination, de l’humiliation. Quant au repli communautaire, si souvent brocardé comme une menace et utilisé en réalité pour stigmatiser une seule religion, il serait temps de l’analyser davantage comme un symptôme que comme une cause d’une République qui va mal.

Partout, des exemples nous laissent heureusement penser que le vivre ensemble est toujours possible, bien qu’il nous appartienne de l’entretenir, de le développer comme un bien commun, à la fois fragile et précieux.

L’inauguration de la mosquée de Fontenay, hier, en présence de la communauté musulmane mais aussi des élu-es, des représentants des communautés juive et chrétienne, de Fontenaysien-nes en est une belle illustration. Je suis fière que ce projet, porté depuis de longues années par l’Association Cultuelle Musulmane Fontenaysienne, ait été soutenu par la municipalité (malgré l’opposition d’une partie de la majorité municipale d’alors). Ce fut « un moment de joie et un moment d’histoire pour notre ville », comme l’a justement souligné M. le Maire, un moment qui appartient à la communauté des citoyen-nes.

Appel du 18 juin : oui à la laïcité, non aux discriminations

Nous, femmes voilées interdites de sorties scolaires, mais aussi parents d’élèves, femmes, syndicalistes, politiques, militant-e-s associatifs, femmes et hommes politiques, intellectuel-le-s, citoyen-ne-s, lançons un appel pour le respect de la laïcité et la fin des traitements discriminatoires

A l’heure où la France fait la une des journaux du monde entier, où la patrie des droits humains est devenue la patrie du rejet des étrangers, des « autres », de toutes celles et de tous ceux qui ne correspondent pas à la norme dominante (blanc, homme, chrétien, riche…), nous lançons cet appel pour tenter un sursaut et faire émerger de l’intelligence, du désir d’être ensemble quelles que soient nos différences.

Parce que nous portons un foulard, nous n’avons pas le droit d’accompagner nos enfants aux sorties scolaires, mais nous avons le droit de nous présenter aux élections de délégués de parents d’élèves, nous avons le droit de siéger dans les conseils d’écoles, nous avons le droit de participer aux activités dans l’enceinte de l’école mais nous sommes surtout les bienvenues pour faire des gâteaux…

Nous ne pouvons pas trouver les arguments cohérents pour expliquer cela à nos enfants, sans parler des doutes et interrogations qu’ils vivent chaque jour face à l’exclusion de leur mère. Que penser à leur âge de la maltraitance subie par leur maman de la part de l’institution scolaire ?

Malgré la multiplication des agressions, des discriminations et des humiliations… que nous subissons chaque jour devant nos enfants, nos voisins, les parents d’élèves, les enseignants, nous poursuivons nos mobilisations et nos actions, pour que la laïcité, qui articule la neutralité des institutions et les libertés individuelles des citoyens, soit enfin respectée et appliquée.

Notre résistance face à toutes ces intimidations s’amplifie chaque jour afin de poursuivre notre but : citoyennes de ce monde, nous revendiquons l’égalité pour toutes. Nous exigeons l’arrêt des traitements discriminatoires.

Rien ne nous fera reculer, nous sommes déterminées à être présentes, engagées à part entière dans cette société, à l’école comme dans nos quartiers, au travail comme dans nos familles. Partout où nos droits sont bafoués.

Nous, signataires de cet appel, demandons l’abrogation de la circulaire Chatel, cette circulaire sexiste et islamophobe, ainsi que toutes les lois et circulaires discriminatoires qui l’ont précédée.

Islamophobie, discriminations, sexisme, injustice, inégalités, stigmatisation : ça suffit.

Nous invitons les femmes, les parents d’élèves, la société civile, les journalistes, les intellectuels, les enseignants, les politiques, les mouvements féministes et les associations à nous rejoindre et à soutenir ce combat : celui de la laïcité, celui de l’égalité, à mettre fin à ces peurs sans cesse agitées favorisant la montée de l’extrémisme qui contribue à monter les populations les unes contre les autres.

« J’habite une douleur »

Ce qui est le plus choquant ce matin, c’est que la France ne soit pas choquée. « Séisme », « tsunami », les images ne manquent pas mais elles sont trop éculées pour faire sens. Les discours des responsables politiques tournent à vide. Le traumatisme du 21 avril 2002 semble appartenir à un autre siècle. 

Dans un contexte d’abstention très élevée (56,9%), un électeur sur quatre, soit 4 701 051 personnes, a voté pour les listes du Front national. C’est 1,7 million de voix en moins que le score de Marine Le Pen à l’élection présidentielle.
 
Au cours de cette élection européenne, il n’y a donc pas davantage de personnes qui ont franchi le pas de voter pour l’extrême-droite. La progression du Front national n’est pas numérique, elle est psychologique. Qui est encore convaincu que le Front national est un parti dangereux pour la démocratie ? Qui s’est réveillé ce matin en ayant peur de ce qui se passe dans notre pays ?
 
Voilà bien ce qui m’inquiète. Il existe encore une majorité de Français qui ne sont pas prêts à voter pour le Front national. Mais ils sont de plus en plus nombreux à rester indifférents, voire à se dire « après tout, pourquoi pas ? ».
 
Je ne me joins pas aux discours de ceux qui blâment les abstentionnistes. Il existe des comportements négligents, désinvoltes vis-à-vis du vote, qu’il faut sûrement continuer de condamner. Mais je crois que l’abstention est devenue, dans notre pays, un phénomène politique.
 
Pour aller voter, il faut être convaincu que le vote peut avoir un impact sur la vie réelle. De ce point de vue, l’élection européenne est sans doute la plus compliquée. Il n’est plus à démontrer que l’Union européenne est une construction éloignée des citoyens, dans le fond et dans la forme. Si les analystes disent que les électeurs se sont déterminés sur des considérations européennes, je crois que la politique menée dans le pays est aussi pour beaucoup dans les choix fait par nos concitoyens – dans le vote comme dans l’abstention.
 
En tout cas, j’ai été frappée de voir certaines personnes très investies dans la campagne pour l’élection municipale ne pas comprendre l’intérêt d’aller voter pour l’élection européenne. Au moment des municipales, j’avais souligné, avec d’autres, cette perception de la commune comme rempart. Pour filer la métaphore, il est difficile de faire comprendre qu’il s’agit d’un rempart dont les fondations sont de plus en plus fragiles, si on ne change pas les orientations prises dans le pays et en Europe.
 
Au niveau local, nous allons être condamnés à l’impuissance et les citoyens nous reprocheront – à raison ! – cette impuissance, sans saisir qu’ils en sont aussi responsables. Voilà le difficile mandat qui est le nôtre : continuer de mener et, si possible, de développer des politiques solidaires, utiles au plus grand nombre, tout en faisant progresser la conscience d’un système qui ne tourne pas rond et d’une responsabilité collective pour le remettre à l’endroit.
 
Dans mes nouvelles fonctions, qui me mettent notamment en contact avec de nombreuses associations locales, j’ai décidé de ne pas cacher les difficultés auxquelles nous faisons face, d’une part parce que la situation ne m’en laisse pas vraiment le choix (nous avons voté un budget avec des lignes de fonctionnement en baisse !) mais aussi car je me dis qu’il existe une seule alternative : soit nous parvenons à transformer les colères, les déceptions que suscite cette situation en mouvement pour le changement, en point de départ pour la mobilisation ; soit il n’y aura de toute façon bientôt plus d’intérêt à être élu local, si tant est qu’on considère que le seul intérêt du mandat électif, c’est la capacité à changer les choses.
 
Dans ce mandat, plus que jamais, je continuerai donc d’être une élue et une militante, une adjointe au Maire consciencieuse et une ouvrière zélée de la construction du Front de gauche, ouverte à la critique, bâtisseuse de petits ponts, à la disposition du rassemblement. Fontenay, qui a placé le Front de gauche en tête des forces politiques à l’issue de l’élection européenne, est un bel endroit pour s’assigner un tel programme.
 

La victoire au coeur lourd

J’ai vécu hier soir une expérience inédite : la victoire au cœur lourd.

Entre la ville où j’ai grandi et celle où je travaille, toutes deux conquises par la droite, et quelques autres encore emportées par la vague bleue, il y avait donc bien Fontenay la rebelle, avec à sa tête le maire le mieux élu du Val-de-Marne.

Pendant que Jean-François Voguet proclamait les résultats, il me coulait des larmes d’émotions mêlées. Je ressentais, bien sûr, la fierté d’avoir participé à cette belle aventure, déjà décrite dans ces lignes et le soulagement d’avoir gagné, après six mois intenses de campagne.

Mais Fontenay n’est pas un îlot et, comme bien des camarades, je ne pouvais me départir d’une certaine tristesse, d’une inquiétude. Au-delà de ma situation personnelle, je pensais aux Maires communistes battus, à la douzaine de villes tombées aux mains du Front national et au paysage politique dans lequel il nous faudra désormais agir.

 

L’analyse de cette séquence électorale prendra un peu de temps et je ne prétends surtout pas la conduire seule ! Néanmoins, à partir de la situation de Fontenay, je me risque à avancer quelques facteurs d’explication, qui pourront nourrir la réflexion collective.

Il y a tout d’abord la popularité de notre Maire, constatée chaque jour de la campagne. Je sais que certains continuent de lui reprocher une certaine distance. En réalité, sa popularité est d’autant plus solide qu’elle se fonde sur le respect et la confiance qu’inspire un homme intègre et jamais sûr de son fait.

Il y a également cette conception particulière du mandat électif, initiée hier par Louis Bayeurte, poursuivie aujourd’hui par Jean-François Voguet, qui veut que les élu-e-s soient très présents sur le terrain, dans les initiatives municipales ou associatives, dans leurs quartiers respectifs, à la mairie… Nous devons cette disponibilité à nos concitoyens. Mais c’est aussi ce qui nous permet d’être toujours attentifs – et, si possible, réactifs – à ce qui se vit, se dit, s’échange dans la ville. Je crois que cette présence, intense et continue, est mise à notre crédit.

Il faut ajouter que cette présence a d’autant plus de poids que le Maire n’hésite pas à déléguer les responsabilités, dans un cadre collectif de fonctionnement. Ca aide à trouver sa place, à se sentir légitime pour aller dans tel ou tel endroit et, bien sûr, pour prendre des décisions et agir.

 

Pour en venir à des éléments pour une analyse plus globale, il semble acquis que la politique nationale a très fortement pesé dans le vote – et plus que je ne l’avais imaginé. Pour ma part, je pensais le rassemblement possible avec le Parti socialiste, malgré mon opposition à la politique gouvernementale, car je croyais que les choix des électeurs seraient avant tout guidés par des considérations locales. Je reconnais m’être trompée sur ce point. Cela laisse ouvert en entier le chantier de la reconstruction de la gauche.  

Pourquoi, dans ce contexte, les maires communistes ont-ils connu des fortunes si diverses, avec plusieurs pertes lourdes et symboliques en banlieue (Bobigny, Saint-Ouen, Villejuif…) au profit de la droite, que ne compensent pas les victoires à Aubervilliers et Montreuil (déjà à gauche) ?  Sans doute avons-nous bénéficié à Fontenay d’un contexte un peu moins dur qu’ailleurs – contexte qui n’est pas déconnecté, soit dit en passant, des choix politiques qui ont été faits dans cette ville depuis cinquante ans.

En tout cas, dans des villes moins mixtes socialement que la nôtre, plus pauvres également, il semble que les politiques municipales, même frappées du sceau de la solidarité et de la justice sociale, aient plus vite atteint leurs limites. Les réponses, mais aussi les perspectives données,  n’ont pas semblé suffisantes. Là où ce sentiment d’insuffisance aurait pu (aurait dû) aboutir à une démarche de construction et de mobilisation collective avec les équipes municipales en place, les Maires et les équipes sortants, mis en difficulté ou battus, ont été au contraire accusés d’éloignement, de déconnexion…

A Fontenay, sans céder aux promesses faciles (la pression était par exemple forte sur la police municipale), il me semble que nous avons réussi à faire passer le message, évidemment de façon partielle et inachevée, que la réalisation de notre programme ne serait possible qu’avec une mobilisation citoyenne d’ampleur.

C’est à cette mobilisation, alliant luttes sociales et engagement politique, que le Front de gauche doit œuvrer – sans pour autant chercher à l’encadrer, voire à la contenir complètement – s’il veut contribuer à la reconstruction de la gauche, perspective indispensable pour qui rêve encore à des jours « couleur d’orange » !

Donner une belle victoire à la gauche le 30 mars !

48 heures après le premier tour des élections municipales, certains enseignements semblent clairs : un vote-sanction contre le Gouvernement, en particulier dirigé contre le Parti socialiste (et dont pâtissent les autres forces de gauche, à commencer par le PCF-Front de gauche, quand elles lui sont alliées) ; une abstention élevée, notamment dans les quartiers populaires ; une droite en reconquête ; un Front national en progression (même si cette progression devra aussi se jauger en nombre de voix) et un certain nombre de villes de gauche qui ne seront « sauvées » dimanche prochain qu’au prix de triangulaires avec ledit Front national.

A Fontenay, au regard de tous ces paramètres, on apprécie d’autant mieux le beau score réalisé par la liste « Fontenay pour tous », qui recueille 48,4% des suffrages exprimés, soit 8055 voix, loin devant la droite (30,31%), le Parti socialiste (13,05%) et la liste de centre-droit (8,22%). En revanche, on ne peut se féliciter du taux de participation (52,10%), en baisse par rapport en 2008 (-2,66%) et légèrement en-dessous du taux de participation départemental (52,78%). Cependant, je note que la participation a été meilleure à Fontenay que dans la plupart des villes populaires du département (par exemple, l’abstention a largement passé la barre des 50% à Vitry et à Créteil et, dans une moindre mesure à Ivry et à Villejuif).

Les nombreuses discussions au porte-à-porte, dans les points de rencontre qui nous ont permis de convaincre certains abstentionnistes et de gagner des voix, une par une, ont sans doute porté leurs fruits. L’abstention reste néanmoins très élevée dans certains bureaux de la ville, implantés dans les quartiers les plus populaires (La Redoute, une partie des Larris, de Bois Cadet et de Jean Zay) mais, dans ces mêmes bureaux, les électeurs qui se sont déplacés ont massivement placé en tête la liste « Fontenay pour tous » (qui y dépasse largement les 50%, voire les 60%), nous accordant une confiance qui nous oblige et qui constitue – doit constituer – un socle pour l’avenir.

Comme je l’écrivais dans un précédent billet, cette campagne nous a en effet permis de déployer une dynamique et un engagement citoyens inédits. Il ne s’agit pas de les mettre sous cloche jusqu’à la prochaine fois… ce serait d’ailleurs difficile ! Par contre, il nous appartient de donner à cet engagement citoyen un espace pour grandir, s’affirmer, y compris en nous bousculant ! Bien sûr, nous devrons innover pour être une ville vraiment citoyenne, avec des pratiques démocratiques renforcées. De sujets apparemment techniques (la Métropole du Grand Paris, les règles locales d’urbanisme…), il nous faudra faire des enjeux de mobilisation populaire. C’est à ce prix que nous pourrons mettre en oeuvre le programme que nous proposons aux électrices et électeurs.

Mais j’y reviendrai une fois que nous serons élus… car il reste encore le deuxième tour ! Et ce n’est jamais une formalité, même si la droite ne semble pas en position de reconquête. En effet, elle perd en pourcentage (-2,35%) et en voix (-560 voix) par rapport à 2008, dans un contexte national pourtant plus favorable pour elle. Sans doute la liste conduite par Murielle Michon a-t-elle capté une partie de son électorat : à ce sujet, et bien que la tête de liste elle-même n’ait pas donné de consigne de vote, l’appel sans conditions et sans délais du MODEM, qui soutenait cette liste, à voter pour le candidat de droite aura eu raison des illusions des quelques-uns qui pensaient trouver là une alternative « ni de gauche, ni de droite ».

Quant au score du Parti socialiste (13,05%), il se passe de commentaires trop longs.  La déception affichée par M. Bédouret et ses colistiers, qui espéraient  »donner un nouvel élan à Fontenay » et, pour cela lui offrir un maire socialiste, en dit déjà beaucoup du décalage qu’il y a entre les aspirations populaires et les pratiques et solutions qu’une partie des responsables socialistes s’obstinent à proposer.  M. Bédouret a choisi de se contenter d’un appel à battre la droite, sans fusion des listes : je crois que ce choix convient au plus grand nombre des militant-e-s, tant la gestion municipale et la campagne agressive du Parti socialiste, en plus de nos graves divergences au plan national, nous avaient éloignés ces derniers mois.

Je pense néanmoins aux 2173 électeurs socialistes : pour moi, ils continuent de représenter une force vivante de la gauche. Je vois dans leur vote l’expression d’un attachement au pluralisme, qui caractérise l’histoire et l’identité de notre ville depuis 49 ans. A l’aube du second tour, je ne doute pas que la majorité d’entre eux saura apprécier le renouvellement, la diversité des parcours et des sensibilités que porte notre liste conduite par un homme intègre et expérimenté et qu’ils sauront reconnaître, dans le programme « Fontenay pour tous », les valeurs de gauche qui sont notre bien commun et notre seule issue dans le marasme actuel.

En avant, donc, pour donner à la gauche solidaire, écologiste et citoyenne, une belle victoire, dimanche 30 mars, à Fontenay !