Après le vote des communistes, soulagement et espoir

Ce week-end, les communistes français ont choisi, à 53.6%, de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon, inversant le vote des cadres du Parti, trois semaines plus tôt (à l’issue de la Conférence nationale du 5 novembre).

Je suis soulagée de ce résultat mais je ne peux pas dire que je m’en réjouis. J’en conçois même une certaine amertume, à la vue de toute cette énergie dépensée, ces derniers mois, à étaler et exacerber nos divergences internes, prenant le risque de nous abîmer profondément.

Certes, il était nécessaire que le débat ait lieu et que les points de vue cheminent mais nous ne nous sommes pas facilité la tâche. L’heure n’est pas à régler des comptes, ni à analyser les failles de notre fonctionnement de parti. Nous avons déjà perdu suffisamment de temps et nous avons tant à faire.

J’espère que les communistes vont pouvoir se rassembler et être là où ils sont le plus utiles : sur le terrain, déployant leur énergie et leur intelligence militantes, non au service d’un homme providentiel, mais à disposition d’un rassemblement qui doit s’élargir, de propositions qui doivent se faire connaître, de voix qu’il est nécessaire de faire entendre.

A Fontenay, comme partout, il me semble impératif de déployer rapidement une campagne publique de proximité, joyeuse et déterminée, qui nous fasse retrouver et, si possible, décupler l’élan de 2012. Entre partenaires politiques, au sein de l’assemblée citoyenne du Front de gauche, avec les représentant-e-s de la France insoumise, nous avons besoin de nous parler, de nous comprendre pour, sans attendre davantage, occuper l’espace public, recouvrir les murs, frapper à chaque porte qui voudra bien s’ouvrir, afin de semer, une à une, les graines qui feront grandir l’espoir.

Nous sommes condamné-e-s à réussir.

Conférence nationale des communistes : pour un choix lucide et courageux

Les communistes sont réuni-e-s aujourd’hui en conférence nationale, pour débattre de leur choix pour l’élection présidentielle, entre le soutien à Jean-Luc Mélenchon et la désignation d’un-e candidat-de communiste. Je reproduis ci-dessous l’intervention que j’ai prononcée à cette occasion.

Je me permets tout d’abord de remercier Pierre Laurent pour sa prise de position, en faveur du soutien à Jean-Luc Mélenchon. Je la trouve courageuse, au terme d’un engagement sincère et obstiné pour construire le rassemblement le plus efficace possible. Je la crois lucide, prise à la lumière du rapport de forces qui se dessine, attentive à ce qui se dit chez les communistes, qui ne sont pas tous d’accord, mais qui veulent tou-te-s entrer en campagne et retrouver le sentiment de leur utilité.

Il me semble important que la conférence nationale se prononce pour un soutien clair à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, qui ne soit pas un choix sans enthousiasme, mais une prise de position exigeante et optimiste.

La candidature de Jean-Luc Mélenchon n’a pas vocation, comme nous l’avons entendu souvent, à n’être qu’une candidature de témoignage. S’il existe un infime espoir qu’un candidat de gauche soit présent au 2nd tour, c’est Jean-Luc Mélenchon qui l’incarne. Cet état de fait ne changera plus, surtout pas avec un candidat issu du PS ou ayant participé au Gouvernement. Mais, surtout, la candidature de Jean-Luc Mélenchon peut permettre d’ouvrir un nouvel espace politique.

Les contours de cet espace politique, son mode de fonctionnement, son positionnement sur l’échiquier politique nous posent des questions. Il ne peut pas s’appeler seulement « France insoumise ». Mais, pour nous poser toutes ces questions et, surtout, être en mesure d’y apporter notre part de réponses, encore faut-il que cet espace existe et que nous en soyons.

C’est pourquoi les communistes ne peuvent pas, ne doivent pas être absents de cet espace politique, que la candidature de Jean-Luc Mélenchon nous permet d’ouvrir :

Par ce choix, il ne s’agit pas d’assurer notre survie, bien qu’il en soir aujourd’hui question. Il s’agit de représenter la famille communiste, d’apporter nos idées, indispensables pour construire l’alternative de gauche que nous appelons de nos vœux depuis de longues années.

Il ne s’agit pas de nous rallier, d’être les petites mains invisibles de la campagne d’un leader tout puissant, bien que plus plus notre décision tarde, plus ce risque sera grand. Il s’agit de diffuser nos pratiques, de permettre un élargissement du rassemblement, par notre présence sur le terrain.

Enfin, il ne s’agit pas, par ce choix, de sauver des places, bien que la question des élu-e-s et, en particulier, des député-e-s soit essentielle. Il s’agit de porter nos exigences, notre capacité à porter le renouvellement, à faire émerger de nouvelles figures et de nouvelles pratiques politiques, pour enfin réconcilier les citoyen-ne-s et la politique.

Cher-e-s camarades, faire de la politique, en tout cas comme nous souhaitons en faire,  c’est-à-dire en partant du mouvement réel des choses, c’est toujours faire des choix et, par ces choix, prendre le risque d’abandonner un peu de nous-mêmes pour donner une chance à nos idées de vivre, de prospérer.

C’est le choix que les communistes ont fait plusieurs fois dans leur histoire, avec courage et lucidité. C’est le choix que nous devons faire aujourd’hui.

En direct du Conseil national du PCF des 24 et 25 septembre

Je partage, ci-dessous, le texte de l’intervention que j’ai prononcée au Conseil national du PCF, ce samedi 24 septembre, qui porte sur la stratégie des communistes pour l’élection présidentielle.
Les interventions que j’ai trouvées les plus intéressantes sont celles qui nous donnent à partager l’état de la réflexion des communistes dans les départements, dans les sections. Pour travailler à l’unité des communistes, à un débat respectueux – nécessité que beaucoup de camarades ont soulignée – il me semble important de faire cet effort. C’est aussi notre rôle de direction nationale.
J’y prends donc ma part, en rendant compte rapidement – trop rapidement – de l’échange entre les communistes de Fontenay, réunis en assemblée de section cette semaine, qui met en lumière les points suivants :
- une difficulté à s’impliquer dans la consultation citoyenne, bien que la démarche soit partagée sur le fond, en raison des défauts intrinsèques du questionnaire (très compliqué) mais surtout du manque de perspectives, qui nous rend mal à l’aise dans la discussion avec les citoyens ;
- le sentiment d’être inaudibles et le besoin de rendre public notre appel au rassemblement ;
- dans le même temps, des interventions qui, majoritairement, invitent à prendre acte de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, sans beaucoup d’enthousiasme mais avec le sentiment que nous ne pouvons plus faire autrement ;
- pour résumer, du désarroi et beaucoup d’attente vis-à-vis de notre Conseil national, pour y voir plus clair rapidement.
Pour ma part, et pour donner ma réflexion dans le débat, je fais partie de ceux qui pensent que le soutien critique à la candidature de Jean-Luc Mélenchon est, désormais, la position la plus réaliste.
Si j’ai été heurtée par certaines des positions de Jean-Luc Mélenchon, sa façon de proclamer sa candidature et de mener campagne, je dois dire que je suis heurtée également par les propos que certains camarades, en particulier des dirigeants nationaux du Parti, tiennent vis-à-vis de lui, comme s’il était devenu notre principal adversaire politique.
Quelle que soit la décision que nous prendrons, in fine, je crois nécessaire de nous demander pourquoi la candidature de Jean-Luc Mélenchon nous gêne tant :
Certes, il y a ses maladresses, les désaccords que nous pouvons avoir avec lui – qui ne doivent d’ailleurs pas faire oublier tous les points d’accord, dont nous parlons pourtant très peu.
Mais je crois que sa campagne, certaines de ses prises de positions nous heurtent surtout car elles nous renvoient à des questions non réglées chez nous, qui posent la question de notre utilité, de la légitimité de notre action. Je résume ce propos en 3 questions :
1. Comment surmonter la crise politique, celle qui plonge dans le discrédit tous les partis politiques, y compris le nôtre ? Jean-Luc Mélenchon y répond en tentant une campagne hors partis, directement du candidat au peuple : je ne partage pas cette position mais le constat qui y conduit m’interroge et me parle. Nous pouvons, nous devons continuer de penser qu’une organisation politique est nécessaire pour mener le combat qui est le nôtre, tout en étant lucides sur le discrédit qui pèse sur les partis, qui doit nous conduire à remettre en cause nos pratiques politiques.
2. Autre question : Comment faire face à la crise de la gauche, gauche à laquelle nous sommes associés et que le quinquennat de Hollande a abîmée de façon désastreuse, provoquant une situation de fracture entre la gauche et celles et ceux qui ont le plus besoin ? Jean-Luc Mélenchon y répond par l’effacement du concept de gauche, en prônant une lutte entre le peuple et les élites. Encore une fois, je ne partage pas cette stratégie mais reconnaissons que la reconquête de l’hégémonie politique et culturelle par les idées de gauche n’est pas un combat gagné d’avance.
3. Enfin, 3e et dernière question : Comment faire face à l’échec, dont nous portons une part de responsabilité et que constitue le fait de n’avoir pas su rendre incontournable une construction politique alternative à gauche, dont le Front de gauche semblait pourtant, en 2012, une belle préfiguration ? Certes, Jean-Luc Mélenchon a dit que le Front de gauche était dépassé mais n’avons-nous nous-mêmes pas dit la même chose ou, pire, fait en sorte qu’il en soit ainsi ?
Traiter ces questions et examiner les divergences que nous avons dans les réponses à apporter, c’est un gros chantier. C’est celui de la recomposition de la gauche et je crois que nous ne sommes pas dans le moment politique qui permette de mener ce chantier.
C’est pourquoi, à ce stade, il me semble nécessaire de nous adresser à Jean-Luc Mélenchon et de rendre public notre échange. Si nous avons la responsabilité du rassemblement, nous avons aussi la responsabilité d’aller au bout de notre relation avec celui qui a donné un visage au Front de gauche en 2012.
Pour finir, je dois dire que je suis assez étonnée par les camarades qui considèrent que cet échange avec Jean-Luc Mélenchon est, à priori, voué à l’échec.
Car considérer que la position de Jean-Luc Mélenchon est immuable, sur des questions comme le clivage gauche / droite, sur le cadre de la campagne, sur les législatives, sur certains points programmatiques,
Considérer, en somme, que la candidature de Jean-Luc Mélenchon, sa façon de mener campagne existent indépendamment de la position que nous, communistes, pouvons prendre, 
N’est-ce pas faire le constat de notre propre échec, de notre inexistence dans le rapport de forces que Jean-Luc Mélenchon a su construire et qui le rend, aujourd’hui, incontournable dans le paysage politique ?
Nous pouvons, nous devons peser dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon comme en 2012 et même mieux qu’en 2012 !

Appel à faire front commun en 2017

Je reproduis ci-dessous le texte que je viens de co-signer pour appeler à « faire front commun » en 2017 (à retrouver et signer sur www.frontcommun.fr)

Cette signature n’enlève rien de mes réserves à l’égard de Jean-Luc Mélenchon, sa façon de faire de la politique tellement Ve République, ses prises de positions douteuses (sur les travailleurs détachés, sur le burkini, sur certains points de politique étrangère…), sa France insoumise qui n’est pas la mienne.

Cette signature, c’est une tentative d’aller de l’avant, pour retrouver du collectif, des perspectives, ne pas se laisser piéger dans des débats interminables et sans issue.

C’est une signature pleine de doutes, qui tient compte du contexte dans lequel nous sommes tenus d’agir, qui n’oublie pas ce que nous n’avons pas su ou voulu faire ces dernières années pour être à la hauteur de l’espoir ouvert par le Front de gauche en 2012 et qui mesure tout le chemin qui reste à parcourir pour faire de la politique autrement.

 
Citoyennes et citoyens de gauche, organisés ou non, nous voulons que les élections présidentielle et législatives de 2017 soient utiles pour ouvrir dans notre pays une perspective politique de progrès humain, démocratique, social et écologique.

Après cinq ans de gouvernements se réclamant de la gauche tout en poursuivant les politiques néolibérales et autoritaires de la droite, l’écœurement et la colère risquent de se traduire par une abstention record de l’électorat populaire, une défaite historique du parti socialiste et la victoire d’une droite radicalisée flanquée d’une extrême droite plus menaçante que jamais. Quant à la gauche de transformation sociale et écologique, qui avait commencé à créer du neuf, notamment avec le Front de gauche, elle pourrait bien revenir une nouvelle fois à sa dispersion antérieure et tuer pour longtemps l’espoir qu’elle avait réussi à faire naître en 2012. Nous ne voulons pas de ce scenario épouvantable qui aboutirait à un très dangereux face à face entre néolibéralisme et néofascisme, confortant la supercherie visant à faire passer celui-ci pour la seule alternative envisageable au « système » qui ravage nos sociétés. Le pire deviendrait alors possible.

Au vu des risques bien réels d’une catastrophe politique aux conséquences incalculables, nous en appelons à l’esprit de responsabilité et d’audace de toutes les forces de la gauche de transformation sociale et écologiste. Elles sont diverses, à l’image du peuple qu’il s’agit de rassembler, comme des combats dont elles sont héritières : socialiste, communiste, écologiste, libertaire, féministe, anticolonialiste, pacifistes, altermondialistes, etc. Mais elles ont tellement en commun comme l’ont montré l’adoption du programme « l’Humain d’abord » il y a cinq ans, les luttes que nous avons mené ensemble et l’intérêt soulevé en Europe par des expérience novatrice comme celle de Syriza et Podemos qu’il serait inacceptable qu’elles ne réussissent pas à se rassembler aujourd’hui pour mener ensemble le combat difficile qui s’annonce.

Dans cet esprit, nous décidons de nous engager dans la campagne électorale de 2017. Les jeux ne sont pas faits. En profondeur, le peuple français est en attente. Les mobilisations au moment de la COP 21, celles contre la déchéance de nationalité et à Notre Dame des Landes, contre la loi travail et Nuit debout ont montré que, dans l’autonomie de leurs mouvements et dans leurs diversités, les exigences de justice sociale et écologiste, d’égalité, de démocratie sont toujours bien vivantes. Elles doivent pouvoir trouver l’expression de leur potentiel politique. Il est donc vital de créer un élan, et pour cela de jeter de toute urgence les bases du rassemblement politique à construire.

Il faut aujourd’hui pour cela une nouvelle proposition politique, un programme et des candidatures en rupture avec l’ordre productiviste et néolibéral, permettant un très large rassemblement de forces et de personnalités représentatives des différentes sensibilités de gauche, à égalité avec des citoyennes et des citoyens engagées dans la vie politique, syndicale, associative, intellectuelle et culturelle.

En l’état, EELV s’apprête à désigner son candidat. Les « frondeurs » du PS risquent, après la primaire, de se retrouver à soutenir un candidat qu’ils n’ont eu de cesse de combattre. Le Front de Gauche est éclaté. Le Parti communiste désigne ses candidats aux législatives et annonce qu’il décidera le 5 novembre prochain de la candidature qu’il présentera ou soutiendra pour la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon a annoncé la sienne et entend que « La France insoumise » qu’il a créée soit le cadre unique d’organisation des campagnes électorales de l’an prochain. Cet éparpillement serait suicidaire. Et des candidatures fratricides, y compris aux législatives, aboutiraient à un désastre complet.

Nous refusons de laisser une nouvelle fois le piège de l’élection présidentielle et les débats sur une candidature ruiner tout espoir avec la vaine recherche d’une femme ou d’un homme providentiel. Une candidature de large rassemblement est possible et peut résulter d’une construction collective impliquant directement, au-delà des forces concernées, les citoyen-nes. Quels que soient les arguments des uns et des autres ou les divergences que nous pouvons avoir avec lui, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est dans les circonstances actuelles installée dans le paysage politique. Elle exprime dans les classes populaires le refus à gauche de la politique mise en œuvre par François Hollande. A près de six mois de l’échéance, il serait, à nos yeux, irresponsable de ne pas prendre acte de cette situation. Cependant son mouvement « La France insoumise » ne représente qu’une partie des forces disponibles. Réussir à les rassembler très largement nécessite une alternative politique pluraliste, démocratique, répondant aux exigences d’un fonctionnement plus horizontal et citoyen portées notamment par la mobilisation contre la loi travail et les Nuits debout.

Il faut donc franchir une étape. Afin de nous engager toutes et tous ensemble dans ce combat politique si important pour l’avenir de notre pays, il est indispensable que soit constitué au plan national, avec toutes les parties concernées, un lieu d’échange et de coordination qui rendra compte de notre diversité politique et sera ouverte aux acteurs des mouvements sociaux, aux intellectuels, créateurs et artistes, qui manifestera notre ambition commune et donnera à nos campagnes présidentielle et législatives la plus grande efficacité. Nous proposons que celles et ceux qui entendent se joindre à notre appel contribuent activement à la convergence des forces sociales et politiques de gauche et écologiste dans les villes, les départements et les 577 circonscriptions législatives, avec les organisations locales de « la France insoumise », du PCF et du PG, d’Ensemble, d’EELV et des groupes de socialistes critiques, ceux de l’Appel des cent, les assemblées citoyennes créées dans le cadre du Front de gauche ainsi que les citoyennes et citoyens, celles et ceux qui se sont mobilisés depuis des mois contre la politique du gouvernement, les femmes et les hommes susceptibles de participer à une démarche de rassemblement et d’innovation à gauche pour 2017. C’est la clé d’une convergence à gauche audacieuse et déterminée, d’une véritable dynamique collective et donc du succès. Nous prenons à cette fin toutes les initiatives nécessaires.

Nous appelons toutes les femmes, tous les hommes et toutes les forces de progrè s à se joindre à cette démarche en signant cet appel et en s’engageant concrètement pour la réalisation des objectifs qu’il se fixe. C’est la condition pour échapper au piège qui nous est tendu en 2017. Et pour que cette campagne marque une étape décisive dans la reconstruction dans notre pays d’une gauche digne de ce nom.

Fontenay, mon image de France

Apres ce mois d’août pourri par les polémiques nauséabondes, je me suis plusieurs fois demandé ce que j’allais écrire pour rompre la trêve estivale et sacrifier au sempiternel « C’est la rentrée ! ».

Mais les mots, que j’ai d’habitude faciles, cette fois-ci, ne venaient pas. Une trop grande morosité dans l’air, malgré le ciel bleu qui se prolonge. Une difficulté à tracer des perspectives, à l’aube de cette année électorale qui ne me dit rien qui vaille.

Alors, je n’ai rien dit, jusqu’à ce jour de rentrée scolaire. La première pour mon petit bonhomme.

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En accompagnant mon fils dans sa classe, dans l’école populaire de notre quartier, j’étais avec les mamans voilées et celles qui ne le sont pas,  les papas trop peu nombreux, les gens modestes, tous ces parents émus – j’étais l’une d’eux. J’ai entendu parler le français, l’arabe, le russe. J’ai aimé les enseignants, parlant avec la même attention à chacun. J’ai vu tous ces gamins avec leur regard brillant, leur tenue apprêtée, leur coiffure soignée.

J’étais fière d’être là. Ce coin de Fontenay, ce matin, c’est mon image de France, celle qui me donne envie d’agir, celle qui répond le mieux aux polémiques et remplace tous les discours.

Le combat continue. Bonne rentrée !

Après le 37e Congrès du PCF : doutes, responsabilité et espérance

Déléguée au 37e Congrès du PCF, qui s’est tenu du 2 au 5 juin 2016, je sors de cette période intense de réflexion et de débats entre communistes avec des sentiments mitigés.

L’essentiel des débats entre communistes a porté sur notre stratégie de rassemblement, notamment en vue des échéances de 2017. La proposition, portée par la direction nationale sortante, de participer à l’organisation d’une primaire, pour désigner le candidat de la gauche à l’élection présidentielle, a tout particulièrement cristallisé les débats.

Par ailleurs, dans la première version du texte soumise au débat des communistes, le Front de gauche avait littéralement disparu. Il a ensuite été réintégré mais plutôt pour constater son état de mort clinique, sans faire l’effort suffisant d’analyse pour expliquer ce qui nous avait conduits à cet état de fait, la part de responsabilité que nous portions, alors que nous avions confirmé, lors de notre précédent Congrès (en 2013), la stratégie du Front de gauche et décidé de lui donner un nouvel élan (ce qui devait constituer sa « saison 2 »).

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Ces insatisfactions m’ont conduite à m’associer à la rédaction d’une base commune alternative de discussion, proposée au vote des communistes, que nous avons nommée « Ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen. » Comportant bien sûr lui-même des défauts et des manques, notamment sur la stratégie pour les mois à venir, ce texte a recueilli 24% des suffrages des adhérent-e-s.

Cette démarche a aidé à mettre en lumière les doutes de bien des communistes sur la stratégie de la primaire, à replacer l’analyse du Front de gauche au cœur de nos débats de Congrès et à pousser les questions relatives à l’état de la gauche, notre rapport au PS et à la social-démocratie, la vocation majoritaire de notre rassemblement.

Au sortir du Congrès, quelques lignes ont bougé mais je reste dubitative quant à la stratégie retenue par les communistes.

Postulant qu’il n’est pas trop tard pour réussir à unir la gauche de transformation sociale pour les élections de 2017, cette stratégie consiste à organiser une grande consultation citoyenne, dont les communistes seraient les initiateurs et qu’il mettraient à disposition des organisations et des citoyen-ne-s, afin de définir une plateforme d’engagements communs, à laquelle devra adhérer le ou la candidate souhaitant se présenter à l’élection présidentielle. Cette plateforme devra être prête en octobre et une fois adoptée, s’il reste des candidats à départager, une primaire  (ou « tout autre processus de désignation citoyenne », comme le précise notre texte de Congrès) pourra être organisée, au mois de novembre.

Je ne suis convaincue ni par le calendrier, ni par le fond de la démarche.

Sur le calendrier, il me semble suicidaire d’attendre le mois de novembre pour entrer réellement en campagne, avec le risque de sortir divisés d’une démarche dont les contours restent flous et pour laquelle nous n’avons aucune assurance que d’autres veuillent s’associer à nous.

Par ailleurs, à juste titre, les communistes estiment nécessaire d’engager, dès le lendemain de leur Congrès, la campagne des élections législatives, refusant ainsi la présidentialisation du régime et mettant en avant la nécessité de disposer d’un groupe fort de parlementaires pour peser réellement dans les rapports de forces politiques et institutionnels. Mais comment engager cette campagne, désigner des candidat-e-s, élaborer des propositions sans avoir d’abord clarifié notre position pour l’élection présidentielle qui, malgré tout, structure la vie politique de notre pays ? Avec qui discuter, dans quel cadre puisque le Front de gauche est en sommeil mais que nous ne lui avons substitué aucun autre espace d’élaboration collective ? Doit-on mettre en place des collectifs ad hoc, dont je doute qu’ils soient très bien perçus ?

En outre, sur la votation citoyenne et l’éventuelle primaire, il reste beaucoup de flous. En aucun cas, Hollande, Valls ou Macron ne pourront y participer… mais s’agit-il d’une question de personnes ou d’une question politique ? Notre texte de Congrès parle d’un « clan » au pouvoir et élude, en fait, la question de la rupture à gauche, au motif de n’exclure personne et de laisser ouvertes toutes les possibilités de construire un rassemblement majoritaire. Mais s’il est louable et légitime de vouloir s’adresser à tous les électeurs dont le coeur bat à gauche, ce qui inclut donc une partie des électeurs socialistes, est-il raisonnable de vouloir encore ménager les responsables, qu’ils soient frondeurs ou non, d’un parti qui n’a plus de socialiste que le nom ?

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C’est la question de la stratégie de conquête du pouvoir qui est posée. Et elle ne se joue pas entre, d’un côté, les sectaires, ceux qui voudraient garder les mains propres et, de l’autre, ceux qui prendraient leurs responsabilités.

Pour espérer être majoritaires, il faut, bien sûr, viser bien au-delà de nos rangs, bien au-delà même de nos 4 millions d’électeurs de 2012. Mais pour espérer être entendus et utiles, il faut porter et rendre crédible l’idée d’une transformation radicale du système. Il faut gagner des rapports de forces. Cela suppose des ruptures, du courage – que nous ne pouvons pas avoir pour les autres mais que beaucoup attendent de nous.

Notre démarche ne doit pas être excluante mais elle doit être claire. Elle ne remet pas en cause, comme j’ai pu l’entendre, les expériences de gestion que nous avons, dans les collectivités territoriales, même si elle peut bien sûr conduire à les questionner, toujours à l’aune de cette dialectique entre l’exercice des responsabilités pour être utiles – ce qui suppose du pragmatisme et des compromis – et la poursuite d’une visée transformatrice de la société – ce qui nécessite de la radicalité.

Enfin, ce déploiement, cet élargissement du rassemblement, que nous appelons de nos vœux, doit bien trouver un point de départ.

Il me semble que le Front de gauche constitue ce point de départ. Même si nous avons perdu beaucoup de temps en ne produisant pas tous les gestes nécessaires, pour aider à le pérenniser et à le structurer, le Front de gauche reste un repère politique, que ni les communistes, ni Jean-Luc Mélenchon ne peuvent abandonner, sans devoir s’en justifier.

Plutôt que d’en appeler chacun de notre côté – les communistes, la France insoumise – à un contact direct « avec le peuple », incantation qui sert en fait de prétexte pour contourner le Front de gauche et ses militant-e-s, nous devrions retrouver le chemin des assemblées citoyennes et de cet enthousiasme militant qui nous avait fait déplacer des montagnes en 2012 et nous avait permis de faire grandir, au fil des mois, une dynamique et un rassemblement enfin porteurs d’espoir.

C’est ce que nous aurions dû faire depuis des mois, mettant en partage « L’humain d’abord », attentifs à l’évolution du mouvement social, proposant un espace politique ouvert à celles et ceux qui voudraient prolonger leur engagement, permettant à des figures nouvelles d’émerger.

C’est encore possible. Mais, compte tenu du temps perdu, il me semble aujourd’hui raisonnable de penser que Jean-Luc Mélenchon sera notre candidat pour l’élection présidentielle. J’aimerais que nous réglions cette question rapidement afin de pouvoir entrer en campagne, en construisant du collectif.

Mais ce n’est pas le chemin que les communistes ont choisi… pour l’instant.

Au cours de ce 37e Congrès, j’ai été élue, avec 169 autres camarades, au Conseil national, organe de direction du PCF. C’est une responsabilité et un honneur. La première réunion est prévue le vendredi 17 juin et portera sur les suites à donner au Congrès, en commençant par engager le processus de consultation citoyenne.

Conseil municipal du dimanche 22 mai 2016

Je reproduis ci-dessous l’intervention que j’ai prononcée, à l’occasion de l’élection du nouveau Maire de Fontenay, Jean-Philippe Gautrais, lors du Conseil municipal du dimanche 22 mai 2016.

Monsieur le Maire, cher François,
Mesdames, Messieurs,

Chers collègues,
Bien sûr, une grande émotion m’étreint au moment de prendre la parole, en cet instant si particulier.
Je précise, pour ceux qui en doutent, ou aimeraient en douter, que je ne parle pas au nom d’un clan, ni d’une famille. Je prends la parole au nom d’un collectif, celui que forme le groupe des élus Front de gauche, au sein d’une majorité municipale à laquelle nous sommes fiers d’appartenir, celle de Fontenay pour tous. Je remercie mes amis, mes camarades de m’avoir confié cet honneur et cette responsabilité.
Cette émotion que je ressens, que nous ressentons, aujourd’hui, ce n’est pas la tristesse. Car ce dimanche 22 mai n’est pas un jour triste : c’est une journée qui nous fait regarder vers l’avenir, avec confiance et avec enthousiasme.
Les sentiments qui nous animent, qui nous émeuvent, ce sont la fierté, la gratitude, la conscience des responsabilités qui nous incombent, le souvenir de celles et ceux qui ont construit cette ville avant nous et la confiance adressée à celui qui va devenir Maire.
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La fierté et la gratitude, c’est à vous, Monsieur le Maire, à toi, mon cher François, que nous l’exprimons.
Chaque élu du groupe pourrait raconter l’histoire singulière qui le lie à toi.
Comme je ne peux me faire la porte-parole de chaque histoire, de chaque anecdote, je voudrais retenir la confiance dont tu nous as couverts, soucieux de permettre le renouvellement, attentif à la place occupée par chacun.
Par ton humilité, par la constance et la justesse de tes engagements, à chacun d’entre nous, tu as appris à regarder d’abord et toujours les intérêts de la ville et de tous ses habitants. Tu nous as appris à regarder toujours du côté de ceux qui souffrent le plus, à chercher le possible et le juste pour construire une ville à taille humaine, où chacun puisse trouver sa place, où nous puissions tous vivre ensemble.
Tu nous as appris à refuser le sectarisme, les visions trop étroites, les solutions trop simples. Tu as fait de ton communisme un humanisme.
Nous sommes fiers de la décision que tu as prise et nous t’en sommes infiniment reconnaissants.
Nous savons que cette décision suscite de l’étonnement, tant cette pratique est inhabituelle dans le monde politique. Nous savons qu’elle suscite également de l’inquiétude, tant est fort le lien qui te lie à la ville et aux Fontenaysiens. Nous savons enfin qu’elle suscite du respect et de l’admiration.
Toutes ces réactions sont la marque du grand Maire que tu as été pour Fontenay.
Merci, François, pour ton action. Merci de nous avoir permis de faire partie de cette belle équipe. Nous sommes heureux de pouvoir poursuivre un bout de chemin avec toi.
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Au moment d’élire ton successeur, nous avons conscience des responsabilités qui nous incombent.
Dans notre pays, aujourd’hui, la démocratie est abîmée, la démocratie est en danger.
Nul homme, nulle femme politique ne peut à lui ou à elle seul(e) restaurer le lien de confiance, qui s’est distendu, entre les citoyens et les élus.
Mais, quel que soit l’échelon auquel on s’engage, nous portons chacun une part de responsabilité. Au sein du groupe Front de gauche, nous en sommes pleinement conscients.
Nous ne prétendons pas être des modèles, ni des symboles.
Nous nous appelons François, Solène, Assia, Claude, Sokona, Anne, Gilles, Olpha, Loïc, Michèle, Sylvie, Pascal, Vanessa, Philippe, Delphine, Didier, Nora.
Nous sommes ingénieur, secrétaire, cadre, agent d’accueil, juriste, assistante dentaire, ouvrier, enseignant, cheminot, chercheur, journaliste. Nous sommes en activité, à la recherche d’un emploi stable, à la retraite ou en disponibilité pour exercer un mandat électif.
Nous habitons les Larris, Jean Zay, la Redoute, les Alouettes, Bois Cadet, le Terroir, le centre-ville, le vieux Fontenay, les Rigollots.
Nous connaissons le monde du travail. Nous habitons tous les quartiers de la ville.
Dans nos prénoms et dans nos parcours, c’est l’histoire et l’identité de notre ville qui résonnent.
Nous voulons nous attacher à en être des représentants dignes, des élus dévoués et, ainsi, réparer un peu la démocratie.
Nous sommes très fiers que l’une d’entre nous, Assia Nait-Bahloul, prenne aujourd’hui des fonctions d’adjointe. Avec ce premier choix, Jean-Philippe, tu confirmes cette pratique du renouvellement, le choix de la transmission et de la confiance en l’avenir.
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Cher Jean-Philippe, nous sommes très heureux de t’élire aujourd’hui comme Maire.
Avec toi, nous savons que les Fontenaysiennes et les Fontenaysiens pourront compter sur un Maire compétent.
Cette compétence, tu l’as démontrée, depuis 2008, dans la conduite de projets déterminants pour l’avenir de la ville : l’élaboration du Programme local de l’habitat, les programmes de rénovation du parc social, la mise en place de la Société publique locale d’aménagement, la révision du Plan local de l’urbanisme.
Dans tous ces projets, mettant à profit une connaissance fine de la ville qui t’a vu grandir, tu as déployé une vision équilibrée du développement de la ville, utilisant tous les outils de la régulation publique pour lutter contre les effets de la spéculation foncière et immobilière et garder, en ce coeur de métropole que constitue Fontenay, une place pour chacun.
Cette compétence, tu l’as démontrée aussi dans ta façon d’exercer tes fonctions d’élu depuis 2008. Ne comptant pas tes heures, jonglant sans cesse avec ton activité professionnelle, tu as mis tes qualités d’écoute, ta disponibilité, ta sensibilité au service des Fontenaysiens.
Ta jeunesse, ton expérience de l’engagement associatif, ton parcours – de l’école Henri Wallon au siège de premier magistrat de cette ville – ne sont pas seulement des symboles : ce sont des atouts, qui vont donner un souffle nouveau à la gestion de cette ville, dans le respect et la fidélité à nos valeurs et à notre programme.
Devenir Maire, en particulier dans le contexte actuel, est un choix courageux. Tu nous trouveras à tes côtés pour exercer les responsabilités, présents sur le terrain, à l’écoute de nos concitoyens, attentifs à tout ce qui vit dans la ville.
A tes côtés, nous nous portons aussi les garants du rassemblement et de la cohésion de la majorité municipale. Nous n’avons pas de tentation hégémonique. Nous sommes nous-mêmes trop divers pour faire le choix de l’uniformité.
C’est sans doute le plus bel enseignement que nous a légué Louis Bayeurte, auquel nous pensons aujourd’hui.
L’engagement politique n’a de sens que s’il permet de faire travailler ensemble les hommes et les femmes de bonne volonté, s’il est mis à la disposition des citoyens et de l’intérêt général.
Nous ne sommes pas élus pour faire carrière.
Ce qui nous anime, c’est la conviction que l’action et l’engagement politiques peuvent contribuer à changer la vie, si nous restons toujours du côté de celles et ceux qui souffrent. Ce qui nous guide, c’est l’amour pour notre ville, la volonté de poursuivre une histoire – celle d’une ville fière, rebelle, solidaire, qui trace un chemin différent.
« Au printemps, dit le poète,
Tout a couleur de l’espérance
Que l’on se batte dans la rue
Ou qu’on y danse
Au printemps, de quoi rêvais-tu ?
D’un printemps ininterrompu »
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Cher Jean-Philippe, Monsieur le Maire, nous te faisons pleinement confiance pour poursuivre la belle histoire de Fontenay et nous sommes fiers, si fiers, d’emprunter ce chemin avec toi.
Je vous remercie de votre attention.

2016 : du cœur et du courage

Du cœur pour rire, partager, découvrir.

Du cœur pour voir les injustices et n’y être jamais insensible.

Du cœur pour aimer la vie.

 

Du courage pour continuer de croire en une vie meilleure, une société plus juste et donner du temps, de l’énergie pour y contribuer.

Du courage pour être lucide sur nos erreurs, abandonner quelques certitudes, poser les bonnes questions et chercher les réponses au-delà des frontières habituelles.

Du courage pour marcher le coeur et la tête droite, même en prenant quelques chemins de traverse.

 

2016, après 2015 : du cœur et du courage, il nous faudra au moins ça !

Dimanche, j’utiliserai ma voix

J’ai hésité à rester sans voix jusqu’à dimanche, 20h.

D’abord, il y a la tristesse des résultats au soir du premier tour. On a beau s’y attendre, on ne s’y prépare pas.

À Fontenay, la liste du Front de gauche remporte un score honorable (17.5%), derrière le Parti socialiste (26%) et la droite (23%) mais l’abstention reste de loin le parti de la majorité des Fontenaysiens.

Dans le pays, le Front de gauche, avec différentes stratégies, subit un échec cuisant et humiliant, bien loin de cette alternative que nous prétendons incarner.

S’il y a encore un avenir pour le Front de gauche, il ne pourra passer que par la conscience aiguë d’une urgence à faire autrement.

Dans mon département, par exemple, nous avons d’abord été guidés par le souci d’avoir des élus. C’est un objectif que je ne renie pas mais les élus sont d’autant plus utiles qu’ils sont portés par une légitimite populaire, qu’ils donnent de la fierté et le sentiment d’être représenté-e-s à celles et ceux qui les élisent.

Sans dynamique collective, sans intervention citoyenne, ce mouvement n’a que peu de chances d’exister alors que notre département regorge de talents, de disponibilités, de liens tissés… J’enrage de tout ce que nous aurions les moyens de faire et que nous ne faisons pas.

Alors, avec cette tristesse, avec ces regrets, que faire ?

Voter, dimanche, pour le candidat du Parti socialiste – et pas n’importe lequel ! – n’est-ce pas entretenir un système, exprimer une forme d’adhésion à ce parti qui, au Gouvernement, porte une grande responsabilité dans la situation actuelle de notre pays ?

Je me sens prise dans une forme de piège : voter pour le Parti socialiste et lui confier, de nouveau, des responsabilités, c’est prendre le risque de faire monter encore la désespérance, celle-là même qui fait grandir l’abstention et nourrit les votes extrêmes.

Alors, voter blanc ? Choisir de ne pas choisir ?

Tirer un trait d’égalité entre cette gauche qui a dirigé la région pendant 11 ans et la droite de Valérie Péçresse, l’amie de la Manif pour tous, celle qui se vante de supprimer les aides au logement social et le tarif unique de la carte de transports.

Faire, d’une certaine façon, le jeu du Front national qui profitera de l’abstention de gauche pour augmenter son poids dans le résultat final et, donc, le nombre de ses élus.

J’éprouve un sentiment de colère, un sentiment d’injustice d’en être réduite à ce choix qui n’en est pas vraiment un.

Pourtant, ma décision est prise :

Dimanche, j’utiliserai le bulletin Bartolone pour battre la droite et l’extrême-droite.

Et lundi, en tâchant d’être la plus consciente possible de nos lacunes, de nos erreurs…, à ma place, et avec mes camarades, je continuerai de mettre mes forces, mon engagement au service de cette alternative de gauche que nous méritons.

Pour qu’il n’y ait plus de tristes dimanches soirs et des lundis matins avec la gueule de bois.

 

Haut les coeurs !

Voir mon fils grandir. Imprimer ses rires dans mes oreilles et sur ma rétine car « le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants« .

(Re)faire du sport.

Lire des vrais livres, et pas seulement des notes et des rapports ! Dans ma liste de la rentrée littéraire : Les gens dans l’enveloppe d’Isabelle Monnin, Boussole de Mathias Enard, D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan. Commencer par aller les acheter chez mon ami Guillaume, qui tient la librairie Mot à mot à Fontenay.

M’éclipser quelquefois, à la pause déjeuner, pour aller au Méliès, « cinéma public » comme l’annonce fièrement son fronton et désormais le plus grand cinéma d’art et d’essai d’Europe.

Passer une soirée par semaine à la maison.

Ménager des pauses, des escapades et des échappées belles.

Faire tout cela et continuer d’être une femme, une mère, une cadre territoriale, une élue locale, une militante du mieux possible, sans frustrations et sans culpabilité.

Est-ce que les résolutions de rentrée ont plus de chances d’être respectées quand on prend le temps de les coucher sur le papier ?

Allez, haut les cœurs… et bonne rentrée !